<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-9058756189919666078</id><updated>2011-07-08T07:45:15.862-07:00</updated><category term='tragédie grecque'/><category term='Faux psychologisme'/><category term='politique'/><category term='Tietz'/><category term='DIeter Heinrich'/><category term='Michael Pauen'/><category term='Vogel Matthias'/><category term='Jean-Louis Le Moigne'/><category term='Marcion (Hans Jonas)'/><category term='Karl HEIM'/><category term='Krämer'/><category term='Gérard Mairet'/><category term='Poétique d&apos;Aristote'/><title type='text'>Bras de mer</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>varna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02779632710530652914</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>11</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9058756189919666078.post-1924835684410373971</id><published>2010-04-22T11:38:00.000-07:00</published><updated>2010-04-22T12:04:27.173-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Marcion (Hans Jonas)'/><title type='text'>Merci Marcion</title><content type='html'>&amp;nbsp;(Septembre 09, 3 pages)&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;span style="font-family: Times New Roman;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;1) La communauté préalable&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Même si tu devais un jour, pour d'étranges raisons, renoncer à chercher la vérité, tu ne pourras jamais renoncer à &lt;em&gt;dire&lt;/em&gt;. Mais plus étrange encore, ce que tu diras alors ne sera pas si différent de ce que tu aurais dit si tu avais poursuivi dans la première voie. Il y a là quelque chose à comprendre d'une &lt;em&gt;convergence&lt;/em&gt; possible entre toi et ton dire, d'un côté, et l'incognoscible, l'impalpable, l'imperceptible et l'innommable, de l'autre. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Un savoir d'un nouveau type, un savoir étranger à notre habitude de communication. Non point qu'il procède d'une préméditation, éthique ou politique, de communiquer autrement ; non point qu'il consisterait en un secret à ne point glisser dans toutes les oreilles. Son origine et sa destination ne sont tout simplement pas – l'inter-dire. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Dans cet autre espace (que l'inter-dire), la "vérité" explose pour laisser place au savoir-croire, au croire (y compris le croire-être) et au faire croire de chaque être au monde et de tous. Le &lt;em&gt;critère&lt;/em&gt; est une sorte d'effectivité de chacun de ces modes. Par exemple, si un homme fait bien ce qu'il fait, c'est qu'il possède le croire – et le croire-être – correspondants. (1) Il &lt;em&gt;colle&lt;/em&gt; parfaitement à son action. Son savoir-faire n'est pas seul (en) cause, un certain mode de présence (à soi, au geste fait et à la mondanité) est également manifeste. (2)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Cet autre espace, nourri des modalités des verbes croires &lt;em&gt;à la place du savoir et de la vérité&lt;/em&gt;, c'est celui d'où l'on observe sans participer. Observer la communication humaine sans participer personnellement à la communication humaine, c'est s'exclure soi-même d'emblée de tout savoir, de tout commerce.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Ce savoir-là, s'il en est, n'est pas &lt;em&gt;commercialisable&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Une communauté religieuse : un système de communication parmi d'autres. Un petit système dans le grand. On y retrouve là comme ailleurs un intérieur et un extérieur. La communication extérieure, c'est par exemple ce qu'on dit de la foi à un homme épris de science. On lui parle comme à un étranger-de-la-foi. A l'intérieur, au contraire, on est "entre nous", c'est-à-dire que quelque chose d'important – le plus important sans doute – est tacite. Un lien secret, &lt;em&gt;implicite&lt;/em&gt;, fait que nous sommes là, ensemble. On ne se parle pas comme on parlerait à un étranger venant frapper à notre porte. (On ne parle pas à un enfant comme on parle à un adulte). Cet étranger poserait certaines questions étranges face auxquelles on sourirait. On penserait alors, et lui ferait savoir, que s'il les pose, c'est parce qu'il ne &lt;em&gt;sait&lt;/em&gt; pas ... &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Mais ai-je dit que je ne souhaitais pas le rester, &lt;em&gt;étranger&lt;/em&gt; ? &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Si la vérité n'avait pas été préalablement exclue de mon discours présent, on penserait à bon droit que la discipline scientifique nommée &lt;em&gt;systémique&lt;/em&gt; (si je ne m'abuse) s'occupe précisément des questions de communication. Mais la systémique comme science ne s'adresse-t-elle pas elle aussi à une large communauté ? Cette communauté n'est-elle pas &lt;em&gt;préalablement&lt;/em&gt; constituée de tous ces hommes, érudits ou profanes, qui &lt;em&gt;veulent&lt;/em&gt; connaître la vérité, rien que la vérité ? Même à enseigner la systémique devant un parterre d'ignorants, on est encore "entre nous". &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Quel est donc cet &lt;em&gt;implicite communautaire&lt;/em&gt; qui réunit par exemple un conférencier et des personnes curieuses de systèmique ? Entre eux, on ne dit pas le point de vue extérieur au savoir &lt;em&gt;sur&lt;/em&gt; la communauté réunie autour du savoir, de &lt;em&gt;l'institution&lt;/em&gt; savoir – et pour cause ! Mais on ne se dit pas non plus la communication qui règne à l'intérieur de la communauté. Quelle est-elle ? Je veux tenter de le dire : de même que mon intérêt ici pour la systèmique requiert de ma part un certain croire-être personnel &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; même que j'apprenne quoi que ce soit – de même ma satisfaction finale d'avoir appris et compris &lt;em&gt;achèvera&lt;/em&gt; de dessiner les contours de mon être (l'être que je suis) en tant qu'appartenant à la communauté. C'était pour ainsi dire écrit d'avance. De façon générale, l'art communautaire de désirer la connaissance (désir forgé en chacun par la communauté) fait figure d'ontologie individuelle et collective. Voilà donc manifeste, préexistant aux individus que nous sommes, un système d'exploitation du monde &lt;em&gt;par la communauté préalable.&lt;/em&gt; Grâce au savoir qu'elle (se) propose, celle-ci empêche quiconque de découvrir une économie générale du verbe croire, synonyme d'être au monde (économie du savoir-croire, du croire, du faire-croire et du croire-être), et qui impliquerait autrement chacun d'entre nous. (Plus il sait, plus il s'en éloigne) : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Pour savoir, il faut d'abord &lt;em&gt;en être.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Mais alors, dans ces conditions, savoir n'est pas ce que chacun (dans la communauté) croit : une opportunité, une liberté, un supplément d'âme offerts à un être, &lt;em&gt;lui&lt;/em&gt;, qui serait, comme il le croit ingénument, "face au monde". Ce n'est que collectivement, en tant que chacun n'est pas face au monde, qu'il est offert à chacun de savoir, c'est-à-dire de croire qu'il est cet individu libre ... face au monde. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;C'est en tant qu'il &lt;em&gt;n'est pas&lt;/em&gt; seul face au monde&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Qu'il se &lt;em&gt;sait&lt;/em&gt; face au monde. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Ce savoir d'un autre type dont j'ai eu l'intuition place ainsi notre homme face à son croire, ce croire "d'avant le savoir en guise d'être" que lui offrit la collectivité. L'individu qu'il est s'en trouve aussitôt un brin paniqué ; il découvre qu'il a à s'assumer, lui – mais cette fois en tant qu'être au monde incapable de rien savoir, si ce n'est désormais par une sorte de lâcheté, par manque de courage ... &lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(3)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;-*-&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;2) Un ciel pour deux&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Si une cause au moins précède toute chose (objet, pensée ou évènement), alors la causalité est la loi de l'univers. Si la causalité est la loi de l'univers, alors tout l'univers procède sans doute d'une cause originelle (sinon d'une poignée à peine). Quiconque aurait le pouvoir de semer cette même cause première dans un autre monde que le nôtre, mais semblable au nôtre à son origine, celui-là réenclencherait aussitôt l'enchaînement des mêmes évènements que ceux produits sur terre. (Nous aurions un endroit où retourner en arrière)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Si le monde revenait en arrière de quelques minutes ou de quelques siècles, &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Il parcourait le même chemin, reproduirait la même histoire, exactement. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Mais alors, cela signifie que si un dieu &lt;em&gt;bon&lt;/em&gt; a créé le monde, sa bonté ne consista que dans le fait de l'avoir créé. Aussitôt le monde né, ce sont en effet les Lois (dont raffole la raison humaine) qui auront pris le relais. Aussi, l'enchaînement des évènements (par exemple l'histoire des hommes) n'est-elle pas l'affaire du Dieu. Pas de "providence divine", pas d'autre dessein possible du dieu créateur que de laisser être le monde comme il va ... A supposer même que le dieu qui créa la terre créa par la même occasion les Lois qui gouverneraient les évènements, il aura fait ces Lois fixes et éternelles – comme on le voit. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Que signifie la cosmologie des Grecs anciens ? Ils voulurent imiter sur terre l'ordre et l'harmonie qui régnaient selon eux dans le ciel. Qu'avaient donc les astres que n'avait pas la terre des hommes ? Ils étaient &lt;em&gt;fixes&lt;/em&gt;, ils ne souffraient d'aucun changement. Ils étaient l'image même de &lt;em&gt;l'éternité&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Ceci ne vous inspire-t-il rien ? Les hommes d'antan cherchaient un repère fixe, un zéro sur une échelle, une chose certaine, un levier sur lequel s'appuyer pour régler les affaires humaines. Ils propitiaient certes le dieu, mais ils comptaient bien plus sur la connaissance de ses Lois. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Un même ciel pour le Dieu et la destinée humaine. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;-*-&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;3) Un dieu sans histoire&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Je préfère être face au monde, mourir et renaître à chaque instant. Cosmologie, généalogie, théologie ... au fond, le dieu à histoire est celui de la communication humaine. Je préfèrerais un dieu sans attache, sans notoriété, sans preuve – un dieu de tous les instants. Celui-ci me soufflerait à l'oreille, il serait peut-être &lt;em&gt;bon&lt;/em&gt;. Celui-là dont on dit qu'il créa la terre ne peut l'être (bon), car aucun dieu &lt;em&gt;bon&lt;/em&gt; ne peut règner sur cette terre si tout y est conforme à des lois fixes et éternelles (ce que notre savoir confirme). Qu'aurait-il à me dire à l'oreille sinon qu'il est le dieu &lt;em&gt;juste&lt;/em&gt; ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;" Aime ton destin, il est juste qu'il en soit ainsi &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Même si tout cela t'échappe"!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La "providence divine" à laquelle on me demandait de croire parce que nul ne sait les fins dernières, ça n'est que la justice de ces Lois qui s'appliquent partout et en toutes choses avec la même indifférente équité. Justice absurde et aveugle ! Toute mauvaise cause produit immanquablement son effet ! Du bon et du mauvais, seul le plus fort, le plus &lt;em&gt;malin&lt;/em&gt; l'emporte. Si l'on sait la juste raison du monde (rationnelle causalité) et que l'on croit possible la bonté, alors la liberté humaine de croire en un dieu créateur &lt;em&gt;à la fois&lt;/em&gt; juste et bon est celle de la victime qui consent, si le dieu le lui demande, à lui pardonner :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Bon serait le dieu qui tenterait de se racheter auprès des hommes &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- d''avoir créé ce monde !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Je ne vois pas comment il le pourrait sans contredire&lt;em&gt; à la fois&lt;/em&gt; sa justice et son éternité. Je préfère m'imaginer qu'un autre dieu, &lt;em&gt;étranger à ce monde&lt;/em&gt;, m'inspire à son tour la bonté après que le dieu d'ici m'aura fait comprendre sa justice. Dans mes plus mauvais jours, alors que je jure que ce monde est mauvais, ma liberté vient à mon secours, celle de me contredire à mon tour, non par quelque &lt;em&gt;foi&lt;/em&gt; partagée par une communauté, mais par la bonté toute gratuite qu'ici ou là l'un d'entre nous peut encore exercer. Si quelque &lt;em&gt;action&lt;/em&gt;, infime soit-elle, est bonne, alors le monde n'est pas entièrement mauvais. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Il est alors juste que la bonté échappe à la loi : &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;em&gt;Gratuité&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;____________&lt;br /&gt;(1) Il croit qu'il est ceci ou cela, il "s'en croit" comme il convient. &lt;br /&gt;(2) Le croire-être est bien illustré dans l'épisode de "La mauvaise foi" décrit par Sartre. &lt;br /&gt;(3) Voilà qui devrait faire plaisir aux adeptes de la foi. Mais ne te réjouis pas trop vite, toi qui croit de la sorte : ta foi, quand elle cherche à enrôler autrui, n'est qu'un savoir-pour-toi dont tu ne peux faire la preuve. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;-*-&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9058756189919666078-1924835684410373971?l=bras-de-mer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/feeds/1924835684410373971/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2010/04/merci-marcion.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/1924835684410373971'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/1924835684410373971'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2010/04/merci-marcion.html' title='Merci Marcion'/><author><name>varna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02779632710530652914</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9058756189919666078.post-3538251894469118226</id><published>2010-01-27T02:58:00.000-08:00</published><updated>2010-01-27T02:58:33.636-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poétique d&apos;Aristote'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='tragédie grecque'/><title type='text'>D’un dire à l’autre, la distance assassinée</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;(Août 09, 20 pages – modifié le ) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Toi qui veux nous dire&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Nous avons tous cette étrange double faculté de croire en la vérité la plus authentique &lt;em&gt;et&lt;/em&gt; de croire «&amp;nbsp;pour du semblant&amp;nbsp;», point de départ de notre jouissance de tous les spectacles issus de l’imaginaire des artistes (cinéma, roman, peinture, etc.).&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;1&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; La vérité &lt;em&gt;dite&lt;/em&gt; n’est pas seule à emporter nos suffrages&amp;nbsp;; au spectacle monté et montré aussi nous savons accorder notre assentiment. Les mots suscitent-ils davantage la réflexion, les sons et les images emportent-ils davantage notre adhésion&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Les mots pour réfléchir nos sens,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Les ramener à la raison&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Écrire un livre &lt;em&gt;sur&lt;/em&gt; un évènement, c’est-à-dire proposer cet évènement à la réflexion des hommes plutôt que de le mettre en scène, c’est assurément un mixte un peu dégradant pour l’évènement, dans lequel les acteurs sont les mots, et où le réel de l’évènement, &lt;em&gt;transposé&lt;/em&gt;,&amp;nbsp;est l’espace de nos pensées. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;2&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Dans la mise en scène d’une réflexion (s’il en est), la réflexion à son tour est quelque peu écornée&amp;nbsp;: les sons et les lumières, l’agencement général, etc., tout concourt, renforce une même &lt;em&gt;impression&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: pour peu qu’on se laisse prendre à un «&amp;nbsp;évènement culturel&amp;nbsp;» de ce genre,&amp;nbsp;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;3&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; tout y est bien plus varié, bien plus «&amp;nbsp;complet&amp;nbsp;», bien plus «&amp;nbsp;présent&amp;nbsp;», bien plus ressemblant, bien plus &lt;em&gt;convaincant&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Ça plaît ou ça plait pas&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Mais ça convainc sans rien n’avoir à faire. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;De ces deux espaces indiqués, «&amp;nbsp;L’un n’empêche pas l’autre&amp;nbsp;», me dira-t-on, mais tout de même&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Mettre des idées en scène, quelle drôle d’idée&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Mettre un évènement en idées, quel drôle d’évènement&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Qui préfère les hommes à l’art, la politique ou la morale, et qui préfère ceux-ci aux hommes&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» C’est la question que je laisse traîner ici tout du long. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Aristote défend la tragédie &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Il arrive qu’une explication de l’art soit fournie par le créateur même. Ici &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;4&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ça n’est pas le cas&amp;nbsp;: Aristote, autant que je sache, n’a pas composé de tragédie, il plaide simplement pour celle-ci en philosophe, en réaction à l’accusation prononcée par Platon à son encontre (qu’il ne cite cependant pas). Dans ce court ouvrage, &lt;em&gt;La Poétique&lt;/em&gt;, il s’efforce de rattacher la tragédie à une longue tradition, et à établir des règles de composition de l’art poétique dans son ensemble. Tout d’abord «&amp;nbsp;… de la manière dont il faut composer l’intrigue &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;5&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; afin que l’œuvre soit réussie …&amp;nbsp;». Dans l’ordre chronologique&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;… de l’épopée et la poésie lyrique, ainsi que la comédie, la poésie dithyrambique et, pour une bonne partie, l’art de la flûte et celui de la cithare.&amp;nbsp;» S’ensuit l’allusion à un pouvoir propre à chacune de ses espèces et à leurs différences dans l’imitation. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Pouvoir de chaque type de dire. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;J’en suis tout curieux. Ce qui m’intéresse de déceler ici, encore et toujours, ce sont les différents types de &lt;em&gt;dire&lt;/em&gt;, savoir si tel dire est soucieux de son propre pouvoir, tel autre axé sur une quelconque éthique, peut-être&amp;nbsp;; si «&amp;nbsp;la loi du plus grand nombre possible&amp;nbsp;»* sévissait déjà, etc. Mais aussi : quel rapport entretient chacun des dires (et donc des poètes) avec le vrai et le seulement vrai-semblable, quel est son référent&amp;nbsp;: épistémologique, artistique, politique, ontologique … &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tous ces arts cités &lt;em&gt;imitent&lt;/em&gt;, nous dit Aristote, et tous élaborent l’imitation à l’aide du rythme, du langage et de la mélodie (que ces moyens soient utilisés chacun séparément ou combinés). (5). Par exemple, c’est à l’aide du rythme, mais sans la mélodie, que les danseurs imitent (en effet ils imitent les caractères, les émotions et les actions par le biais de figures rythmiques. (id.) Mais qu’on ne s’y trompe pas&amp;nbsp;: dans l’art qui n’utilise que les discours,&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;6&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ce n’est pas parce qu’une composition est en vers que son auteur est un poète. (id.) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La surprise pour nous ici est qu’il ait donc pu exister dans l’antiquité des hommes d’histoire, ou de médecine, tel Empédocle, exprimant leur pensée (ou leur expérience&amp;nbsp;?) selon un mètre &lt;em&gt;poétique&lt;/em&gt;. (id.) Est-ce que le savoir en tant que tel n’existait pas encore&amp;nbsp;? Et tout, donc même ce qu’on savait, se &lt;em&gt;racontait&lt;/em&gt;-&lt;em&gt;il&lt;/em&gt; ? Tout dire n’était-il alors qu’épopée&amp;nbsp;? &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;7&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Dans ce cas, ce que nous nommons histoire ou encore médecine passaient à l’époque d’un homme à l’autre par un autre &lt;em&gt;dire&lt;/em&gt; que celui, spécifique, s’il en fut, au &lt;em&gt;savoir&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Une &lt;em&gt;épopée&lt;/em&gt; du savoir n’est-elle pas toujours, en filigrane dans son dire ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le dictionnaire de l’Antiquité précise ceci&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Avant la diffusion de l’écriture, l’enseignement était dispensé en vers, car ils étaient plus facile à retenir que la prose&amp;nbsp;». (314) Mais c’est bien là reconnaître que le savoir n’avait donc pas son mètre &lt;em&gt;à lui&lt;/em&gt;. Quoi qu’il en soit, cet art qui n’utilise que les discours sans être poétique &lt;em&gt;n’imite&lt;/em&gt; sans doute rien, puisque imiter est le signe distinctif de la poésie. Savoir étranger à la poésie&amp;nbsp;? Mais alors la philosophie&amp;nbsp;? Mais alors la philosophie qui parle de la poésie&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;De l’enfant à l’adulte &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Il semble que l’art poétique dans son ensemble doive son origine à deux causes, toutes deux naturelles&amp;nbsp;», nous explique Aristote. (11) Dès l’enfance, les hommes sont naturellement enclins à imiter, et l’homme diffère des autres animaux en ceci qu’il y est plus enclin qu’eux et qu’il acquiert ses premières connaissances par le biais de l’imitation. (id.) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le &lt;em&gt;jeu&lt;/em&gt; serait donc l’une des deux causes de l’origine de l’art poétique, cet art naturel de &lt;em&gt;jouer&lt;/em&gt; propre à l’enfant,&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;8&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; cette capacité à &lt;em&gt;s’identifier&lt;/em&gt; à des personnages et à imiter ses actions dans des situations imaginaires. Plaisir de croire «&amp;nbsp;pour du semblant&amp;nbsp;» ce qu’il voudrait (sans doute) pouvoir croire un jour «&amp;nbsp;pour de vrai&amp;nbsp;» car c’est ainsi qu’il acquiert – des connaissances. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’autre cause, symétrique à la première, c’est l’autre plaisir de l’enfant, celui du spectateur, plaisir d’assister en quelque sorte à des évènements (joués) qui en temps normal le feraient fuir&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nous prenons plaisir à contempler les images les plus précises des choses dont la vue nous est pénible dans la réalité comme les formes des monstres les plus répugnants et les cadavres.&amp;nbsp;» (13) Et la raison, ajoute Aristote, en serait là aussi … le plaisir d’apprendre&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;En effet, on aime regarder les images parce qu’en même temps qu’on les contemple on apprend et on raisonne sur chaque chose comme lorsque l’on conclut&amp;nbsp;: cette image, c’est lui.&amp;nbsp;» (id.) Et si l’imitation produite ne nous rappelle rien ni personne, eh bien «&amp;nbsp;ce ne sera pas l’imitation qui procurera le plaisir, mais le fini dans l’exécution, la couleur ou une autre cause de ce genre&amp;nbsp;». (id.) En d’autres termes, si rien n’est imité, du moins on pourra apprécier la beauté du geste, ou encore la virtuosité &lt;em&gt;expressive&lt;/em&gt; … &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Plaisir d’enfants&amp;nbsp;: plaisir de croire, plaisir d’acteurs, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Plaisir de jouer ensemble. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;9 &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Par suite, si ce ne fut là que jeux d’enfants, ce jeu créatif de &lt;em&gt;croire&lt;/em&gt; se conjuguera très vite, chez les plus doués tout du moins, à la mélodie et au rythme, inclinations tout aussi naturelles chez les hommes. (id.) Chacun se met alors à composer (imiter) selon l’homme qu’il est&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Les auteurs graves imiteront les belles actions, c’est-à-dire celles de leurs semblables&amp;nbsp;; ceux qui sont plus communs celle des hommes bas, en composant d’abord des blâmes pendant que les autres composeront des hymnes et des éloges.&amp;nbsp;» (id.). &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;10 &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Plaisir d’homme&amp;nbsp;: plaisir de créer, &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;11&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Plaisir de mettre en scène et de faire croire ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Enfants et adultes&amp;nbsp;: les uns jouent ensembles de façon homogène – les autres, chacun pour soi, exposent leurs créatures ? Les uns jouent en amateurs, les autres en professionnels&amp;nbsp;? Les uns croient en ce qu’ils jouent, les autres pour partie à la façon qu’ils jouent, pour partie à ce qu’ils voient&amp;nbsp;? Dans l’évolution hiérarchique des espèces poétiques selon Aristote, le sommet est atteint avec la tragédie et la comédie&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Une fois apparues la tragédie et la comédie, ceux qui de par leur nature propre s’attachaient à l’un ou à l’autre type de poésie devinrent les uns auteurs de comédies et non plus de poèmes iambiques [pamphlétaires], les autres créateurs de tragédies et non plus d’épopées, et ce parce que la comédie et la tragédie ont plus d’ampleur et de valeur que les autres.&amp;nbsp;» (15) C’est dire que l’évolution n’est pas que dans celle des accessoires mis à la disposition du tragédien. Elle est évolution de la composition – et du rapport aux autres. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;En quoi la philosophie sera-t-elle à son tour supérieure&amp;nbsp; à la poésie ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Ce qui change avec l’acteur adulte&amp;nbsp;: la concurrence. &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Qui ou qu’est-ce qui est imité, en fin de compte&amp;nbsp;? Ceux qui imitent &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;12&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; imitent des personnages ou nobles ou bas, nous dit Aristote. Ils les imitent ou meilleurs ou pires qu’ils ne sont, ou bien semblables, comme le font les peintres. (7) Qu’ils imitent les hommes pires, meilleurs ou semblables à ce qu’ils sont, ils peuvent encore imiter l’un ou l’autre soit en racontant (que l’on se fasse autre, comme Homère, ou que l’on demeure le même sans changement), soit en faisant de tous les personnages des êtres en action, c’est-à-dire des acteurs de l’imitation. (id.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Voilà qui traduit, selon moi, quatre types de rapport aux autres&amp;nbsp;(au « public&amp;nbsp;»&amp;nbsp;?) : Homère, qui se fait autre que le narrateur, &lt;em&gt;rapporte&lt;/em&gt;. Celui qui raconte sous sa vraie identité, &lt;em&gt;témoigne&lt;/em&gt;. (Mais ils sont tous les deux eux-mêmes présents) Quant au poète faisant appel à des acteurs, manifestement il &lt;em&gt;délègue&lt;/em&gt;. Il est le premier à faire jouer, le premier absent.* &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le premier à faire parler* d’autres que soi&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le premier à mettre en scène. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Début d’une longue tradition&amp;nbsp;!&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;13&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Ces acteurs vont alors &lt;em&gt;rendre&lt;/em&gt;, comme le font peintres et sculpteurs de façon tout à fait «&amp;nbsp;professionnelle&amp;nbsp;» quand une œuvre leur ait &lt;em&gt;commandée&lt;/em&gt;. En purs artisans maîtres de leur savoir-faire. Mais un savoir-faire purement &lt;em&gt;technique&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? sans plus l’amour ni l’émotion que dit le mot même d’&lt;em&gt;amateur&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? (supra) Je me souviens de cette cantatrice déclarant qu’il ne (lui) fallait surtout pas ressentir les émotions qu’elle exprimait. C’est dire ce qu’il nous faut comprendre par «&amp;nbsp;l’expression&amp;nbsp;» d’un sentiment chez un acteur … &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;14&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Chez les Grecs plus anciens, tous les dires passaient-ils donc jusque-là par la narration&amp;nbsp;? (supra)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;On ne racontait sans doute qu’une fois…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Avec l’apparition du jeu &lt;em&gt;d’acteur&lt;/em&gt;, du jeu sur commande, la règle du jeu du croire &lt;em&gt;ensemble&lt;/em&gt; (supra) fut donc rompue. Non point que l’acteur fut moralement douteux &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;15&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;nbsp; – non, il ne cherche nullement à tromper. Avec &lt;em&gt;l’évènement&lt;/em&gt; &lt;em&gt;culturel&lt;/em&gt;, la règle du jeu est claire pour tout le monde. L’acteur peut même être le plus consciencieux des hommes. Mais on peut cependant dire de lui&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’acteur n’imite &lt;em&gt;pas&lt;/em&gt; comme le narrateur, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Il est le premier à &lt;em&gt;feindre&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Puisque les spectacles étaient l’objet d’un concours, ces diverses espèces d’art poétique et leurs différentes «&amp;nbsp;manières&amp;nbsp;» d’imiter sont-elles concurrentes&amp;nbsp;entre elles ? Aristote n’en dit rien. Mais on sait combien il veut réhabiliter la tragédie, condamnée par Platon. Et on sait aussi combien la philosophie platonicienne a voulu légiférer en matière d’art, précisément en raison de son influence (mauvaise, selon lui) sur les hommes. En raison d’un certain type de «&amp;nbsp;dire&amp;nbsp;», donc, si je comprends bien&amp;nbsp;: &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;16&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Celui qui ne dit pas clairement qui parle et tire les ficelles&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;*&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif; font-size: large;"&gt;D’un dire à l’autre, qu’est-ce qui fait la tragédie&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Les chants phalliques et le dithyrambe, nous dit Barbara Gernez, sont associés au culte de Dionysos. Ils étaient entonnés au cours de la procession du phallus à travers les villes. Dans les deux cas, un initiateur (&lt;em&gt;l’exarkhos&lt;/em&gt;) improvisait pendant qu’un chœur lui répondait. (16) La comédie est issue des chants phalliques, la tragédie quant à elle se développa peu à peu à partir du dithyrambe, jusqu’à se fixer sur sa nature propre&amp;nbsp;: Eschyle, le premier, porta le nombre des acteurs à deux&amp;nbsp;; il diminua la partie du chœur et donna le premier rôle au dialogue. (17) Encore une fois&amp;nbsp;: il y eut donc bien évolution&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Un spectacle fixe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;em&gt;A la place&lt;/em&gt; de la procession religieuse à travers la ville&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La mise en scène d’un dialogue&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;em&gt;A la place&lt;/em&gt; d’une incantation&amp;nbsp;collective ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Mais alors pourquoi conserver les anciennes formes de procession et de spectacles&amp;nbsp;aux côtés des nouvelles, dans un même évènement culturel ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Je m’inspire du dictionnaire de l’Antiquité&amp;nbsp;pour dresser le tableau suivant d’une partie de ladite évolution : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Anthestéries&amp;nbsp;: grande fête du dieu Dionysos où l’on célébrait le printemps (dieu de la vie, de la croissance, du vin, de l’ivresse …). Au 3ème et dernier jour on offrait quelque préparation culinaire au dieu Hermès Chtonios [souterrain] pour calmer l’hostilité des morts. (57). &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Joie et crainte&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Dionysies&amp;nbsp;et Lénéennes&amp;nbsp;: fêtes cultuelles et processionnelles de cinq jours (Phallus porté, reconstitution de l’arrivée du Dieu depuis Eleuthères) suivies de sacrifices et de libations, agrémentées de grands concours de spectacles dramatiques&amp;nbsp;: concours de dithyrambes, de comédies et de tragédies. Au programme&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Matin&amp;nbsp;des 1er et 2ème jour&amp;nbsp;: un dithyrambe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Après-midi&amp;nbsp;: une comédie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Matin des3ème au 5ème jour&amp;nbsp;: une tragédie ou un drame satyrique &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Après-midi : une comédie&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La question est donc bien pour moi&amp;nbsp;: comment les Grecs sont-ils passés de cultes processionnels divers (mobiles) à cette sorte de grand spectacle «&amp;nbsp;œcuménique&amp;nbsp;» &lt;em&gt;réunissant toutes les formes jusque-là de dires&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;17&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;et de processions&lt;/em&gt; sous la forme de spectacles (fixes), de surcroît mis en concurrence (du moins au sein d’un même genre) – et ce en dépit de leurs points communs (évènement festif, sacrifices et libations)&amp;nbsp;! Ça ne fait pas très … respectueux ! Pire, le programme même de ces festivités «&amp;nbsp;religieuses&amp;nbsp;» semble avoir été établi pour que les après-midi viennent compenser la gravité des matinées … Eut-on voulu &lt;em&gt;dédramatiser&lt;/em&gt; le culte religieux d’alors en mettant en scène («&amp;nbsp;dramatisant&amp;nbsp;») le comique de pratiques et de dires jusque-là très sérieux, on ne se serait pas pris autrement. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;18 &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Un style pour tuer l’autre&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La question du style (de dire), à une époque où les dires ne sont pas encore marqués institutionnellement et où l’on aura (peut-être) cherché à dédramatiser les convulsions religieuses ou exploité leur désaffection, est nécessairement prépondérante. Ce serait même là, à mon sens, la grande découverte de l’époque.&amp;nbsp;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;19&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; On employait jusque-là le tétramètre, nous dit Aristote [dans l’imitation &lt;em&gt;narrative&lt;/em&gt; de l’action (97)]. Dès lors que la langue de la conversation fut introduite [sur scène], la nature trouva d’elle-même le mètre approprié&amp;nbsp;: le mètre iambique. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;20 &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Si la tragédie et la comédie ont dépassé les dires dont elles ont hérités, annoncent-elles à leur tour la philosophie&amp;nbsp;? Faire l’éloge, faire peur, faire pitié, faire rire – et un jour enfin, faire réfléchir&amp;nbsp;? &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;21 &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Mais la philosophie dépassera-t-elle la tragédie et la comédie &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- si elle n’est pas poésie&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Après diverses considérations, Aristote conclut&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La tragédie est donc l’imitation d’une action noble et achevée, ayant une certaine étendue, dans un langage relevé d’assaisonnements,&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;22&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; dont chaque espèce est utilisée selon les parties de l’œuvre. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;23&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; L’imitation qu’elle met en scène est exécutée par des personnages agissant. Elle n’utilise pas le récit &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;24&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; et, par le biais de la pitié et de la crainte (qu’elle cherche à susciter (41), elle opère l’épuration des émotions de ce genre. (21)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Précisément, si «&amp;nbsp;l’esprit&amp;nbsp;» général de ces grandes fêtes est bien celui décrit ci-dessus, alors la catharsis prend ici tout son sens&amp;nbsp;: Tout n’est affaire que de style, de la façon de dire. «&amp;nbsp;Voyez comme on peut tout mettre en scène et rire même de votre plus grand sérieux !&amp;nbsp;»&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La comédie vient toujours en dernier&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Car elle est la plus forte.&amp;nbsp;» &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;25&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Longtemps la comédie ne fut pas prise au sérieux, jusqu’au jour où un archonte lui accorda enfin un chœur de comédiens (jusque-là composé simplement de volontaires). La tragédie n’eut alors rien à craindre pour elle-même&amp;nbsp;; l’une et l’autre auraient pu faire une même annonce&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Si votre passion religieuse est aujourd’hui trop forte, vos craintes et votre pitié déprimantes, venez assister aux Dionysies&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;26&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Présenter l’action, non des caractères&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Les hommes sont ce qu’ils sont en raison de leurs caractères, mais c’est en fonction de leurs actions qu’ils connaissent le bonheur ou le malheur. (25) Dans la tragédie, ce n’est pas pour imiter des caractères que les personnages agissent&amp;nbsp;: ceux-ci reçoivent leurs caractères en même temps et dans la mesure où ils agissent. (id.) La tragédie est donc l’imitation, non pas d’hommes, mais d’action, de vie. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;27&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Dans la tragédie, le caractère découle seulement de l’action mise en scène&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’acteur rend donc bien l’action &lt;em&gt;comme effective.&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Dans la tragédie comme dans la vie, le bonheur et le malheur sont dans l’action, mais la fin que l’on poursuit dans la tragédie n’est pas une manière d’être mais une action. (id.) Sans action, insiste encore Aristote, il ne pourrait y avoir de tragédie alors qu’on pourrait en concevoir sans les caractères. (id.) D’ailleurs les tragédies de la plupart des auteurs modernes, ajoute-t-il, sont sans caractères et, de manière générale, c’est le cas pour de nombreux poètes. Que d’autres, à l’inverse, mettent à la suite les unes des autres des tirades [poétiques] qui expriment des caractères, et qui soient parfaitement réussies dans l’expression et dans la pensée, on ne réalisera pas l’effet propre à la tragédie. Il y faut une intrigue, un assemblage de faits. (id.) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le poète peut donc fort bien éviter d’accorder sa place au caractère défini comme une «&amp;nbsp;partie&amp;nbsp;» de la tragédie, la suite du texte montre qu’il se révèle de toute façon dans un certain type de discours, précise encore Gernez. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le type de discours révèle un caractère ... &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Ce qui exerce la plus grande séduction dans la tragédie, ce sont en effet les parties de l’intrigue&amp;nbsp;: les péripéties et les reconnaissances. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;28&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;La pensée &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’intrigue est donc le principe et comme l’âme de la tragédie&amp;nbsp;: les caractères viennent en second, dit encore Aristote. (27) La tragédie est une imitation d’action et c’est surtout en fonction de l’action qu’elle imite des hommes agissant. La pensée vient en troisième. C’est la capacité de dire ce qu’implique la situation et ce qui convient&amp;nbsp;; c’est, dans les discours, l’œuvre de l’art politique et de l’art rhétorique&amp;nbsp;: en effet, les anciens poètes faisaient parler leurs personnages ‘’politiquement’’, ceux d’aujourd’hui les font parler ‘’rhétoriquement’’. (id.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Voilà une indication fort intéressante. Elle semble reconnaître que l’expression des poètes était bien jusque-là politique, mais qu’elle tendit de plus en plus à user de rhétorique, à faire désormais sa place, si je puis dire, dans la «&amp;nbsp;société civile&amp;nbsp;». La pensée est ce qui fait que l’auteur du poème ou de la tragédie est en mesure de poursuivre son discours ou sa mise en scène. Il sait «&amp;nbsp;ce qu’implique la situation et ce qui convient&amp;nbsp;» de dire ou de montrer à la suite.&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;29&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Or donc, Aristote nous dit que de politique, l’expression poétique s’est faite de plus en plus rhétorique. Politique par la conscience qu’avait le poète ou le dramaturge d’appartenir à une collectivité civique et religieuse&amp;nbsp;? - son expression s’est peu à peu tournée vers les autres hommes en vue de &lt;em&gt;seulement&lt;/em&gt; les – convaincre.&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;30&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Je vois là exprimée toute la différence que j’accorde à l’expression du dire-être au regard de la recherche d’effet aujourd’hui partout entreprise, encouragée, et qui n’offre d’identité personnelle à chacun qu’à l’aune du pouvoir qu’il exerce sur d’autres hommes et la «&amp;nbsp;reconnaissance&amp;nbsp;» dont ceux-ci «&amp;nbsp;le&amp;nbsp;» gratifient. De Eschyle à Euripide, Nietzsche a perçu et décrit, il me semble, une pareille évolution, funeste, de la pensée poétique. Montrer l’action au détriment des caractères des personnages (les acteurs portent des masques) n’est pas, à mon sens, sans rappeler l’exposition d’un «&amp;nbsp;problème&amp;nbsp;», d’une situation, d’une Idée … «&amp;nbsp;en-soi&amp;nbsp;», &lt;em&gt;indépendamment des hommes.&lt;/em&gt; La tragédie a pu ainsi inspirer Socrate dans sa recherche morale de ce «&amp;nbsp;qu’est&amp;nbsp;» la vertu, mais également Platon dans sa recherche de «&amp;nbsp;l’Idée&amp;nbsp;» pure (ou de l’Un selon certains). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La tragédie a donc pu inaugurer «&amp;nbsp;le problème&amp;nbsp;» philosophique&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;En initiant une représentation de «&amp;nbsp;l’action&amp;nbsp;» &lt;em&gt;en tant que telle.&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Entre dire-être et rhétorique&amp;nbsp;? &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;D’un pôle à l’autre selon moi de l’expression humaine – de l’expression de son dire-être pur (s’il en est) à sa recherche exclusive d’effets sur autrui en guise d’identité – où se situe donc la tragédie&amp;nbsp;? &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;31&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; En comparaison du dire-être, geste identitaire et politique,&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;32&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; elle est la (re-)présentation d’une action «&amp;nbsp;en-soi&amp;nbsp;». Le geste du poète est là, celui de montrer une action. Aristote a insisté là-dessus. Si donc le tragédien rend subsidiaires dans son spectacle les caractères humains, c’est bien la preuve, il me semble, qu’il n’a pas le désir de dépeindre des hommes &lt;em&gt;auxquels les spectateurs pourront s’identifier.&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;33&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (Si ceux-ci le font, c’est qu’ils n’auront pas compris le geste – geste d’exposer une action, tout comme Platon exposera plus tard une Idée – mais simplement vu des hommes «&amp;nbsp;derrière&amp;nbsp;», en dépit de leurs masques.&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;34&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;) Du reste, le spectacle doit plaire, ou mieux&amp;nbsp;: émouvoir. Il est même l’objet d’un concours. Quel spectacle l’emportera&amp;nbsp;? Je ne crois pas que les spectateurs sont invités à réfléchir (même s’ils le font après le spectacle), ni même que la tragédie ait pour fonction ou désir de permettre &lt;em&gt;à elle seule&lt;/em&gt; une catharsis collective (même si elle a pu opérer)&amp;nbsp;; je crois que l’emporte le spectacle qui aura le mieux réussi à montrer … le nécessaire et le vraisemblable. (supra)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Les reconnaissances &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;35&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; où un personnage cherche à persuader sont les plus éloignées de l’art&amp;nbsp;» (61)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tout est donc bien dans le &lt;em&gt;rendu&lt;/em&gt;, et les effets ont donc bien leur importance mais en tant qu’ils &lt;em&gt;explicitent&lt;/em&gt; * – l’action&amp;nbsp;! Le nécessaire et le vraisemblable sont ceux de l’action représentée. La pensée qu’Aristote place en troisième partie peut donc être placée en premier s’il s’agit pour le poète de n’user que des seuls artifices et appareillage de scène strictement nécessaires à &lt;em&gt;l’explicitation&lt;/em&gt; * de son œuvre. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;36&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le bon poète agit sur son spectacle, le mauvais sur son public. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;En ce sens, créer une tragédie peut être le geste d’un homme explicitant son dire-être et donnant exemple d’une éthique de la communication en ne prétextant pas de son œuvre ou de son statut d’artiste pour influer «&amp;nbsp;rhétoriquement&amp;nbsp;» sur un public. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;37&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;L’expression du nécessaire et du vraisemblable&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’expression n’est pas l’apanage de la poésie. Elle a la même fonction dans la prose. (27) Aristote a énuméré jusqu’ici les différentes parties de la tragédie. Il aborde maintenant «&amp;nbsp;cet assemblage des faits, puisque c’est la première et la plus importante des parties de la tragédie.&amp;nbsp;» (id.) Suivent l’exposition des règles auxquelles doit se plier l’intrigue, son unité organique, son unité …Nous sommes dans les détails techniques. L’occasion d’une dogmatique&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Puis, comparant l’historien au poète, Aristote écrit qu’ils ne se distinguent pas par leur type de dire (poétique ou en prose), mais parce que l’un dit ce qui s’est passé, tandis que l’autre dit ce qui pourrait se passer. (35)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Encore une indication fort intéressante. Aristote (sinon la tragédie même) semble vouloir distinguer ce qui fut de ce qui est encore possible. Au passé, nécessaire et auquel on ne peut rien changer, s’ajoute(rait) ou s’oppose(rait) un vraisemblable &lt;em&gt;qui pourrait arriver&lt;/em&gt;. Le spectacle de &lt;em&gt;l’action&lt;/em&gt; prend alors un autre sens que simplement «&amp;nbsp;artistique&amp;nbsp;». Le &lt;em&gt;vraisemblable&lt;/em&gt; n’a pas seulement trait à la cohérence interne de l’œuvre et à sa crédibilité. La tragédie montre que ce qui va arriver n’est pas écrit dans un quelconque marbre, &lt;em&gt;qu’il dépend de nos actions&lt;/em&gt;. En quelque sorte l’avenir &lt;em&gt;attend&lt;/em&gt; notre présent et le spectacle suscite réellement nos choix, nos décisions. Il nous interpelle depuis la scène. Qui se soucierait ici de la psychologie des personnages&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le vraisemblable prend alors le sens de «&amp;nbsp;potentiel&amp;nbsp;», d’ensemble des possibles dépendant de nos actions. Il lui faut un dire spécifique. Et c’est parce que la poésie dit cet ensemble (le général, dit Aristote), alors que l’histoire ne dit que l’unique passé qui l’engloutit (le particulier, dit Aristote), qu’elle est plus philosophique que celle-ci. (id.) J’en conclus qu’aucune histoire de la philosophie n’est philosophique. Or donc, la philosophie sera-t-elle &lt;em&gt;l’art de penser l’encore possible à faire&amp;nbsp;? &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La tragédie&amp;nbsp;en est la poétique mise en scène ! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le poète est poète par l’intrigue, non par le mètre ou l’histoire. Ainsi, même s’il lui arrive de composer avec les choses qui se sont réellement produites, il n’en est pas moins poète&amp;nbsp;; car rien n’empêche que certaines de ces choses qui sont arrivées ne soient semblables à celles qui pourraient se produire selon la vraisemblance et le possible &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;38&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; et, de ce fait, il en est bien le fabricant. (37) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La créativité du poète est mise en lien direct avec sa faculté d’énoncer le vraisemblable &lt;em&gt;à partir d’un fait réel&lt;/em&gt;.&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;39&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; - Comment s’y prendra le philosophe ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Susciter deux sentiments&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Nécessité et vraisemblance / pitié et crainte …&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Les outils&amp;nbsp;: alternance chant / dialogue, parties de l’intrigue&amp;nbsp;: péripéties, reconnaissances et pathétique. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Articulation&amp;nbsp;: prologue, épisode, exode et chants du chœur (chant d’arrivée et chant sur place)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Etc.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Il y a une étrange obstination, dans la tragédie, à ne vouloir susciter que deux sentiments. Pourquoi ces deux-là&amp;nbsp;? Pourquoi rien que ces deux-là&amp;nbsp;? Voici quelques citations de cette exclusive&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;« …&amp;nbsp;De plus l’imitation est non seulement celle d’une action complète, mais aussi d’évènements qui suscitent la crainte et la pitié. (39) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;… En effet, une telle reconnaissance avec péripétie comportera pitié et crainte, et c’est d’actions suscitant de telles émotions que la tragédie est supposée être l’imitation. (41)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;…et puisqu’elle [la tragédie] doit être l’imitation de faits effrayants ou pitoyables (c’est là en effet le propre de ce type d’imitation), il est dès l’abord évident qu’on ne doit pas y voir des hommes bons passer du bonheur au malheur (il n’y a là ni crainte ni pitié, mais répulsion), ni des méchants passer du malheur au bonheur (c’est de toutes les possibilités la moins tragique puisqu’elle en comporte rien de ce qui est nécessaire&amp;nbsp;: il n’y a en effet ni sentiment ordinaire de sympathie, ni pitié ni crainte)&amp;nbsp;; ni d’autre part, l’homme &amp;nbsp;foncièrement mauvais tomber du bonheur dans le malheur (un tel agencement pourrait en effet susciter le sentiment ordinaire de sympathie, mais pas la pitié ni la crainte&amp;nbsp;: l’une, en effet, concerne l’homme qui n’a pas mérité son malheur – c’est la pitié, l’autre celui qui est semblable à nous – c’est la crainte&amp;nbsp;; de sorte qu’un tel évènement ne sera ni pitoyable ni effrayant). » (45-47)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;…Il faut, en effet, que, même sans les voir [le spectacle et l’agencement des faits], l’intrigue soit agencée de telle sorte que l’auditeur en apprenant les faits qui s’accomplissent frisonne et soit pris de pitié devant ce qui se passe&amp;nbsp;(…) Quant à ceux qui, par le moyen du spectacle, ne provoquent pas la crainte mais simplement le monstrueux, ils n’ont rien à voir avec la tragédie&amp;nbsp;: en effet, ce n’est pas tout type de plaisir qu’il faut chercher dans la tragédie, mais celui qui lui est propre.&amp;nbsp;Et puisque le poète [tragique]&amp;nbsp;doit susciter le plaisir qui vient de la crainte et de la pitié par le biais de l’imitation, il est clair qu’il doit produire cela au moyen des faits.&amp;nbsp;» » (51)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Les limites du genre étant ainsi fixées, la suite du propos d’Aristote nous indique quel personnage et quelle situation conviennent donc à la tragédie. Mais voyons … crainte et pitié, il semble que ce sont là deux sentiments que l’on éprouve respectivement à l’égard d’un homme plus fort que nous (de par sa situation présente) et d’un homme plus faible que nous (de part sa situation présente). Mais Aristote a insisté là-dessus&amp;nbsp;: ce sont des actions qui sont représentées. «&amp;nbsp;Pas de psychologie&amp;nbsp;!» est en quelque sorte la consigne. Tout de même, ce sont bien des hommes qui sont représentés. Et pas n’importe lesquels&amp;nbsp;! Pourquoi ceux-là&amp;nbsp;? Voici en effet quels sont&amp;nbsp;ces hommes&amp;nbsp;: (suite de la citation page 45-47) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Reste par conséquent le cas intermédiaire. C’est la situation de celui qui, sans être un parangon de vertu et de justice, tombe dans le malheur non pas à cause de ses vices ou de sa méchanceté mais à cause de quelque erreur, l’un des hommes &lt;em&gt;qui jouissent d’une grande réputation et d’un grand bonheur, comme, par exemple, Œdipe, Thyeste et les membres illustres des familles de ce genre.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» (47 - C’est moi qui souligne). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Pourquoi des hommes illustres&amp;nbsp;? Est-ce à dire qu’il nous faut craindre ces personnages de par leur statut social, mais aussi avoir pitié d’eux quand le mauvais sort s’abat sur eux&amp;nbsp;? Notre pitié ne se tourne-t-elle pas plus naturellement vers les pauvres gens&amp;nbsp;? Sans doute, mais les poètes se nourrissent d’histoires &lt;em&gt;fournies&lt;/em&gt; par la tradition. Voilà tout&amp;nbsp;? Non, Aristote dit aussi que la tragédie est l’imitation d’hommes meilleurs que nous. (59) Et il ajoute&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;De la même manière, le poète qui imite des hommes coléreux ou nonchalants ou avec d’autres traits de caractère de ce genre, doit, étant ce qu’ils sont, en faire des hommes justes, comme Agathon et Homère le font pour Achille (exemple de dureté). (id.) Pas seulement du fait qu’eux seuls ont une histoire, les meilleurs seuls méritent donc d’être mis en spectacle&amp;nbsp;! (En regard des esclaves, qui ne sauraient fournir matière à tragédie&amp;nbsp;?)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Pourquoi des actions plutôt que des caractères&amp;nbsp;?&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;40&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Pour que nous rendions le hasard seul responsable des conséquences des actes de ces hommes&amp;nbsp;? Certes l’erreur est celle du personnage, mais la faute&amp;nbsp;? La faute incombe à l’action, non point à «&amp;nbsp;l’être&amp;nbsp;» du personnage, son caractère. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Et les autres sentiments sont proscrits&amp;nbsp;? Malgré tout, la tragédie est censée susciter du plaisir, nous dit Aristote&amp;nbsp;: plaisir de s’effrayer, plaisir de prendre pitié (et de pleurer, etc.). Si la tragédie n’est là, parmi les autres spectacles, que pour susciter crainte et pitié – d’autres sentiments sont-ils donc «&amp;nbsp;dévolus&amp;nbsp;» aux autres spectacles&amp;nbsp;? Les Dionysies&amp;nbsp;: une grande foire aux sentiments&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Venez rire, venez pleurer, faites-vous peur, prenez pitié …&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Du bon usage des histoires fournies par la tradition&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Une certaine liberté d’expression&amp;nbsp;? Non, une occasion librement prise de mettre en scène ce que l’on veut, comme l’on veut. A part Euripide prétendant dépeindre les hommes «&amp;nbsp;tels qu’ils sont&amp;nbsp;», il s’agit bien de produire un effet en prenant toute liberté sur la réalité des évènements «&amp;nbsp;repris&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Sans doute n’est-il pas possible de défaire les histoires traditionnelles&amp;nbsp;; disons, par exemple, le meurtre de Chlytemnestre par Oreste ou celui d’Eriphyle par Alcméon, mais c’est au poète qu’il revient de trouver comment faire bon usage des histoires transmises par la tradition&amp;nbsp;». (53) Le bon usage est ici celui qui convient à la tragédie. Et Aristote donne alors le détail. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Quelques détails relatifs à l’expression&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;La vertu de l’expression est d’être claire sans être médiocre. Or la plus claire est celle qui est composée de mots courants, mais elle est médiocre.&amp;nbsp;» (87)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;… c’est que le mètre héroïque est, de tous, celui qui a le plus d’assise et d’ampleur, c’est pourquoi il s’accommode au mieux des mots exotiques et des métaphores&amp;nbsp;; en cela aussi, l’imitation narrative surpasse les autres.&amp;nbsp;» (97)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;En son nom, en effet, le poète ne doit dire que très peu de choses car ce n’est pas par là qu’il est imitateur.&amp;nbsp;» (99)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Il faut, dans les tragédies, produire l’étonnant, mais l’épopée admet bien plus aisément l’irrationnel, qui concourt pour une grande part à l’étonnant parce qu’il n’y voit pas le personnage agissant.&amp;nbsp;» (99)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Par-dessus tout, Homère a encore appris aux autres comment [faire] dire des mensonges. Il s’agit du faux raisonnement. Les hommes croient que, lorsqu’une chose en entraîne une autre ou qu’un évènement en entraîne un autre, l’existence du conséquent implique l’existence de la chose ou de l’évènement précédent&amp;nbsp;; mais c’est faux.&amp;nbsp;» (99)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Il faut préférer ce qui est impossible mais vraisemblable à ce qui est possible mais pas persuasif&amp;nbsp;» (101)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;En général, l’impossible doit être justifié eu égard à la fiction, au mieux à l’opinion. Du point de vue de la fiction, l’impossible persuasif est préférable à ce qui n’est pas persuasif mais possible.&amp;nbsp;» (111)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Les critiques se ramènent donc à cinq espèces&amp;nbsp;: en effet, on dit que c’est soit impossible, soit irrationnel, soit nuisible, soit contradictoire, soit que cela va à l’encontre de l’exactitude qui dépend de l’art.&amp;nbsp;» (111)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Sophocle disait qu’il composait des hommes tels qu’ils doivent être, tandis qu’Euripide les composait tels qu’ils sont.&amp;nbsp;» (105)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif; font-size: large;"&gt;Le politiquement artiste&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;On ne t’a rien demandé et tu nous parles. Un autre se contenterait de dire-être,* de ne nous donner que sa présence ‘‘en dire’’, et de ne répondre qu’à ceux qui l’interrogent. Mais bon, tu veux créer&amp;nbsp;? Alors va&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;De la narration au spectacle&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Est-ce que dire savoir (dire qu’on sait) &lt;em&gt;imite&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? J’ai déjà posé plus haut la question. Le savoir grec antique n’a pas de façon spécifique de se dire, pas de mètre à lui. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;41&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Il emprunte parfois, pour se dire, le mètre de la poésie. Mais ça n’est pas pour paraître poétique, c’est simplement, comme il fut dit plus haut, pour faciliter sa mémorisation. Lors, bien qu’il ne soit pas poétique, le dire du savoir n’est-il pas tout de même &lt;em&gt;imitation&lt;/em&gt; de quelque réalité ?- Et donc &lt;em&gt;narration&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? Savoir est légitime, la façon de savoir discutable. De même, dire qu’on sait est légitime, la façon de dire aux autres qu’on sait me paraît discutable. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tragédie, opéra, cinéma …, le spectacle qu’on me met sous les yeux tue mon rapport traditionnel à la simple narration en abolissant une certaine distance&amp;nbsp;: l’action qu’ils imitent a beau le cas échéant me «&amp;nbsp;raconter&amp;nbsp;», voire «&amp;nbsp;m’informer&amp;nbsp;», elle est &lt;em&gt;plus vraie que nature&lt;/em&gt;, c’est-à-dire plus sensible, puisque elle est non seulement parfaitement imitée, &lt;em&gt;mais de surcroît&lt;/em&gt; «&amp;nbsp;assaisonnée&amp;nbsp;» (comme dit Aristote) de musique et de chants&amp;nbsp;; elle – m’implique. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;42&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; La musique et le chant font-ils entrer les spectateurs dans la danse&amp;nbsp;? Voilà qui expliquerait les processions antiques &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;43&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; – et jusqu’au processus actuel nommé cinéma. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’homme chérit-il la réalité&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le spectacle renchérit ses désirs – et la réalité&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Je ne suis plus le spectateur-auditeur d’une scène simplement &lt;em&gt;rapportée&lt;/em&gt; (ce mot traduit et conserve la distance), mais partie prenante des actions mises en scène. Je suis le spectateur lui-même mis en scène par la &lt;em&gt;puissance&lt;/em&gt; (le savoir-faire) du spectacle. Non point seulement captivé, mais bel et bien envoûté. Dans la narration la plus puissante même, mon oreille est certes apprêtée, flattée et même séduite, je suis «&amp;nbsp;tout ouïe&amp;nbsp;», mais mon ouïe n’est pas mise en scène. Bref, encore une fois – l’acteur &lt;em&gt;rend&lt;/em&gt; donc bien, il rend effectif&amp;nbsp;(fut-ce seulement le temps de la représentation), tandis que la narration &lt;em&gt;me&lt;/em&gt; rapporte, &lt;em&gt;me&lt;/em&gt; témoigne de quelque évènement. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;44&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Elle ne semble pas chercher, par toute sorte d’apprêts, à me couper du réel comme pour&amp;nbsp;mieux m’initier à l’info qu’elle divulgue. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;45&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Les chants phalliques et autres processions religieuses ont-ils laissé la place au spectacle, plus efficace&amp;nbsp;? C’est l’hypothèse émise plus haut. L’autre filiation, l’informative plus ou moins pure, va sans doute du prophète au rhéteur et tous ceux qui annoncent, à la gazette, la radio, la télévision ... &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;En définitive, les deux lignées s’accordent sur une nature humaine que l’on peut peut-être résumer, puisqu’elles convergent en «&amp;nbsp;communication&amp;nbsp;», par la symétrie économique de l’offre et de la demande&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Plaisir et / ou besoin de &lt;em&gt;croire&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;savoir&lt;/em&gt; des uns, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Plaisir et / ou besoin symétrique de &lt;em&gt;faire croire&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;faire savoir&lt;/em&gt; des autres. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Qui gagne&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Aristote écrit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Laquelle des deux imitations, l’épique ou la tragique, est supérieure&amp;nbsp;?&amp;nbsp;La question peut se poser. [Platon l’a posée précédemment dans Les Lois] En effet, si la moins grossière est la meilleure et qu’elle s’adresse toujours à des spectateurs meilleurs, il est bien évident que celle qui imite tout est grossière.&amp;nbsp;» (113) Alors on en rajoute, dit en substance Aristote, parce qu’on suppose que sans ces exagérations les spectateurs ne comprendront rien. «&amp;nbsp;On dit alors de celle-ci [l’épopée] qu’elle s’adresse à des spectateurs honnêtes qui n’ont aucunement besoin de figurations et que la tragédie s’adresse à des spectateurs médiocres. Si donc elle est grossière, il est bien évident qu’on peut la considérer comme inférieure.&amp;nbsp;» (Id.) A méditer. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Pour la défense de la tragédie, Aristote ajoute imprudemment que même sans mouvements, la tragédie produit [quand même] son effet, tout comme l’épopée&amp;nbsp;: en effet, ses qualités, ajoute-t-il, se manifeste à la [simple] lecture. (115) Le texte même serait donc cathartique&amp;nbsp;? Alors à quoi &lt;em&gt;sert&lt;/em&gt; tout le reste&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’autre argument principal, c’est qu’au vu de l’objectif qu’elle s’est fixée (produire les deux sentiments qu’on sait), elle y parvient mieux que l’épopée. (id.) Mais était-ce là le but de l’épopée&amp;nbsp;!?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Il est aisé de reprocher à Aristote de ne pas voir que les objections faites à la tragédie ne visent pas tant son efficacité (sa réussite ou pas, selon son objectif), que la valeur du geste &lt;em&gt;du tragédien&lt;/em&gt;, et non point seulement du geste tragique. A moins que ... A moins qu’un tragédien de talent mette un jour en scène son propre tragique, le tragique (social&amp;nbsp;?) d’un homme ravalé à produire des effets sur les autres hommes. (Adieu narration, mais aussi adieu dire-être). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;A coup sûr un homme d’aujourd’hui&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Et la philosophie&amp;nbsp;dans tout ça ? Elle ne cherchera pas moins à faire effet sur les hommes&amp;nbsp;! Mais elle se gaussera de le faire par des moyens plus honnêtes. Pas poétique pour un sou. Alors, quel dire&amp;nbsp;? – faites votre choix, il sera de toute façon politique. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Rhétorique de la promotion &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Platon et Aristote portent des jugements divergents sur la tragédie. Deux positions emblématiques. Aristote fait figure, à mon sens, de libéral&amp;nbsp;et de pragmatique, Platon de moraliste politique. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Aristote libéral&amp;nbsp;: il considère le poète en tant que tel, indépendamment des effets de son œuvre. (XX)&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;46&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Pour lui, au fond, seule &lt;em&gt;la créativité&lt;/em&gt; compte. Et surtout&amp;nbsp;: on ne saurait apprécier l’œuvre poétique, rapporte Barbara Gernez, à l’aune de l’art politique. «&amp;nbsp;D’ailleurs le poète peut se passer de ces effets de la rhétorique.&amp;nbsp;» (supra)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Autrement dit, la rhétorique c’est sûrement l’affaire de la politique. Le propos ne croit pas si bien dire&amp;nbsp;: là où il y a du rhétorique (s’il est un art poétique de &lt;em&gt;persuader&lt;/em&gt; par le spectacle&amp;nbsp;?), il y a donc du politique. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Aristote pragmatique&amp;nbsp;: pédagogue, Il invoque volontiers devant les spectateurs que nous sommes, les bénéfices de l’œuvre (catharsis)&amp;nbsp;&lt;em&gt;pour les spectateurs que nous sommes&lt;/em&gt;.&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;47&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Aristote donne aux poètes la consigne de n’imiter que les hommes meilleurs que nous, soit&amp;nbsp;! Mais Aristote n’est pas ici le poète, elle ne le concerne donc pas. De quel dire procède alors sa &lt;em&gt;Poétique&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? Il tait Platon et sa critique de la tragédie. - De la rhétorique&amp;nbsp;? Une bonne cause par des mauvais moyens&amp;nbsp;? Sempiternelle histoire&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Dans la même veine, plus tard, pour sa promotion universelle, le spectacle sera toujours dit esthétique, de sorte que tout pourra y être représenté ou joué, c’est-à-dire procurer aux spectateurs un plaisir toujours … esthétique. Aristote est moins à cheval que Platon sur la vérité, sur le Vrai à imiter, à prendre pour cause (x2) et pour guide. Platon en revanche (et avant lui Solon&amp;nbsp;?) se soucie davantage du geste &lt;em&gt;politique&lt;/em&gt; du spectacle (envers les spectateurs, voire envers les acteurs, ravalés à des instruments, des machines vivantes). Il pèse le pour et le contre&amp;nbsp;: le bénéfice pour nous, spectateurs – &lt;em&gt;à quel prix.&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Créer est légitime, faire l’homme* discutable. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Vieille histoire. Notre époque, en effet, est clairement libérale et pragmatique. La «&amp;nbsp;communication&amp;nbsp;» générale, très artistique par son génie et les moyens technologiques dont elle dispose, y est presque exclusivement consacrée à divulguer en tout lieu et à tout moment les &lt;em&gt;bénéfices&lt;/em&gt; de toutes les offres et spectacles proposés. Nul ne semble se soucier du prix à payer, ni de savoir de quoi relève l’art &lt;em&gt;en définitive&lt;/em&gt;. Platon et Aristote auraient pu dire&amp;nbsp;ici :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Il n’est pas digne d’un art de ne rien imiter&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Si l’activité de l’art a un référent transcendant ou immanent (Bien, Beau, geste authentique – mais aussi leurs contraires&amp;nbsp;?), alors l’art &lt;em&gt;imite&lt;/em&gt;, fut-ce au travers d’objets imaginés. Si elle n’en a pas, alors l’art &lt;em&gt;rend&lt;/em&gt;, s’apparente à une sorte de magie du fictif, à de la prestidigitation, à une expérience illimitée de la crédulité humaine – son référent. Elle est sans limite. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;48&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’art est-il aujourd’hui anomique&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Feindre et imiter &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Sur l’objet de l’art, Platon et Aristote seraient alors d’accord&amp;nbsp;: il s’agit d’imiter – mais d’imiter l’homme, sinon l’Idée, &lt;em&gt;meilleur(e) que nous&lt;/em&gt;. Le modèle &lt;em&gt;peut&lt;/em&gt; alors figurer quelque chose de grand ou de vrai. Voire de simplement &lt;em&gt;idéal&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Pas d’art sans un idéal qui l’inspire&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;A l’inverse, n’avoir rien à imiter et se produire pourtant devant un public, c’est imiter à la manière des [mauvais] poètes, c’est favoriser le jeu de l’acteur, c’est encourager les hommes à &lt;em&gt;feindre&lt;/em&gt;, dit Platon. (XIX) Or, parmi les modèles dont il est susceptible de s’inspirer, le poète – soucieux de satisfaire ses auditeurs, explique Gernez, privilégiera donc celui qui fera le plus d’effet&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le caractère enclin à l’irritation et contrasté&amp;nbsp;» (Platon). C’est pourquoi, selon Platon, les représentations produisent un effet «&amp;nbsp;tout à fait effrayant&amp;nbsp;». Pire encore (politiquement parlant, toujours), les discours apitoyants invitent le spectateur à s’identifier au personnage, renforcent en lui «&amp;nbsp;l’élément qui s’apitoie&amp;nbsp;» et affaiblissent ainsi sa capacité à endurer dignement les malheurs qu’il peut rencontrer. (XIX) Enfin, preuve définitive de l’effet &lt;em&gt;politique&lt;/em&gt; de l’art, selon Platon&amp;nbsp;: l’œuvre poétique soumet donc l’âme de l’auditeur à «&amp;nbsp;un mauvais régime politique&amp;nbsp;». (Id.) &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;49&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Platon redoutait l’affaiblissement des hommes&amp;nbsp;; s’effraya-t-il, par anticipation,&amp;nbsp;de la manipulation dont ils seraient un jour l’objet, quand l’information et toute la culture seraient entre les mains d’hommes qui «&amp;nbsp;savent y faire&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? L’art au service de la mauvaise politique&amp;nbsp;: imiter des objets qui ne sont pas, reproduire une foule de choses dont la tragédie propose alors une image déformée. Il s’ensuit que les leurres qu’elle produit rencontrent et confortent l’ignorance du spectateur. (XXI) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Mauvaise conscience de l’artiste&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Aristote, lui, maître d’école, a les yeux rivés sur la création. C’est en quoi il aurait davantage «&amp;nbsp;l’âme artiste&amp;nbsp;». Pourvu que les poètes imitent selon son canon (supra), il est prêt à les dédouaner politiquement des effets pervers que leurs œuvres pourraient avoir sur le public.&amp;nbsp;Celui-ci apprendra toujours quelque chose … Ce qu’Aristote ne semble pas vouloir prendre en compte, c’est que l’art est également prestidigitateur, et qu’il puisse y avoir des œuvres «&amp;nbsp;poétiques&amp;nbsp;» &lt;em&gt;politiquement basses et laides.&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;50&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; C’est en ce sens que l’art se rattache moralement à la politique&amp;nbsp;: &lt;em&gt;en tant qu’il consiste en une façon de traiter les hommes &lt;/em&gt;(et je ne parle pas des acteurs&amp;nbsp;!). A moins qu’ils soient tous les deux de la partie, un art parfaitement libéral se heurtera toujours à sa mauvaise conscience&amp;nbsp;: l’éthique politique. Ce serait une offense faite à l’artiste que de l’empêcher de tout dire, de tout montrer (ce qu’il veut)&amp;nbsp;? Ce serait une offense que de vouloir lui faire comprendre que son geste &lt;em&gt;est&lt;/em&gt; politique&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Gernez, rapportant la pensée d’Aristote (axée sur le poète quant à l’œuvre et sur le public quant au bénéfice), nous parle de l’essence [artistique] de la tragédie. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Et l’essence du tragédien &lt;em&gt;politiquement artiste&lt;/em&gt;, alors&amp;nbsp;!? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Oui, celui-ci est aussi un spectateur averti. L’art s’inscrit-il dans un rapport au monde et aux autres&amp;nbsp;? - il sait reconnaître le créateur authentique. Et à quoi le reconnaît-il&amp;nbsp;? A son œuvre ou bien à son geste&amp;nbsp;? Certes, il se peut après tout qu’une œuvre soit géniale et qu’elle ait cependant pour effet de soumettre les spectateurs à «&amp;nbsp;un mauvais régime politique&amp;nbsp;» (de communication). Il se peut même qu’elle ait été inspirée par de mauvaises intentions, qu’elle trahisse un mauvais rapport aux spectateurs – la division du travail fait en ce sens des miracles&amp;nbsp;: les décideurs commandent aux créateurs &lt;em&gt;qui s’en réjouissent en tant qu’artistes&lt;/em&gt; – mais alors QUI va-t-il louer une fois l’œuvre appréciée&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Sûrement pas l’artiste&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;De l’artiste il donne précisément – &lt;em&gt;une mauvaise image. &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Le poète et la tentation&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Si je crée quelque chose par pur «&amp;nbsp;élan artistique&amp;nbsp;» et que, contre toute attente, cela a du succès auprès des «&amp;nbsp;gens&amp;nbsp;», ne vais-je pas être tenté de me remettre à créer avec cette &lt;em&gt;nouvelle&lt;/em&gt; idée en tête&amp;nbsp;: avoir à nouveau du succès&amp;nbsp;? Ainsi mon élan artistique, je le mettrai, la seconde fois, en regard d’un &lt;em&gt;bénéfice&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Si je crée quelque chose pour l’un ou l’autre des motifs invoqués et que, contre toute attente, cela a un autre effet sur les «&amp;nbsp;gens&amp;nbsp;» que celui escompté, ne vais-je pas être tenté, si cet effet est positif, de mentir, de dire que ce fut là mon intention, que je l’avais prémédité&amp;nbsp;? En fut-il ainsi de la tragédie et de son effet &lt;em&gt;cathartique&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? La tragédie ne fut certainement pas l’œuvre d’un pur élan artistique. Elle compile, elle a dû être pensée, en quelque sorte organisée à l’avance dans un but bien précis, et ce – &lt;em&gt;pas nécessairement par un poète.&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;C’est alors le poète en personne (&lt;em&gt;et non ses acteurs&lt;/em&gt;) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Qui serait l’exécutant.&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;51&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Il y eut les archontes, il y a les maisons de disques, les maisons d’édition, les «&amp;nbsp;prescripteurs&amp;nbsp;», la politique culturelle, etc. Ces commanditaires engagent ou font la promotion d’artistes. Ceux-ci imitent.&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;52&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Le public, «&amp;nbsp;auquel tout est destiné&amp;nbsp;», s’identifie alors au personnage, au sentiment feint, à l’idée énoncée, etc. C’est en effet ce qu’on attend de lui. Bref, dans cette chaîne d’individus on a en résumé&amp;nbsp;: des commanditaires (en amont ou en aval), des concepteurs exécutants, lesquels mettent en scène des acteurs exécutants, et en bout de chaîne un public qui s’identifie à ce qu’on lui «&amp;nbsp;offre&amp;nbsp;». &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;53&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Tous jouent le jeu, tous font des «&amp;nbsp;concessions&amp;nbsp;» en regard de leur pureté originelle d’intention. La division du travail facilite grandement la bonne conscience de chacun. Ainsi l’artiste (concepteur ou exécutant) ne voit pas qu’il est impliqué dans un réseau politique, peut-être mauvais, de communication&amp;nbsp;; «&amp;nbsp;Lui, son âme n’est qu’artiste&amp;nbsp;», il ne croit qu’en son art. Il aime son public, etc. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La preuve&amp;nbsp;: la qualité &lt;em&gt;artistique&lt;/em&gt; de son œuvre&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Mais oui, j’appartiens moi aussi au réseau, alors – «&amp;nbsp;Bravo l’artiste&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» (Je m’en voudrais de passer du spectateur critique au censeur&amp;nbsp;! Si le spectacle devait se mesurer à l’aune d’un législateur (Platon&amp;nbsp;?), je prendrais position pour le créateur individuel réfractaire au réseau politique présent.) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Créer (et exposer) est légitime, la «&amp;nbsp;promotion&amp;nbsp;» discutable. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;L’artiste politique &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;C’est bien parce que la tragédie a combiné et «&amp;nbsp;amélioré&amp;nbsp;» la procession et la narration (épique ou autre) qu’elle procède d’une intention. Chacun désormais (dont moi) y va de son interprétation. «&amp;nbsp;Quant à examiner si maintenant la tragédie a atteint ou pas son plein développement dans ses différentes espèces, qu’il faille en juger absolument ou relativement au théâtre, c’est une autre question&amp;nbsp;», écrit Aristote. (15) &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;54&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; En effet, la question est d’ordre politique. Les concours de tragédies (et autres spectacles) étaient-ils seulement des concours artistiques (c’est-à-dire seulement pour le public) ou bien plus profondément (pour les organisateurs) des expériences politiques &lt;em&gt;d’art&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? (supra) Jugeons plutôt&amp;nbsp;: La pitié, la crainte et l’enthousiasme, nous explique Gernez, sont susceptibles d’excès. Ces passions suscitées par certaines mélodies qui mettent l’âme hors d’elle, sont ramenées à de plus justes proportions par d’autres mélodies, des mélodies – sacrées. Comme si les patients avaient pris un remède et subi une purification (118) Après leur avoir fait subir ce traitement, ils ressentent un soulagement accompagné de plaisir. (Id.) La catharsis ainsi décrite est bien de la politique … de santé publique. S’il est vrai que la tragédie grecque ne vécut, en tant que telle, que cent cinquante ans, est-ce en raison d’un manque soudain d’inspiration chez les poètes ou bien parce que son effet politique ne fut pas suffisamment probant&amp;nbsp;? &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Un inter-dire à vivre&amp;nbsp;! &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Donner aux autres à &lt;em&gt;réfléchir&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;55&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; ou créer «&amp;nbsp;pour eux&amp;nbsp;» quelque œuvre d’art à &lt;em&gt;contempler&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: le verbe, l’action de &lt;em&gt;dire&lt;/em&gt; aux hommes est commune. Mais pour certains d’entre nous, «&amp;nbsp;spectateurs&amp;nbsp;», qui aspirons au réel et non à être &lt;em&gt;transportés&lt;/em&gt;, c’est là deux drôles de dire, car quitte à dire aux autres, et plutôt que de distraire ou de féconder leurs &lt;em&gt;sécessionnistes&lt;/em&gt;* esprits en créant un «&amp;nbsp;évènement culturel&amp;nbsp;», pourquoi ne pas leur proposer de vivre un &lt;em&gt;véritable&lt;/em&gt; évènement, un évènement de tous les instants, un qui soit véritablement réel ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Jouer à nouveau ensemble&amp;nbsp;comme des enfants ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Pourquoi dire en effet un ailleurs (notre penser la vérité, notre savoir et nos imaginaires), plutôt que notre &lt;em&gt;jeu commun&lt;/em&gt; dans un autre scénario possible – sinon en raison de quelque obscure complaisance, à moins que ce ne soit que par simple et naïve habitude&amp;nbsp;? Le meilleur de la tragédie&amp;nbsp;nous propose quelque évènement à la réflexion&amp;nbsp;? Soit. Le théâtre et l’art culturel en général&amp;nbsp;nous proposent quelque création fugitive à croire (ou à boire)&amp;nbsp;? Soit. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;em&gt;Mais alors&lt;/em&gt; la politique&amp;nbsp;consiste à communiquer autrement. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;S’il est vrai en effet que la pensée* et notre réflexion même tendent, depuis leur origine, à faire sécession&amp;nbsp;; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;56&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; s’il est vrai que l’art quant à lui se complaît toujours plus à la diversion&amp;nbsp;(dans les deux sens du mot &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;57&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;), alors l’un et l’autre traduisent &lt;em&gt;déjà&lt;/em&gt; une politique dans nos relations mêmes. Point n’est besoin de consulter les traités politiques ou d’analyser nos institutions pour constater que la politique est en premier lieu là, dans les types de communication &lt;em&gt;en&lt;/em&gt; &lt;em&gt;faveur&lt;/em&gt;&amp;nbsp;parmi nous tous : on se raconte &lt;em&gt;de préférence&lt;/em&gt; des histoires (des pensées, du savoir, de la beauté, de l’avenir, des plaisirs, de la distraction, des avantages surtout).&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;58&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Dans ces conditions, l’évènement politique &lt;em&gt;que nous pourrions jouer ensemble&lt;/em&gt; ne peut pas être dit dans une œuvre d’art &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;59&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ou un discours politique. Ceux qui nous invitent à «&amp;nbsp;participer&amp;nbsp;» nous invitent à signer au parti ou à contempler une œuvre &amp;nbsp;– tu parles&amp;nbsp;! &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;60&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Dès lors l’évènement politique ne peut plus être que dans un comportement «&amp;nbsp;de base&amp;nbsp;» nouveau, préparatoire&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’art contre l’inter-dire actuel&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;*&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;(On a vu l’importance du style dans les différents dires grecs de l’Antiquité. Chacun était approprié à sa fonction ou sa vocation. J’aurais voulu, comme un Grec ancien, écrire tout ça sous forme de poème. Des rimes poétiques – pour faire joli ? Pour séduire, oui, certainement, mais BEL et BIEN pour me démarquer ainsi de tout discours. Imaginez un instant qu’un recueil comme «&amp;nbsp;Amorce&amp;nbsp;» &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;61&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; fut écrit bien avant l’usage romantique de la poésie – et vous aurez une idée de la dérive du dire «&amp;nbsp;poétique&amp;nbsp;» du temps des Grecs.) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;L’éthique n’est pas l’objet d’un discours &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Quels sont les différents types de créativité ? Aristote écrit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Les auteurs graves imiteront les belles actions, c’est-à-dire celles de leurs semblables&amp;nbsp;; ceux qui sont plus communs celle des hommes bas, en composant d’abord des blâmes pendant que les autres composeront des hymnes et des éloges.&amp;nbsp;» (13, déjà cité) Comment lire aujourd’hui ce propos sans céder aussitôt à la tentation d’ajouter : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;A bon entendeur, salut&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Que peut être pour tous une éthique en matière de communication&amp;nbsp;? &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;62&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Un certain geste dans l’art&amp;nbsp;de &lt;em&gt;dire&lt;/em&gt; ? Si elle consiste en tel ou tel type de dire plutôt que tel ou tel autre, alors elle ne peut être l’objet d’un discours traditionnel en bonne et due forme, &lt;em&gt;théorique&lt;/em&gt;. Le discours approprié sera en effet moins un contenu qu’un geste d’exemple, application de règles (non formulées&amp;nbsp;?) d’un &lt;em&gt;comportement&lt;/em&gt;. A défaut de pouvoir espérer que l’institutionnelle promotion économique de certains gestes (d’œuvres) discutables cesse (supra), je me risque à croire individuellement qu’une certaine conscience éthique peut inspirer autrement l’art. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Il y a un effet politique de l’art&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Peut-être existe-t-il une source&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;D’un dire à l’autre&amp;nbsp;: &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le geste compris, on comprend alors selon le geste. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;63&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tu as cru devoir souscrire personnellement – et être en droit de l’imposer à tous &lt;em&gt;puisque&lt;/em&gt; toi-même te l’imposes – un savoir, un cursus, une formation solide, etc., avant de pouvoir parler ou montrer aux autres&amp;nbsp;; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;64&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Je pense qu’il n’y a pas nécessairement un discours à faire aussitôt qu’on «&amp;nbsp;ouvre la bouche&amp;nbsp;». (métaphoriquement parlant) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tu crois que &lt;em&gt;savoir&lt;/em&gt; est la preuve que la réalité s’impose (à toi &lt;em&gt;comme aux autres&lt;/em&gt;)&amp;nbsp;; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Je &lt;em&gt;sais&lt;/em&gt; toute la variété de gestes possibles qui l’accompagnent. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tu crois devoir dire noir sur blanc ce que tu as à dire&amp;nbsp;;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;65 &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Je pense qu’il me faut dire les choses au détour d’une occasion&amp;nbsp;: un alinéa, une réaction, une rencontre, un échange. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tu t’attaches d’emblée aux plus grands, aux officiels, aux plus reconnus&amp;nbsp;des hommes ; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Je suis mon inspiration et mes propres rencontres. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tu fais tout pour réussir, c’est-à-dire auprès des autres&amp;nbsp;; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Je fais tout pour réussir, c’est-à-dire à rendre au mieux présent (quoi, c’est l’affaire de chacun). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tu travailles à informer les autres hommes&amp;nbsp;; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Je travaille à taire ce que tous font. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tu uses à fond de ta liberté d’expression&amp;nbsp;; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Je retiens ce dont le monde n’a rien à faire (mon moi provocant, ma colère et mon indignation, notamment). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tu vérifies à tout moment tes sources et ton propos&amp;nbsp;; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Je lance avec risque, parfois expérimente&amp;nbsp;; à charge du récepteur de se tenir sur ses gardes. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tu mises tout sur la seule œuvre&amp;nbsp;; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Je veux &lt;em&gt;te&lt;/em&gt; voir&lt;em&gt; à&lt;/em&gt; l’œuvre. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Tu produits &lt;em&gt;des&lt;/em&gt; oeuvres, installé dans un statut social, un crédit, &lt;em&gt;ce&lt;/em&gt; rapport-&lt;em&gt;là&lt;/em&gt;, gratifiant et même confortable, aux autres hommes&amp;nbsp;; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Je … – Mais j’arrête là, je ne veux pas tout écrire d’un coup, noir sur blanc. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;66&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;_________________________________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Annexe&lt;/strong&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Un résumé&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Intrigue de la tragédie&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Un nouement et un dénouement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Bonheur et malheur de protagonistes (et des spectateurs&amp;nbsp;aussi&amp;nbsp;?)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Imite les hommes meilleurs que nous sur la base d’une histoire véridique. (des faits historique)s&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Se borne à n’imiter (susciter) que deux sentiments&amp;nbsp;: crainte et pitié. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Préfère les actes qui parlent tout seul à la rhétorique (peu de raisonnements ou de reconnaissances arrangées)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Embellit le caractère de ceux qui commettent de mauvaises actions&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Le chœur est un acteur à part entière (Dans le théâtre de Sophocle, le chœur peut encore – par l’intermédiaire du chef de chœur, le coryphée – intervenir dans l’action en dialoguant avec les personnages. Dans les dernières pièces d’Euripide, le chœur n’a plus d’influence sur l’action. (Gernez 72)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le spectacle à l’aune du législateur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le spectacle à l’aune du spectateur modèle&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Nourris-moi, transporte-moi, comble-moi …&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Du vraisemblable … &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Une éthique&amp;nbsp;de / par l’esthétique&amp;nbsp;? (19ème siècle), une esthétique du détachement&amp;nbsp;?* Non, bien plutôt une éthique par le dire-être créatif et la communication afférente&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Le salut des masses par l’art&amp;nbsp;? Foutaise. Médias fripouilles, arts «&amp;nbsp;culturels&amp;nbsp;», mise en scène de la mondanité utile. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- Le philosophe-artiste&amp;nbsp;? Le grand homme «&amp;nbsp;rayon dire-être&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Mais sert-il de modèle&amp;nbsp;aux autres hommes ? Quelle éthique pour les hommes ni philosophes ni artistes&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;---&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;_________________&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;1. Evidemment, chacun est aussi son propre artiste dans sa vie de tous les jours quand il s’agit pour lui de (choisir de) croire ceci plutôt que cela, parfois en dépit de la réalité ou même du bon sens.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;2. La scène de la mise en scène se situe quant à elle à mi-chemin du réel et de l’espace de nos pensées. C’est là son privilège et son intérêt. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;3. Où il s’agit pour nous de jouer pleinement et sans réserve le jeu de croire à la transposition.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;4. Aristote, Poétique, introduction et annexes de Barbara Gernez, les Belles lettres, 2002. (Ouvrage confronté ici, auquel s’appliquent les mêmes remarques et réserves que précédemment&amp;nbsp;: même témérité de ma part, même insolente liberté, mêmes occasion et risques pris, mais aussi même recherche d’un nouveau dire. (Même Kairos encore)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;5. Barbara Gernez écrit en introduction, «&amp;nbsp;Dans la Poétique, Aristote considère que les ‘’mythes’’ issus de la tradition ont ceci de fécond qu’ils fournissent au poète le matériau d’une création toujours renouvelée&amp;nbsp;». (VII) Mais pourquoi ces guillemets&amp;nbsp;? Et pourquoi le mot «&amp;nbsp;mythos&amp;nbsp;», dès les premiers mots du texte d’Aristote, traduit par «&amp;nbsp;intrigue&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Ne se peut-il que la poésie à laquelle Aristote songe ici soit dans son esprit la continuité des mythes suivant les moyens de son époque&amp;nbsp;? Il serait alors sous-entendu que le poète a toujours cette fonction sacrée, bien que les hommes soient moins dupes de la réalité des dieux&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;6. Se peut-il que la philosophie soit telle&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;7. Cela pourrait expliquer le terme «&amp;nbsp;épopée&amp;nbsp;» que Gernez supprime dans le passage cité, et remplace par «&amp;nbsp;discours&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;8. Un même mot&amp;nbsp;: l’enfant qui joue, l’acteur joue.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;9. C’est cette vertu de croire ensemble de façon homogène qui sera rompue par l’autre façon de jouer, celle de l’adulte … (cf. Ce qui change avec l’acteur) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;10. Socrate prétendit à l’inverse qu’un auteur de comédie pouvait tout à fait écrire des tragédies et inversement. (Dictionnaire de l’Antiquité) Le lien moral du créateur à sa créature ne serait-il donc pas si naturel que le sous-entend ici Aristote&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;11. De créer des personnages, comme dans notre enfance, mais auxquels cette fois on ne s’identifie plus. Et pour cause&amp;nbsp;: ils sont créés pour être montrés aux autres. A eux de s’identifier aux personnages qu’on leur présente. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;12. Aristote ne vise pas les seuls acteurs puisqu’il mentionne juste après les peintres. Mais donc il ne les distingue pas comme je le fais dans ce paragraphe. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;13. Comme le dit Gernez, (14) dans ses livres Homère fait en effet parler et agir ses personnages en leurs noms propres. Mais ces personnages ne sont pas joués par des hommes&amp;nbsp;; il n’y a donc pas de «&amp;nbsp;problème de l’acteur&amp;nbsp;» (Nietzsche) en tant que des hommes sont capables de feindre pour seulement faire croire à d’autres. (Ils ne croient pas un mot de ce qu’ils disent, dirait l’enfant, ils ne jouent pas avec nous) Homère ne les fait parler et agir en leurs noms propres que pour donner davantage vie à sa narration. Arguer contre le problème soulevé que les acteurs sur scène n’ont pas d’importance, qu’ils n’ont de valeur qu’en tant que «&amp;nbsp;personnages du roman&amp;nbsp;» (ou de la reconstitution dans le cas d’un récit&amp;nbsp;; du reste, ils portent tous des masques), c’est reconnaître de fait que des hommes sont utilisés, ravalés à n’être que des mots dans la bouche d’un metteur en scène, et servis à d’autres qui ne voient pas ce qui a changé depuis la narration (rapport, invention ou témoignage) – et la procession&amp;nbsp;! Que ces mots tirés par des ficelles concentrent de nos jours sur leurs personnes toute la gloire qu’on sait (cinéma), voilà ce qui, pour un Grec, aurait fait scandale – et grand problème. Sur les différences entre ceux qui créent et ceux qui ne sont là que pour servir, à l’époque les choses au moins étaient claires. (Il est vrai que les acteurs recevaient des récompenses pour leur prestation. Gernez, page 50 – mais étaient-ils des nobles ou des esclaves&amp;nbsp;?)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;14. Aristote dit plus loin&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J’appelle ‘’expression’’ l’assemblage même des mètres.&amp;nbsp;» (23) C’est sûrement très poétique, mais alors seulement dans l’effet …&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;15. La condamnation de Platon rode.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;16. Je fus longtemps surpris du caractère insensé de nombre de nos textes publicitaires&amp;nbsp;: quasiment tous ne veulent rien dire&amp;nbsp;! Je sais maintenant que ce sont là des mots qui cherchent, non plus à faire sens en tant que mots, mais à proprement parler&amp;nbsp;: à faire image. Dernier en date «&amp;nbsp;OUI aux pneus moins chers&amp;nbsp;! ». Tout s’éclaire, à mon sens, quand on voit l’image que ces mots «&amp;nbsp;signifient&amp;nbsp;». Si c’est là l’objet d’une condamnation possible, c’est à coup sûr en raison du mélange des genres et de la mise en scène du lecteur même. Adieu belle narration&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;17. Même l’hymne se retrouve dans le chœur tragique. (L’hymne d’Homère à une jarre de vin est déjà une amusante parodie. (D.A. 521))&lt;br /&gt;18. En outre, comme il est dit plus haut, si la tragédie est née du dithyrambe et le dépasse en valeur (comme elle dépasse en valeur la discipline histoire), pourquoi celui-ci demeure-t-il aux côtés de la tragédie dans le concours&amp;nbsp;? Peut-être pour (dé-)montrer que la tragédie le dépasse&amp;nbsp;? Une absence remarquable dans cette grande manifestation&amp;nbsp;: l’épopée&amp;nbsp;? Bref, imagine-t-on aujourd’hui un concours de célébrations religieuses, (la messe catholique aux autres manifestations de célébration du culte) mettant en concurrence les diverses confessions et les livrant au jugement d’un jury composé de spectateurs&amp;nbsp;en partie à moitié ivres ?&amp;nbsp;;-)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;19. A-t-on relevé un style propre au sophisme&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;20. Le même mètre employé précédemment dans les formes de quolibets et autres genres satyriques&amp;nbsp;? Gernez relève nombre de problèmes d’expression et de traduction. Il faut donc se faire une idée. Voir aussi le satyrikon, genre dramatique (dran = action ), une pièce où le chœur est constitué de satyres, qui s’est développé et fixé parallèlement à la tragédie. (Gernez, 17)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;21. Dans le désordre&amp;nbsp;: hymnes, chants phalliques, dithyrambe, satyrikon, tragédie, comédie.&lt;br /&gt;22. Langage qui comporte rythme, mélodie et chant.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;23. Certaines parties de la tragédie sont exécutées en mètre tandis que d’autres le sont à l’aide du chant. L’épopée s’apparente à la tragédie en tant qu’elle est également une imitation d’hommes nobles, mais elle en diffère en ceci qu’elle utilise uniformément le même mètre (et qu’elle est un récit, et que l’action dramatique y est plus longue). (19) Bref, la tragédie regroupe en son sein plusieurs styles (mètres), comme il fut dit plus haut.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;24. Il y a tout de même un prologos pour «&amp;nbsp;situer&amp;nbsp;» l’action. Une forme de récit liminaire pour présenter la situation&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;25. On serait alors dans une concurrence entre genres poétiques, et non seulement au sein d’un même genre. Hélas, cela ne semble pas attesté. Mais restent les questions posées (et voir aussi «&amp;nbsp;Le poète et la tentation&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;L’artiste politique&amp;nbsp;», infra). Bref, la composition de véritables intrigues pour la comédie vint d’Epicharme et de Phornis. Parmi les Athéniens, c’est Cratès qui, abandonnant la forme iambique,  commença à traiter de sujets de portée générale, à composer des intrigues. (19) La philosophie allait-elle se fixer pour tâche de redonner forme nouvelle au sérieux&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;26. Chez Nietzsche c’est le dégoût et la pitié qui font la paire. Et c’est ainsi qu’«&amp;nbsp;Incipit Zarathoustra&amp;nbsp;», sa tragédie&amp;nbsp;? Mais il prôna le rire final, alors on rit de lui. On traverse &lt;em&gt;avec lui&lt;/em&gt; le sérieux de la vie, accompagné du mendiant, du roi, du plus laid des hommes, etc. De toute la troupe, quoi&amp;nbsp;! Qui croirait que le salut n’est que dans l’esthétique&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;27. Sans doute est-ce la raison pour laquelle les acteurs portent des masques.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;28. La péripétie est le changement en leur contraire des actions accomplies et ce, selon le vraisemblable ou le nécessaire&amp;nbsp;; (41) la reconnaissance est, comme le nom même l’indique, le passage de l’ignorance à la connaissance, et le passage soit à l’alliance, soit à l’inimitié, de ceux dont la position par rapport au bonheur ou au malheur a été clairement déterminée. (id.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;29. Le nécessaire ou le vraisemblable a dit plus haut Aristote.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;30. La Rhétorique étudie, sous le registre de la pensée, les trois moyens dont dispose l’orateur pour persuader son auditoire&amp;nbsp;: la démonstration, l’appel aux émotions et la présentation de son propre caractère. (Gernez, 73) Et point encore le conditionnement a priori&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;31. Disons celle d’Eschyle à ses débuts, encore pure.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;32. Politique en tant qu’il est «&amp;nbsp;aussi aux hommes&amp;nbsp;» (voir fonds). (Et si l’on organisait un grand concours de dire-être&amp;nbsp;!)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;33. Cf. «&amp;nbsp;Ce qui change avec l’acteur adulte&amp;nbsp;». (supra)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;34. La psychologie des personnages est peut-être apparue chez des gens bornés n’ayant pas compris le sens du spectacle de l’Action et du discours sur l’Idée. Eschyle annoncerait Platon, mais la psychologie n’apparaîtrait qu’avec Euripide, voire Sophocle,&amp;nbsp;et le spectacle de la rhétorique ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;35. La reconnaissance est, comme le nom même l’indique, le passage de l’ignorance à la connaissance, et le passage soit à l’alliance, soit à l’inimitié, de ceux dont la position par rapport au bonheur ou au malheur a été clairement déterminée. (déjà cité)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;36. «&amp;nbsp;Quant au spectacle, bien qu’il soit séduisant, il est en dehors de l’art et c’est le moins nécessaire à l’art poétique.&amp;nbsp;», écrit-il.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;37. De nos jours, les artistes usent à l’ordinaire d’un fonds commun – «&amp;nbsp;le public&amp;nbsp;» – mais l’expérience artistique de certains semble consister à voir jusqu’où les hommes peuvent croire n’importe quoi. Le rôle des «&amp;nbsp;prescripteurs&amp;nbsp;» comme dit Onfray semble montrer que le public est aussi leur œuvre … &lt;br /&gt;38. «&amp;nbsp;Le possible&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: Les conditions «&amp;nbsp;matérielles&amp;nbsp;» du spectacle, notamment sa durée&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;… étant donné qu’ils composent des pièces de concours et qu’ils font traîner l’intrigue en longueur en dépassant les limites du possible …&amp;nbsp;» (à propos des mauvais poètes ou des mauvais acteurs). &lt;br /&gt;39. Et si j’énonce le possible à partir d’un texte&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;40. «&amp;nbsp;Voyons donc parmi les évènements lesquels paraissent terribles et lesquels sont pitoyables&amp;nbsp;» (51)&lt;br /&gt;41. Mais sûrement avait-il, comme aujourd’hui, un ton. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;42. Redite (supra). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;43. Auxquels la tragédie aurait ajouté des dialogues et du sens moral&amp;nbsp;? (et non plus seulement religieux)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;44. Boutade&amp;nbsp;: Qu’on juge de la différence ici soulignée, si on est homme, entre entendre dire qu’une femme est belle (information), et voir passer une belle femme. Dans ce second cas, un homme est bien plus qu’informé par ce qu’il voit …&amp;nbsp; Mais bon, avec l’âge on apprend, fort heureusement, à descendre très vite de la scène. ;-) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;45. Le cinéma, c’est le spectacle dont l’&amp;nbsp;«&amp;nbsp;infrastructure&amp;nbsp;» (pour ne pas dire conditionnement)&amp;nbsp;est composée de la grande salle, du grand écran, de la foule, du noir et du silence complets, des fauteuils trop confortables … La télévision, bien plus modeste sous ce rapport, envie cette puissance d’envoûtement et use elle aussi de certains appareillages (son d’apparat, générique de grand messe, etc.) mais c’est juste pour attirer le chaland. Le rappel fait, elle raconte plus sobrement ce qu’elle a à dire, car elle se doit en même temps (qu’elle met en scène – tout de même) de garder la distance si elle veut pouvoir prétendre qu’elle informe. (Elle met pour beaucoup en scène, mais si c’est sans le dire, on continue de croire, comme elle, qu’elle nous informe). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;46. Les pages en chiffres romains ou après la 117 sont tirés de l’introduction ou des annexes écrites par Barbara Gernez.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;47. Façon de dire qu’il ne dit que ça, qu’il semble lui-même assuré que la boucle est ainsi bouclée. &lt;br /&gt;48. Le geste authentique ne fait pas la promotion individualiste du «&amp;nbsp;moi&amp;nbsp;». Croira-t-on que moi par exemple, je supplée ici, dans ce texte, à mon manque de connaissance par l’imagination et la spéculation&amp;nbsp;? Sans doute, en effet, mais à proportion de mon dire-être&amp;nbsp;: j’use juste assez de moi pour dire-être, et des connaissances acquises pas à pas pour ne pas verser dans le seul (dire) savoir. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;49. Et même prouverait-on, comme aujourd’hui à propos de la violence au cinéma, de la pornographie ou de certains jeux vidéos, que leurs effets ne sont pas si dévastateurs, reste, indépendamment même de l’intention du créateur, la politique d’une pareille communication. &lt;br /&gt;50.&amp;nbsp;Ce n’est donc pas l’intention de tromper de l’homme ou la qualité de l’œuvre qui sont visés ici (on a vu le plaisir de croire, et donc d’être trompé), &lt;em&gt;mais la caution donnée par l’institution culturelle au geste politique de pareils spectacles. &lt;br /&gt;&lt;/em&gt;51. Il n’est donc pas exclu que les différents genres poétiques aient été mis en concurrence (supra). &lt;br /&gt;52. Ils sont censés imiter par exemple une action (théâtre), une émotion (chanson), une idée (art abstrait), un concept (philoqophie), etc., mais on ne les oblige pas à vivre pour de vrai ce qu’ils exécutent, il suffit qu’ils jouent bien. De fait beaucoup n’imitent rien, par exemple les «&amp;nbsp;paroles&amp;nbsp;» des chansons de variété. &lt;br /&gt;53. A moins que partout désormais comme à la télé, les spectateurs ne soient pas des spectateurs mais des clients que les entreprises et les médias s’échangent continuellement. &lt;br /&gt;54. «&amp;nbsp;Absolument ou relativement au théâtre&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: dans le cas où elle est jugée «&amp;nbsp;absolument&amp;nbsp;», elle ne l’est donc pas relativement au théâtre. Mais alors la tragédie peut être jugée sans le théâtre. C’est en effet ce que dit Aristote. Mais qu’est la tragédie sans le théâtre&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;55. Ou à «&amp;nbsp;savoir&amp;nbsp;», grand classique de la propagande pour un certain ego et une certaine communication.* &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;56. C’est là un euphémisme. Il suffit de voir le contrat tacite passé aujourd’hui entre la philosophie ou la science, l’art et l’action politique&amp;nbsp;: on ne s’y mêle que très rarement de l’autre. &lt;br /&gt;57. Nos évènements culturels ne nous poussent pas à créer mais à suivre. Sans parler de l’art détourné ou corrompu, de l’art au service de la manipulation collective des hommes. (Et personne s’en insurge&amp;nbsp;?) &lt;br /&gt;58. Notre institutionnelle «&amp;nbsp;liberté d’expression&amp;nbsp;» a consacré deux pratiques de dire (indiscutables)&amp;nbsp;auxquels sont accordés tous les droits : la publicité et l’art … - si cela fait de nos jours une différence d’intention et de style. &lt;br /&gt;59. Sinon, bien sûr, à l’échelle individuelle, par exemple au titre politique de dire-être au monde et aux hommes. *&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;60. Rien de plus idiot que notre «&amp;nbsp;participation&amp;nbsp;au jeu collectif&amp;nbsp;» (par exemple solidarité économique ou contemplation devant l’œuvre – et de l’artiste) quand elle est à ce point différente de la participation même des hommes ou des institutions qui l’ont instaurée et tirent les ficelles. Nous sommes des acteurs sociaux, oui, mais mis en scène. En tant que tels, notre «&amp;nbsp;expression&amp;nbsp;» rend ce qui lui est – commandé. (supra) Tout est donc déjà faussé avant même que le rideau se lève. Dans ces conditions bien sûr, un imposteur (et faux-monnayeur) se distingue d’un authentique au fait que lui seul a «&amp;nbsp;un public d’avance&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;toutes ses chances&amp;nbsp;». &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;61. Première tentative de publication de pensées mises en rimes. J’ai tenté ensuite mes «&amp;nbsp;dialogues socratiques&amp;nbsp;» pendant un an sur un blog («&amp;nbsp;S’entredire&amp;nbsp;»). Et pour finir, je prends mes aises, j’étale. Mais c’est plutôt agréable. Ce parcours similaire à celui de Platon (toute proportion gardée, évidemment&amp;nbsp;!) est étrange. Mais je ne compte pas finir, moi, par quelque «&amp;nbsp;Lois&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;République&amp;nbsp;»&amp;nbsp;! (Un style, plus sûrement&amp;nbsp;!)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;62. Et donc toute éthique «&amp;nbsp;spécialisée&amp;nbsp;» si notre paradigme relationnel tout entier dépend du type de communication en place. Mais l’expression «&amp;nbsp;éthique de la communication&amp;nbsp;» est alors redondante. L’éthique a pour objet – la communication. &lt;br /&gt;63. A discours parfaitement identiques mais gestes différents, on comprend quand même différemment ce qui est dit. Le geste théorique par exemple est tellement ancré en nous qu’on ne le remarque même plus. Même rapport «&amp;nbsp;inné&amp;nbsp;» au spectacle tellement peu on l’interroge aujourd’hui. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;64. On t’a appris que «&amp;nbsp;s’exprimer&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;dire aux autres&amp;nbsp;» c’est la même chose. Tu prépares donc, en toute chose relative aux autres, un discours (ou assimilé par la justification) en bonne et due forme. (Et donc ton cursus et ta formation ne sont pas seulement là pour garantir la qualité de l’expression et de l’exprimé) Il ne te vient surtout pas à l’idée qu’on peut avoir parfois à sacrifier un tant soit peu la compréhension d’autrui au profit d’un devoir dire d’une autre façon. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;65. Et n’oublie pas la consigne : «&amp;nbsp;Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement&amp;nbsp;». A quoi j’oppose&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ce qui se conçoit bien circule seulement clairement – avec toutes ses conséquences »&amp;nbsp;; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: xx-small;"&gt;66. Voyez aussi sur «&amp;nbsp;S’entredire&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9058756189919666078-3538251894469118226?l=bras-de-mer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/feeds/3538251894469118226/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2010/01/dun-dire-lautre-la-distance-assassinee.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/3538251894469118226'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/3538251894469118226'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2010/01/dun-dire-lautre-la-distance-assassinee.html' title='D’un dire à l’autre, la distance assassinée'/><author><name>varna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02779632710530652914</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9058756189919666078.post-8150726505831274792</id><published>2010-01-19T13:26:00.000-08:00</published><updated>2010-01-20T01:39:01.180-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Faux psychologisme'/><title type='text'>Qui dit l’être dit l’énigme</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;(Août 09 – 3 pages – modifié&amp;nbsp;: Octobre)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Qui dit (l’)&lt;em&gt;être&lt;/em&gt; dit l’énigme&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Je pense, donc tout est cognoscible&amp;nbsp;? »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif; font-size: x-small;"&gt;Je fais ici une parenthèse au «&amp;nbsp;bras de mer&amp;nbsp;». Pas de confrontation à tel texte ou auteur, mais une mini synthèse de quelques mots-clefs qui animent ma pensée. Pas de communication choisie, non plus&amp;nbsp;: j’ai voulu mettre les choses à plat et tenter une articulation logique. J’essaierai peut-être un jour une allégorie, plus avenante.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;-*-&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;Entre la pensée «&amp;nbsp;je suis&amp;nbsp;» et la croyance que &lt;em&gt;tout est cognoscible&lt;/em&gt;, un pas a été franchi et officialisé depuis longtemps parmi nous. Je le remets ici en question. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Un cheminement de pensée :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp;Je suis donc tout dit&amp;nbsp;» est la contraction de&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;« Je suis donc je dis,&amp;nbsp;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;1&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Je dis donc tout dit, &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;2&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Je suis donc tout dit&amp;nbsp;». &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;3&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;C’est là ce que je pense, et l’on voit peut-être &lt;em&gt;où&lt;/em&gt; je m’arrête. (Là où d’autres hommes &lt;em&gt;en étaient&lt;/em&gt;, sans doute, il y a bien longtemps)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;Mais les hommes ont donné à «&amp;nbsp;la pensée&amp;nbsp;» un statut tel que chacun de nous peut dire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je suis, donc tout me dit&amp;nbsp;». C’est là, à ce qu’il me semble, la contraction de&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;«&amp;nbsp;Je suis donc je dis, &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Je dis donc tout dit, &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Je suis, je dis, donc tout &lt;em&gt;me&lt;/em&gt; dit&amp;nbsp;». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;Cela fait une différence. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;4&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Ma proposition contractée&amp;nbsp;:&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp;Qui dit ‘‘présent’’&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;5&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; dit – &lt;em&gt;en relation&lt;/em&gt;. Qui dit ‘‘indissolublement en relation’’ dit – &lt;em&gt;est&lt;/em&gt; relation. Qui dit ‘‘est relation’’ dit – &lt;em&gt;fait exister&lt;/em&gt;. Qui dit ‘‘fait exister’’ dit – &lt;em&gt;croit&lt;/em&gt;. Qui dit ‘‘croit’’ dit – Existants («&amp;nbsp;en face&amp;nbsp;»). Qui dit ‘‘Existants’’ dit – communication (d’un être à l’autre). Qui dit ‘‘communication’’ dit – faire-croire. Qui dit ‘‘faire-croire’’ dit – savoir-croire.&amp;nbsp;». (Et plus loin&amp;nbsp;: qui dit ‘‘savoir-croire et communication’’ dit – inter-dire. ) &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;Je dis ce qu’il me semble. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Ce que j’en dis&amp;nbsp;:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;1) Tout ce qui est est &lt;em&gt;&lt;strong&gt;présent&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;2) Tout ce qui est est &lt;em&gt;&lt;strong&gt;en relation&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. Si cette relation est indissoluble, &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;6&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; je ne peux dire «&amp;nbsp;il y a&amp;nbsp;» relation mais&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;tout ce qui est est &lt;strong&gt;relation&lt;/strong&gt;.&amp;nbsp;» &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;3) Si je cherche une continuité de la matière inerte à la vie, &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;7&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; elle réside à coup sûr dans cette formelle relation. A un «&amp;nbsp;certain stade&amp;nbsp;», dirais-je, la matière est douée de certaines «&amp;nbsp;propriétés&amp;nbsp;» supérieures. Elle est plus «&amp;nbsp;riche&amp;nbsp;» en Existants de toutes sortes. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;8&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Ceux-ci se font en nombre toujours plus grand, s’empilent en quelque sorte – et finissent par élire un Existant parmi eux&amp;nbsp;: un «&amp;nbsp;centre&amp;nbsp;», un «&amp;nbsp;roi&amp;nbsp;», un «&amp;nbsp;moi&amp;nbsp;». Alors ils s’organisent autrement&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;C’est de la vie. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;9&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;4) Dans la mesure où à la fois les propriétés de la matière inerte et ce qui existe pour tel ou tel être vivant sont tous deux, chez l’un et l’autre, une façon de &lt;strong&gt;&lt;em&gt;faire&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;exister&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, je dois pouvoir nommer cette relation – du point de vue de la substance de l’un ou de l’autre&amp;nbsp;: &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;10&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; – &lt;em&gt;&lt;strong&gt;croire&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Croire, c’est faire exister. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;5) Tout ce qui est croit en des &lt;strong&gt;Existants&lt;/strong&gt; qui le déterminent et – le définissent. Ils le «&amp;nbsp;signent&amp;nbsp;». Ensemble ils sont l’être dont je parle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;«&amp;nbsp;Laisse-moi découvrir tes propriétés de toutes sortes &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Et dis moi encore tout ce que tu crois, &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Je te dirai qui tu es.&amp;nbsp;» &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;11&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;6) Par suite, la relation se précise. Relations aux autres êtres&amp;nbsp;; chez les plus riches, par le biais d’une &lt;strong&gt;communication&lt;/strong&gt;. Communication qui consiste à &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;12&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;faire&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;croire&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (à d’autres êtres) en son objet (voire à / en son auteur). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;7) Mais l’ensemble de la communication aux deux échelles, individuelle et collective, pour peu qu’elle nous apparaît à son tour comme un Existant en tant que tel (par exemple dans la perspective d’un panthéisme ou d’une sociologie), semble échapper à chacune des communications particulières (dont celle faite à soi-même&amp;nbsp;: réflexion, représentation). Elle semble procéder d’une cause (d’un fonctionnement, tout du moins) plus large que la conscience du sujet individuel ou de la somme de celles que l’on pouvait croire la composer. Un &lt;em&gt;&lt;strong&gt;savoir-croire&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; est manifestement à l’œuvre qui, par-delà les plus riches des êtres, même, se joue «&amp;nbsp;au besoin&amp;nbsp;» de leurs consciences et les guide. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;13&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;«&amp;nbsp;Ou bien tout pense, ou bien l’homme ne pense pas.&amp;nbsp;» &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;14&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Début de l’énigme &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;Début de l’énigme de l’être sans savoir (et même sans penser), doté simplement de savoir-faire, d’un savoir-faire qui se passe volontiers de conscience de soi et qui, dans le cas de «&amp;nbsp;l’homme&amp;nbsp;», sait encore y faire. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;15&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;-*-&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;Pour le dire autrement : &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;- &lt;em&gt;Croire&lt;/em&gt; est le mouvement qui porte tout être-au-monde (ou présence) vers des Existants, &lt;em&gt;SES&lt;/em&gt; Existants. &lt;em&gt;Croire&lt;/em&gt; est le mouvement de la &lt;em&gt;relation&lt;/em&gt; qui définit l'être, toute présence. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;- &lt;em&gt;Faire-croire&lt;/em&gt; est le signe de toute présence, le signe qu'elle est présence pour (selon) quelque autre être-au-monde, c'est-à-dire qu'elle Existe. &lt;em&gt;Faire-croire&lt;/em&gt; est la communication de tout dire-être. Son acte de présence. (l'être acteur)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;- &lt;em&gt;Dire-être&lt;/em&gt; c'est dire par sa présence (parce qu'on est), c'est le dire même de chaque présence &lt;em&gt;en tant que telle&lt;/em&gt; : son croire et son faire-croire mêlés. La conscience de &lt;em&gt;soi&lt;/em&gt; dont se vante l'homme arrive plus tard, trop tard pour n'être pas que le bras armé d'un inter-dire : elle confond en effet dire-être &lt;em&gt;au monde&lt;/em&gt; et son droit d'expression au sein d'un espace intersubjectif humain créé de toutes pièces (mondain), &lt;em&gt;l'inter-dire&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;- &lt;em&gt;Savoir-croire&lt;/em&gt; est le nom donné à l'hypothèse d'un &lt;em&gt;savoir-faire&lt;/em&gt;, inhérent à toute présence, en matière de croire et de faire-croire. C'est-à-dire en matière d'être : &lt;em&gt;ce qui nous maintient en présence&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;16&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Le savoir-croire est individuel, mais bien plus encore à l'échelle d'une espèce. Il peut évoluer ici ou là. Savoir-croire est en quelque sorte notre objectivité ontologique même, fut-elle aveugle : par exemple, il a imaginé notre conscience &lt;em&gt;de soi&lt;/em&gt; humaine mais semble en jouer, comme si celle-ci n'avait pas été un cadeau du ciel (ce que les hommes croient volontiers), mais l'objet d'un pur marchandage ... Ne se peut-il qu'elle ne soit que &lt;em&gt;sa&lt;/em&gt; part de conscience en nous, &lt;em&gt;corps de présence&lt;/em&gt; ? (Evidemment, j'en parle ici de la sorte pour des besoins de communication) &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;17&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;____________________&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;1.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Je suis, c’est pourquoi je dis.&amp;nbsp;» Sans quoi je ne pourrais pas même dire «&amp;nbsp;je suis&amp;nbsp;». La proposition est réversible&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;je dis, c’est bien la preuve que je suis.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;2. Puisque, &lt;em&gt;comme moi&lt;/em&gt;, tout est. «&amp;nbsp;Si je dis c’est que je suis. Par conséquent tout ce qui est dit aussi.&amp;nbsp;» &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;3. En quelque sorte&amp;nbsp;: tout ce qui est fait signe. Quant à prétendre qu’un être au moins perçoit tous ces signes …&amp;nbsp;: évidemment non.&lt;br /&gt;4.&amp;nbsp;Dans le premier cas, en effet, je conclus de moi à l’équivalence &lt;em&gt;en dire&lt;/em&gt; des autres présences. Equivalence ontologique. Dans le second, je conclus de &lt;em&gt;moi&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;je pense&lt;/em&gt; à un savoir possible sur tout ce qui est. Fut-il être «&amp;nbsp;comme moi&amp;nbsp;», tout m’est alors cognoscible. &lt;br /&gt;5. Présent au monde. (Je ne nie pas l’existence du monde)&lt;br /&gt;6.&amp;nbsp;Ici s’arrête mon constat. A partit de là, je raisonne ‘logiquement’. Un «&amp;nbsp;Logos&amp;nbsp;» est donc là encore parmi &lt;em&gt;mes&lt;/em&gt; Existants, qui me permet de poursuivre. (La relation est-elle cause ou fait concomitant&amp;nbsp;? Peu importe.) &lt;br /&gt;7. Du simplement présent à la vie présente. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;8.&amp;nbsp;Existants qu’elle fait exister / avec lesquels elle est en relation / puisqu’elle y «&amp;nbsp;croit&amp;nbsp;». &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;9. Le «&amp;nbsp;moi&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: un Existant parmi d’autres. (A qui tout n’est pas «&amp;nbsp;rapporté&amp;nbsp;», quoi qu’il en … croit – comme le moi de l’homme ici en ligne de mire). Quand je dis «&amp;nbsp;finissent par élire …&amp;nbsp;», je fais allusion au dernier terme&amp;nbsp;: le savoir-croire inhérent à tout être, lequel savoir-croire est précisément l’objet de l’énigme * («&amp;nbsp;Comment&amp;nbsp;! ça sait croire au point de créer de la vie et du «&amp;nbsp;moi&amp;nbsp;», et ce sans même penser&amp;nbsp;!?&amp;nbsp;») &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;10.&amp;nbsp;&amp;nbsp;Substance qui me fait dire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;un&amp;nbsp;» homme, «&amp;nbsp;un&amp;nbsp;» arbre&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;il y a relation&amp;nbsp;», etc.&lt;br /&gt;11. C’est dire, s’agissant d’un homme, l’étendue de son identité&amp;nbsp;! C’est dire aussi le peu signifié quand on dit «&amp;nbsp;connaître&amp;nbsp;» un homme. Mais bon, la communication a d’autres règles que celles de l’être au monde. A commencer par l’idée de ladite «&amp;nbsp;substance&amp;nbsp;». &lt;br /&gt;12. Fonction et vocation, si l’on veut. &lt;br /&gt;13. «&amp;nbsp;Esprit&amp;nbsp;de la nature&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Nisus&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Inconscient&amp;nbsp;», etc., s’en apparentent. L’expression «&amp;nbsp;savoir-croire&amp;nbsp;» a de multiples avantages sur ces expressions. (à suivre). &lt;br /&gt;14. Formule provocatrice à dessein. Il s’agit de considérer que notre penser (sans même parler de notre Pensée&amp;nbsp;!) n’est pas ce que l’on pense. Elle est un croire parmi d’autres et fait partie d’un savoir-croire (d’aucuns nomment celui-ci comme il est dit plus haut) qui &lt;em&gt;seul&lt;/em&gt; expliquerait donc le monde. Le savoir-croire est alors le détracteur en amont de notre croyance en une pensée capable de comprendre (absolument) le monde. Il est juste au-dessus d’elle, comme le genre (croire) en regard de l’espèce (savoir). Transcendance&amp;nbsp;? Immanence&amp;nbsp;? - quelle différence au vu de l’énigme&amp;nbsp;? Invoquera-t-on ici la nature&amp;nbsp;? - mais si notre penser (et pensée) est véritablement sécessionniste&amp;nbsp;!?* Dire que ce «&amp;nbsp;savoir-croire&amp;nbsp;» est toujours bien inspiré (à la Hegel&amp;nbsp;: tout ce qui est réel est rationnel et inversement)) équivaudrait à dire le bien-fondé de nos illusions en matière de savoir. Ce n’est pas mon propos que de juger d’une métaphysique. Je pose simplement l’énigme d’une «&amp;nbsp;nature&amp;nbsp;» (ou tout ce que l’on voudra) qui fait tout &lt;em&gt;comme si&lt;/em&gt; elle pensait. &lt;strong&gt;Aime-t-elle ainsi se cacher derrière un penser impensable pour nous&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt; Je me rabats sur cette analyse&amp;nbsp;: le cadre de nos relations par le dire – l’inter-dire – fait de notre communication et de notre compréhension ce qu’elles sont. L’inter-dire &lt;strong&gt;justifie&lt;/strong&gt; notre savoir (et au-dessus de lui notre savoir-croire). Mais il ne résout pas l’énigme. &lt;br /&gt;15. Je ne dis pas un savoir, peut-être de l’être. &lt;em&gt;C’est pourquoi&lt;/em&gt; peut-être on ne comprendra pas ce que je dis là. J’en suis conscient et j’assume. Si je suis un jour célèbre et vivant, je tiendrai davantage ma langue ou dirai ceci plus joliment.&amp;nbsp;;-)&lt;br /&gt;16. Qui écarte si possible la dépression d'être. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;17. NB/ Il n'y a de psychologisme dans tout ça qu'en vertu de ce qu'a décidé le paradigme humain bâti autour du savoir : il a relégué le verbe croire – et donc toute relation individuelle – à de la croyance, à du subjectif. &lt;em&gt;Savoir-croire&lt;/em&gt; : la compétence des systèmes dont parle Luhmann ? Par ailleurs, «&amp;nbsp;La pratique pense pour nous&amp;nbsp;» est une façon de dire ce savoir-croire. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9058756189919666078-8150726505831274792?l=bras-de-mer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/feeds/8150726505831274792/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2010/01/qui-dit-letre-dit-lenigme.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/8150726505831274792'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/8150726505831274792'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2010/01/qui-dit-letre-dit-lenigme.html' title='Qui dit l’être dit l’énigme'/><author><name>varna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02779632710530652914</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9058756189919666078.post-1747220690557881259</id><published>2010-01-17T07:25:00.000-08:00</published><updated>2010-01-20T04:26:31.468-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='DIeter Heinrich'/><title type='text'>Langages et inter-dire</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;(Juillet 09, 12 pages – modifié le )&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Langues et langages&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Chacun de nous use de langage(s) pour s’exprimer et utilise le plus couramment pour cela sa langue maternelle, langue naturelle commune. C’est dire qu’il &lt;em&gt;parle&lt;/em&gt; alors &lt;em&gt;dans&lt;/em&gt; la langue qui est à la disposition de tous. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;La philosophie dans la langue&amp;nbsp;» &lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; – comment entend-on l’expression&amp;nbsp;? Peut-être ainsi&amp;nbsp;: la philosophie use d’un langage, elle n’est pas la seule, les autres disciplines culturelles aussi, et aussi chacun de nous dans sa vie de tous les jours. En d’autres termes&amp;nbsp;: nous tous, au sein d’un même pays, pensons &lt;em&gt;dans&lt;/em&gt; la même langue, fut-ce en différents langages. De ce point de vue, l’article «&amp;nbsp;La philosophie dans la langue » de Dieter&amp;nbsp;Heinrich&amp;nbsp;va donc sûrement nous parler du langage de la philosophie. Et en effet, l’auteur précise&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il ne doit pas être question de (…), mais de comment la philosophie trouve son propre langage&amp;nbsp;» (7- 2).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Immanquablement, Dieter Heinrich écrit donc son article «&amp;nbsp;La philosophie dans la langue&amp;nbsp;» &lt;em&gt;dans le langage de la philosophie&lt;/em&gt;. Mais ça n’est immanquable que parce que Heinrich écrit ici en philosophe. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;2&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Pour un observateur extérieur, «&amp;nbsp;la philosophie dans la langue&amp;nbsp;» signifiera tout aussi bien la place du langage philosophique &lt;em&gt;parmi les autres langages&lt;/em&gt; (dont l’arrière-plan commun est la langue), voire&amp;nbsp;: la place de la philosophie (en tant que discours et institution) &lt;em&gt;au sein de l’inter-dire humain&lt;/em&gt; (rapport de pouvoirs entre différents langages, différents types de dires). Pour cet observateur extérieur, une réserve s’impose&amp;nbsp;: écrire sur la philosophie dans la langue&amp;nbsp; – &lt;em&gt;commune&lt;/em&gt; – sans faire mention des différentes façons de parler ou d’écrire cette langue &lt;em&gt;commune&lt;/em&gt; – c’est-à-dire sans traiter des &lt;em&gt;rapports&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;politiques&lt;/em&gt;) entre eux de ces différents langages – ce serait à coup sûr théoriser sur la langue même, prétendre «&amp;nbsp;parler&amp;nbsp;» d’emblée «&amp;nbsp;la langue de tous les langages&amp;nbsp;», la langue d’une &lt;em&gt;théologique&lt;/em&gt; philosophie. Il est à espérer, selon lui, que cet article «&amp;nbsp;La philosophie dans la langue&amp;nbsp;» écrit &lt;em&gt;dans le langage philosophique&lt;/em&gt; n’ait pas fait oublier à son auteur que la philosophie est un langage parmi d’autres. Arguer ici que la philosophie est la mieux placée (compétente) pour parler de sa propre place «&amp;nbsp;dans la langue&amp;nbsp;», signifierait qu’elle décide seule de sa définition. Une souveraineté qui lui aura fait oublier que la langue est à tout le monde, et que la place dévolue à chaque langage est octroyée par l’inter-dire. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La philosophie ne fait pas l’inter-dire, elle y prend seulement part&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Protéger la philosophie&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Un homme qui s’aviserait de protéger la philosophie n’entendra pas défendre seulement son langage personnel de philosophe. Il entendra implicitement au moins défendre une langue même&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;la philosophie&amp;nbsp;». Mais la philosophie est-elle une langue&amp;nbsp;? Bien sûr que non puisqu’elle est intelligible dans notre langue maternelle (naturelle). &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;De quoi ne doit-il pas être question, selon l’auteur, dans la citation (tronquée) ci-dessus ? De l’inverse du titre, si je puis dire&amp;nbsp;: &lt;em&gt;de la langue dans la philosophie&lt;/em&gt; (id.). Et l’avertissement s’adresse explicitement aux théoriciens de la langue&amp;nbsp;: concentrés qu’ils sont sur les problèmes des fondements de la langue, ils pourraient aisément négliger &lt;em&gt;comment&lt;/em&gt; la philosophie trouve son langage. (id.) L’avertissement sonne cependant comme une mesure de protection&amp;nbsp;: ce titre donné à l’article, «&amp;nbsp;La philosophie dans la langue&amp;nbsp;», s’interdit-il de laisser supposer une quelconque influence &lt;em&gt;de fond&lt;/em&gt; de la langue commune (via l’inter-dire) sur le langage philosophique, peut-être&amp;nbsp;? Ou bien n’est-il pas philosophique de s’interroger sur cette influence, peut-être occulte&amp;nbsp;? De fait, la précaution me paraît inutile&amp;nbsp;: une pareille découverte de cette influence n’empêcherait nullement les hommes de continuer à s’inter-dire, et la philosophie de se constituer toujours plus – en langage. Pour ma part, je ne voudrais pas devenir philosophe si j’avais alors à défendre impérativement la philosophie&amp;nbsp;comme langue ! Aussi, je préfère me ranger du côté de cet observateur curieux de la langue, certes, mais également de cet espace «&amp;nbsp;inter-langages&amp;nbsp;»&amp;nbsp;qu’est &lt;em&gt;l’inter-dire&lt;/em&gt;. L’auteur de l’article, fut-ce dans son langage, n’en fait pas mention&amp;nbsp;: quelle place occupe la philosophie parmi les autres Existants institutionnels &lt;em&gt;dans la langue&lt;/em&gt;, et quelles sont les prérogatives du philosophe au sein de l’inter-dire&amp;nbsp;? Ca n’est pas dit dans «&amp;nbsp;La philosophie &lt;em&gt;dans la langue&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» vue par notre philosophe. La langue sans l’inter-dire me semble pourtant lettre morte, comme un texte sans âme. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Eluder (&lt;em&gt;instinctivement&lt;/em&gt;&amp;nbsp;?) l’inter-dire &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Comme pour écarter un danger, Heinrich se défend donc de considérer que la langue puisse déterminer a priori la philosophie plus que par la simple forme. Si l’on s’intéresse philosophiquement, dans le cadre d’une théorie de la langue, aux fondements de la langue parmi toutes les autres activités humaines, écrit-il, il semble que son origine fut inspirée par la nécessité de fournir à chacun le moyen de communiquer ses pensées aux autres hommes …(14-5) Loin de lui, manifestement, l’idée que le langage ait pu apparaître, dès son origine, comme une obligation sociale faite aux hommes par un certain &lt;em&gt;dire&lt;/em&gt;&amp;nbsp;au pouvoir (fut-il démocratique, voire simplement collectif, c’est aussitôt éducation, enseignement, poursuite de la tradition, obéissance aux us et coutumes, dissensions, etc., bref – inter-dire), et que l’expression de nos pensées personnelles et autres sentiments n’en soient que le corollaire individuel &lt;em&gt;participatif&lt;/em&gt;. De quoi &lt;em&gt;participerait&lt;/em&gt; alors la philosophie, par exemple&amp;nbsp;? Ce serait pourtant ainsi, de façon active qu’elle serait alors la philosophie – &lt;em&gt;dans la langue&amp;nbsp;!&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Si donc la langue &lt;em&gt;en tant que telle&lt;/em&gt; n’est peut-être pas le cadre &lt;em&gt;socialement contraignant&lt;/em&gt; de nos pensées (c’est à voir&amp;nbsp;!), on ne peut nier cependant, il me semble, que nos dires entre eux (notre inter-dire) sont, &lt;em&gt;en pratique&lt;/em&gt;, organisés et hiérarchisés. Mais alors l’exercice de la langue n’est plus seulement une contrainte &lt;em&gt;sémantique&lt;/em&gt;, comme se plaisent à dire les anti-intentionnistes&amp;nbsp;!* La philosophie, sous ce rapport, est une &lt;em&gt;institution&lt;/em&gt; parmi d’autres. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Certes, sans le parler entre eux des hommes, reconnaît Heinrich, il n’y aurait d’autre langage (expression) de la pensée que celle assimilable au langage informatique, mais non point de langue &lt;em&gt;naturelle&lt;/em&gt;. Celle-ci est toujours aussi une forme d’acte expressif, mais comme langue elle n’est pensable qu’en tant que déterminée en soi par un réseau de significations de mots et de plans de constructions de phrases. (15-1) C’est pourquoi, poursuit-il, fut-elle venue au Dasein [il épingle ici Heidegger], elle ne peut plus être comprise de façon adéquate comme moyen de se comprendre [verständigen]. (15-2)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Voilà donc un brin de théorie de la langue qui s’accorde bien à la philosophie. La langue ne serait donc qu’un ensemble de règles&amp;nbsp;? Il ne nous reste alors plus qu’à connaître comment la philosophie, enfin libre de toute appartenance ou participation radicale (à un paradigme social en matière de savoir et de communication, en l’occurrence), trouve son propre langage. Heinrich propose pour cela de commencer par … définir la philosophie. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Définir la philosophie et ses taches&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Qu’il revienne à la langue commune d’imprimer toute pensée de son sceau originel – pour le moins d’une &lt;em&gt;signification&lt;/em&gt; de fond – Heinrich n’a rien à en craindre pour la philosophie puisque cette vérité là, s’il en est, réunit des auteurs aussi différents que Heidegger et Wittgenstein … (7-1) Une fois écartée &lt;em&gt;de la sorte&lt;/em&gt; toute incidence de la langue (ou théorie de ce type sur la langue) sur la pensée philosophique, et montré que la philosophie ne saurait s’occuper de telle affaire, &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;3&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; il peut alors définir la philosophie. Mais trouve-t-on juste de traiter de «&amp;nbsp;La philosophie &lt;em&gt;dans la langue&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» en commençant par écarter les obstacles d’une définition de la philosophie &lt;em&gt;tout court&lt;/em&gt;, et de surcroît&amp;nbsp;par elle-même ? &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;4&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; La philosophie dans la langue&amp;nbsp;: c’est-à-dire après qu’elle a pris ses distances&amp;nbsp;? (15-11-8) Heinrich le justifie implicitement ainsi&amp;nbsp;: la philosophie n’est pas née d’une confrontation à la langue mais en rapport à – la conscience de soi. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;5&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Cela fut-il vrai (voir Socrate, en effet), cela n’interdit pas l’hypothèse d’un langage (voire d’une langue, pour ne pas dire d’un inter-dire) qui aurait déterminé précisément la philosophie, la conscience de soi – &lt;em&gt;ou les deux&lt;/em&gt;. Je vois dans la démarche de Heinrich la volonté de bien délimiter les &lt;em&gt;territoires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;la philosophie » d’abord – ensuite seulement «&amp;nbsp;… dans la langue&amp;nbsp;». &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;6&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; S’agit-il, là encore, de préserver l’exercice de la philosophie de toute remise en question éventuelle, par exemple venant d’une théorie considérant la langue en tant que telle &lt;em&gt;déjà&lt;/em&gt; comme une sorte de «&amp;nbsp;philosophie-mère » implicite&amp;nbsp;? Une telle philosophie avant l’heure (ou avant terme, a priori donc) serait alors à coup sûr celle de l’inter-dire même, et c’est de cet inter-dire en tant que pratique générale d’un (type de) langage commun que &lt;em&gt;proviendrait&lt;/em&gt; alors la philosophie&amp;nbsp;: une institution parmi d’autres relativement au verbe &lt;em&gt;dire&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;7 &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Une dissonance&amp;nbsp;dans l’oeuf ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Mais parmi les nombreuses raisons qui font, selon lui, que la philosophie a mieux à faire que de s’originer dans- et de s’interroger sur- une langue naturelle potentiellement &lt;em&gt;directrice&lt;/em&gt; (et révélatrice&amp;nbsp;!), Heinrich n’en cite … qu’une&amp;nbsp;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;8&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: le rapport de l’homme à lui-même dans son savoir. (7-3) À ses débuts, explique-t-il, la philosophie concentrée sur le langage entendait justement dévoiler la conscience de soi de l’homme comme un fait linguistique. Mais selon Heinrich ça ne pouvait marcher. (7-6) Voilà pourquoi, continue-t-il, il incombe aujourd’hui à la pensée philosophique de comprendre la signification du langage autrement qu’en référant le contenu de la philosophie à des pré-donnés (Vorgabe) de la langue naturelle. (7-9) En d’autres termes, la philosophie ne tête pas au sein de la langue. Il insiste&amp;nbsp;: La philosophie se développe certes dans la langue, mais ça n’est pas pour ça que sa tâche serait de rendre explicite ce qui serait déjà déposé en elle&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La philosophie serait tout entière dans ce qu’elle a à accomplir … &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Et cette tache que Heinrich lui fixe est précisément en étroit rapport, selon lui, aux pensées grâce auxquelles un savoir sur eux-mêmes s’offre aux hommes. (7-11) &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;9&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Si je comprends bien, la langue n’intéresse notre philosophe que pour autant qu’elle véhicule ses ambitions. Et quelle est son ambition première&amp;nbsp;? Savoir, bien sûr&amp;nbsp;; toujours savoir&amp;nbsp;! Encore lui. En l’occurrence un savoir sur nous-mêmes&amp;nbsp;! Mais attention, non point un savoir à chercher &lt;em&gt;dans&lt;/em&gt; la langue en tant que telle (exit les conditions d’apparition &lt;em&gt;du langage propre à la conscience de soi&lt;/em&gt;, par exemple, ou encore des modules &lt;em&gt;politiques&lt;/em&gt; du savoir), mais, comme il apparaît plus loin&amp;nbsp;: dans une philologie de la signification … &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La philosophie se cantonne résolument – et s’accroche&amp;nbsp;? – à sa fonction. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Et donc la vérité sur la philosophie dans tout ça&amp;nbsp;? Il est vrai que la philosophie a su jusqu’ici se passer de fondements «&amp;nbsp;socio-psycho-linguistiques&amp;nbsp;», bref – de découvertes touchant l’inter-dire et sa place en son sein. Elle ne reconnaît que l’histoire &lt;em&gt;officielle&lt;/em&gt;, les limites d’un cadre et de jeux de langages pourtant non définis qui forment le tout des relations humaines&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La Culture ... &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Voilà pourquoi sans doute toute théorie (ou découverte&amp;nbsp;?) potentiellement dissidente pour elle, ne saurait ébranler la philosophie aussi longtemps que celle-ci poursuit son cap. La philosophie, en effet, a fait ses preuves &lt;em&gt;dans ces conditions-là&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: la Culture. Mais c’est bien là, selon moi, le problème, car considérer l’inter-dire, c’est parler tout autrement de la Culture&amp;nbsp;: en termes de rapports de langages, c’est-à-dire de relations humaines &lt;em&gt;extérieures aux contenus, mais effectives dans les gestes&lt;/em&gt;. Les gestes appris. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;*&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Soyons hérétique(s)&amp;nbsp;: est-il insensé de songer à une philosophie nouvelle qui ne s’acharnerait plus à savoir et à divulguer du savoir (comme son dire-mentor&amp;nbsp;: la science), mais s’attacherait précisément à faire tout d’abord œuvre d’historienne&amp;nbsp;? Elle révélerait par exemple les différents rouages historiques de l’inter-dire jusqu’à nos jours, sans oublier de mentionner le savoir-croire* humain partout à l’oeuvre – et ce serait là sa partie «&amp;nbsp;théorie sociologique de l’inter-dire&amp;nbsp;».&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;10&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; A cela s’ajouterait l’essentiel révolutionnaire, proprement philosophique, par où elle rejoindrait la tradition (la vraie) : une sagesse d’homme et une éthique du dire humain – susceptibles de fonder un nouvel inter-dire – sur la base d’une &lt;em&gt;Welt&lt;/em&gt;anschauung où règneraient les verbes croire et faire croire &lt;em&gt;seuls&lt;/em&gt;,* c’est-à-dire où le verbe savoir et son sempiternel dire seraient détrônés (et non point bannis) et présentés comme appartenant à l’ancien paradigme, &lt;em&gt;tout naturel&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: celui de la volonté de puissance.* &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le langage du savoir, c’était toujours de commencer par Dire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;De la sorte, tout du moins, les hommes auraient de quoi s’élever au-dessus de «&amp;nbsp;l’homme&amp;nbsp;», c’est-à-dire de cette forme-là &lt;em&gt;aussi&lt;/em&gt; de volonté &lt;em&gt;naturelle&lt;/em&gt; de puissance.* Le savoir rendu à ce qu’il est, nous commencerions alors par nous dire autrement ce que nous savons. Nous fonderions alors notre nouvel être au monde, non plus sur le savoir divin et son dire, mais sur un dire nouveau entre nous et son savoir-&lt;em&gt;faire&lt;/em&gt;, précisément, en matière de monde – et de relations&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Il suffit déjà d’un croire &lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;strong&gt;11&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; pour faire un monde. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;*&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Bref, Heinrich indique donc qu’il commence sa réflexion sur «&amp;nbsp;La philosophie dans la langue&amp;nbsp;» par la question&amp;nbsp;: qu’est-ce que la philosophie&amp;nbsp;? Et tout naturellement sa réponse débute par une thèse sur le rapport de la théorie philosophique (celle qui ne fâche pas) à la conscience de soi de l’homme. (7-10) De Socrate l’initiateur, nous passons à Kant. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Le secret de Kant&amp;nbsp;? &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Dieter Heinrich dit plus haut qu’il a tenté de fournir les raisons pour lesquelles toute recherche de connaissance de soi &lt;em&gt;dans&lt;/em&gt; le rapport de la philosophie à la langue (ou à la sienne propre) a échoué et devait, selon lui, échouer. (7-6) Il s’enquiert maintenant d’interpréter Kant pour nous faire voir &lt;em&gt;d’où&lt;/em&gt; déboule la philosophie. Alors ses tâches nous apparaîtront clairement. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Kant aurait articulé toute sa philosophie (des Lumières) autour de la conscience de soi, mais sans &lt;em&gt;vouloir&lt;/em&gt; [!]cependant définir cet axe. (7-14) Il serait parti de l’idée qu’au-delà (ou en deçà&amp;nbsp;?) de l’origine des différentes façons de connaître, pas une explication complète et dernière ne peut encore être donnée, et qu’avec la notion de relation à soi du savoir une limite est atteinte. (8-9) Mais si Kant n’a pas &lt;em&gt;voulu&lt;/em&gt; expliquer l’articulation susdite, c’est qu’il avait sûrement d’autres bonnes raisons. Heinrich écrit qu’aussi loin qu’il est allé lui-même dans la recherche d’une explication de la conscience de soi, la position de Kant l’a éclairé, bien qu’il ne l’ait pas exprimée. (7-10) Quel mystère ! Mais finalement, dans sa quête de connaissance de lui-même, l’homme serait poussé à ne chercher réponse que dans la vie pratique. (8-1) C’est en rapport à cette limite qu’apparaît fondamentalement, selon Heinrich, la réalisation de la philosophie. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Donc la philosophie est pratique&amp;nbsp;»&amp;nbsp;… &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Ce que fait la philosophie&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La philosophie commence ainsi par expliquer les différentes manières de savoir et leurs rapports à l’analyse des concepts.&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;12&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; (8-2) Mais cela ne la définit pas encore. Ce qui la définit, c’est le rapport intime de trois taches n’en formant qu’une et ouvrant à l’homme des perspectives de vie …&amp;nbsp;: 1) la gestion des limites de la raison,&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;13&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; 2) leur formation synthétique, c’est-à-dire la mise en ordre et l’évaluation (Ausloten&amp;nbsp;: sonder) de toutes les sphères et limites de savoir – en vue de 3) mettre tout ça en relation avec des possibilités de vie pour les hommes. (8-3) Autrement dit, la philosophie centralise et coordonne les limites (8-14), et finalement s’efforce de faire &lt;em&gt;apparaître&lt;/em&gt; aux hommes, relativement à ses limites, des clefs de vie personnelles. (8-8) Mais alors, «&amp;nbsp;La philosophie dans la langue&amp;nbsp;» débouche &lt;em&gt;sur la vie&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? Un pont entre la langue et la vie&amp;nbsp;? Ou l’inverse, peut-être … &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La gestion des limites de la &lt;em&gt;raison&lt;/em&gt; est sa réalisation principale, explique encore Heinrich. La nécessité des autres réalisations de la philosophie en est déduite. (8-9) Ainsi donc, entremetteuse, la philosophie met la raison en rapport avec la vie …&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;14&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; Ou bien &lt;em&gt;subordonne&lt;/em&gt;-t-elle plutôt la vie au savoir&amp;nbsp;? Un véritable philosophe, Heinrich ne craint-il pas de dire, cherchera tout au long de son travail un principe unificateur qui soit comme une solution consistante et convaincante à la tache évoquée, c’est-à-dire &lt;em&gt;à la fois&lt;/em&gt; comme justifiée et attractive «&amp;nbsp;pratiquement&amp;nbsp;». &lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;15&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; (9-2) C’est-à-dire attractive &lt;em&gt;parce que justifiée&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? … Un savoir se propose de justifier l’empreinte qu’il devrait laisser sur la vie d’un homme. Mais un homme qui découvrirait un pareil principe 1) passerait sa vie à devoir le justifier auprès des autres,&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;16&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; et de toute façon 2) il s’épuiserait très vite à le laisser seul diriger sa vie.&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;17&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; Nos vies sont bien plus aisément conduites par d’incessants et instinctifs savoir – &lt;em&gt;faire&lt;/em&gt;&amp;nbsp;! C’est plus sage … &lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;18&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;M’est avis que la philosophie, «&amp;nbsp;principe unificateur&amp;nbsp;» dans ce qu’elle a de meilleur, passe sa vie à dire aux hommes, et qu’aujourd’hui les philosophes en personnes ne nous invitent en définitive, en guise de débouchés sur la vie pratique personnelle, qu’à les imiter&amp;nbsp;: lire et écrire (mais c’est mieux encore si on enseigne&amp;nbsp;!). De fait, concrètement&amp;nbsp;: que nous apporte par exemple le discours présent de Heinrich relativement à nos pratiques de vie personnelles&amp;nbsp;? Son discours est-il, selon ses termes, consistant et convaincant&amp;nbsp;? Sans nul doute. Seulement ceci&amp;nbsp;: en quoi l’a-t-il convaincu «&amp;nbsp;pratiquement&amp;nbsp;», &lt;em&gt;lui&lt;/em&gt;, à part de continuer d’écrire et d’enseigner&amp;nbsp;? J’aurais aimé le savoir.&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;19&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; J’imagine qu’une autre philosophie, tout aussi «&amp;nbsp;bien étayée&amp;nbsp;», pouvait conduire un homme à ne plus écrire, voire à ne plus devoir savoir et (se) justifier pour vivre sa découverte … «&amp;nbsp;La philosophie &lt;em&gt;sans la communication&lt;/em&gt;&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Mais ça n’est pas la mienne non plus. Heinrich m’aura convaincu de continuer d’écrire … &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;C’est-à-dire de fonder l’écriture philosophique sur un échec de la communication&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;- sinon sur une «&amp;nbsp;embrouille&amp;nbsp;»&amp;nbsp;!&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;20&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; *&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Heinrich poursuit son argumentation&amp;nbsp;: il y a donc des savoirs divers et leurs limites à gérer. Mais nous avons aussi, plus tourmentant, à concilier l’idée que nous nous faisons de nous-même(s), de notre liberté, et l’impitoyable précision du savoir scientifique qui sans cesse la dément. Comment concilier ces deux mouvements de pensée que sont la description quasi-clinique des objets et l’approfondissement sans cesse contrarié de notre image de nous-même&amp;nbsp;? interroge-t-il. Comment les unifier dans une interprétation de sorte que plus aucune contradiction n’apparaisse entre elles et qu’elles puissent chacune poursuivre leur quête&amp;nbsp;? Pareil tourment justifie une fois de plus, selon lui, l’idée que la langue est bien le &lt;em&gt;médium&lt;/em&gt; de la philosophie et non point toujours seulement son «&amp;nbsp;thème&amp;nbsp;». (9-6) En clair&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Voici le problème, voilà sa solution.&amp;nbsp;» Mais qu’est-ce qui justifie un tel arrangement&amp;nbsp;entre la philosophie et la langue ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Je dis bien pareillement que nous parlons et philosophons &lt;em&gt;dans&lt;/em&gt; la langue (= milieu). &lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;21&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; Mais le problème que me pose ici Heinrich est qu’il philosophe bien plutôt &lt;em&gt;dans la philosophie&lt;/em&gt;, et que c’est pour cette raison, semble-t-il, qu’il «&amp;nbsp;s’accroche&amp;nbsp;» à elle et la défend sans cesse contre toute tentative de la &lt;em&gt;raccorder&lt;/em&gt; à d’autres pratiques institutionnalisées de dire (dont elle est). Pour lui, comme pour tant d’autres hommes, la philosophie est globalisante&amp;nbsp;; il ne peut donc être question de la ranger parmi des catégories historiques de dire – «&amp;nbsp;à égalité&amp;nbsp;». L’histoire de l’inter-dire et la sagesse qu’on peut peut-être en tirer ne s’accordent pas à cette philosophie-là, quelque peu immodeste. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Apologie, encore&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La philosophie, dans la langue … s’accomplit donc. Elle y est chez elle. Elle débrouille en quelque sorte la langue. Un écheveau&amp;nbsp;? Elle a en charge, comme il fut dit plus haut, d’établir et de gérer les limites et les frontières des différentes disciplines. Elle classe. Cette mise en ordre sera plus ou moins stable ou mouvante, nous explique l’auteur, suivant le déplacement «&amp;nbsp;en cours&amp;nbsp;» des frontières. (9-11) Mais la philosophie ne met pas seulement en ordre la &lt;em&gt;situation&lt;/em&gt; de problèmes, elle cherche également en parallèle des voies possibles et justifiables de solutions, voire d’intégrer l’insolubilité de certains problèmes dans le système, pourvu qu’elle ne le mette pas en danger. (9-12) Bref, l’auteur entre dans des considérations purement techniques. Mais il tient à nous faire remarquer qu’en fin de compte la philosophie ne fait pas seulement sa propre théorie, et si elle nous fournit des déterminations &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;22&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; pour notre conduite dans la vie, ça n’est pas seulement en tant qu’éthique. Elle est aussi description du monde et sa liaison à notre compréhension de nous-mêmes. (9-9) «&amp;nbsp;La philosophie dans la langue&amp;nbsp;» veut dire ici&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La langue ne (pré-)détermine pas nos pensées &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Puisque nos pensées &lt;em&gt;ont&lt;/em&gt; la philosophie&amp;nbsp;! (Ouf&amp;nbsp;?)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Et puis, selon sa façon de corréler les problèmes, de détailler les justifications et de les mettre en lien à la vie, chaque philosophie a son &lt;em&gt;style&lt;/em&gt;&amp;nbsp;! (10-2) Et puis, selon sa façon de trouver expression, une philosophie peut être même amenée à enrichir la langue&amp;nbsp;! (10-3) Et ça n’est pas tout. Plus significatif encore&amp;nbsp;est sa position par rapport à la langue naturelle. Avant même de se livrer aux hommes, chaque prise de position a à résoudre les problèmes mentionnés plus haut. Or, la question peut bien rester ouverte de savoir si toute pensée se dit dans un langage (in einer Sprache) ou&lt;em&gt; également&lt;/em&gt; dans la langue naturelle, il apparaît clairement que la mise en ordre dont s’occupe la philosophie doit rester pour ainsi dire en contact étroit avec la langue naturelle si elle ne veut pas avoir à fournir en sus d’un jargon le mode d’emploi pour sa compréhension … (10-7) &lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;23&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Je comprends pareille motivation, mais alors pourquoi parler incessamment de «&amp;nbsp;la philosophie&amp;nbsp;» comme s’il s’agissait précisément d’un enclos à défendre dans le grand champ de la langue commune ? &lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;24&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; Pourquoi ma position dans la vie serait-elle à défendre&amp;nbsp;! Que l’enclos parle à tout le champ ne prouve rien, les autres enclos le font aussi, &lt;em&gt;même dans leur langage spécialisé&lt;/em&gt;. &lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;25&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; Alors donc, s’il s’agit vraiment en fin de compte pour Heinrich de notre orientation dans la vie (et donc de la sienne aussi), s’il ne s’agit pas simplement pour nous de lire une thèse qui tente de s’imposer dans la grande librairie de nos pensées, pourquoi ne pas parler en son nom propre (voire &lt;em&gt;se présenter comme un philosophe&lt;/em&gt; au lieu de toujours &lt;em&gt;faire parler&lt;/em&gt; * «&amp;nbsp;la philosophie&amp;nbsp;»), et donner ainsi véritablement &lt;em&gt;un exemple d’homme et d’orientation personnelle&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? Ah, bien sûr, cela fait une différence que l’on dise tout bonnement ce que l’on pense ou qu’on l’agrémente d’argumentations solides. Mais qu’ont à faire ici les prescriptions faites – à la philosophie même&amp;nbsp;!? &lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;26&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Est-ce la philosophie qui va vivre notre vie&amp;nbsp;? &lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;strong&gt;27&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Un artiste crée, il nous parle, assurément – mais sans mêler à son œuvre ses moyens de production ;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Un homme de science découvre, il nous parle, assurément – mais sans mêler à ses découvertes ce que nous devons en faire ; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Un philosophe crée ou découvre, il nous parle, assurément – mais pourquoi mêle-t-il à son œuvre à la fois ses moyens de production et ce que nous devons en faire&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Philosophie&amp;nbsp;: l’instance qui distribue les labels&amp;nbsp;et les tâches ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Quitte à imiter quelqu’un, pourquoi n’imiterais-je pas plutôt l’artiste&amp;nbsp;? Pourquoi la recherche scientifique ne serait-elle pas plus «&amp;nbsp;indiquée pour ma vie&amp;nbsp;» que la philosophie&amp;nbsp;? Vais-je choisir la philosophie simplement parce qu’elle a la capacité de gérer les différentes productions de dire&amp;nbsp;? Loin de l’effet escompté, voilà qui pourrait effrayer bien des hommes et donner à plus d’un l’envie de se taire&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Vraiment&amp;nbsp;? il faut savoir et savoir-faire tout ça&amp;nbsp;pour nous entendre&amp;nbsp;? A leurs frontières, nous explique Heinrich, les formes ordinaires de notre compréhension réciproque (Verständigungen) perdent de leur force. (10-13) C’est là qu’intervient, encore une fois, la philosophie. Elle prend racine dans la langue de tous les jours, et, dut-elle s’en écarter sur le plan formel, voire s’y opposer un temps par son langage synthétique, elle veut rester en mesure de parler aux hommes de leur vie dans la langue naturelle (10-9). La philosophie dans la langue, en définitive, c’est la philosophie qui se veut &lt;em&gt;populaire&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Détails techniques et soft théorie … &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La (&lt;em&gt;pratique épanouie de la&lt;/em&gt;) philosophie dans la langue, plus concrètement encore, Heinrich nous la décrit ainsi&amp;nbsp;: la langue naturelle renferme en son sein des «&amp;nbsp;mots-clefs&amp;nbsp;» qui sont autant de trésors de synthèse déposés. (12-8) &lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;strong&gt;28&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; Ces mots-clefs n’ont donc pas été créés par tel ou tel individu. La philosophie pour ainsi dire se raccorde à ces pièces maîtresses du chef-d’œuvre collectif [d’inter-dire&amp;nbsp;?] pour accomplir, à son tour, &lt;em&gt;son&lt;/em&gt; œuvre. (12-1) Son œuvre&amp;nbsp;? - les quelques explications relatives à la &lt;em&gt;signification de mots&lt;/em&gt; que donnent Heinrich (je ne les restitue pas ici) font apparaître que les réalisations synthétiques que sont ces mots-clefs peuvent toujours être rendues différemment par différents langages (14-2), voire conduire à des erreurs d’interprétation. Là encore, le «&amp;nbsp;principe unificateur&amp;nbsp;» du philosophe (qui n’est autre que la philosophie) va donc heureusement intervenir. Il lui permettra également de traduire d’une langue à l’autre, fussent-elles toutes inégalement dotées &lt;em&gt;in esse&lt;/em&gt; de philosophie potentielle (12-2). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Les exemples qu’il donne de significations de mots peuvent être complétés, poursuit Heinrich, par d’autres, plus complexes, relatives à des expressions verbales. Ils renforceront la contribution des premiers aux questions fondamentales d’une théorie de la langue (14-6), &lt;em&gt;c’est-à-dire&lt;/em&gt;, selon Heinrich (qui prescrit donc ici à la théorie ce qu’elle doit être), à la question de la signification dans la langue posée, par exemple, par Herder ou Kant. (14-4) «&amp;nbsp;Question de &lt;em&gt;la signification dans la langue&lt;/em&gt;&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: mais peut-on seulement distinguer une langue de sa signification&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La philosophie dans (auprès de) la langue&amp;nbsp;: la philologue en chef de la signification&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;De fait, dès le début de son article, Heinrich prescrivait bien (à la philosophie) comme tâche&amp;nbsp;: la signification de la langue pour la pensée philosophique. (7-13) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;*&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Au terme de ce quatrième paragraphe consacré à la théorie de la langue (le cinquième et dernier sera consacré au langage de l’idéalisme et à un travail plus personnel de l’auteur), et après avoir si bien défini et fait l’apologie de la philosophie &lt;em&gt;en acte&lt;/em&gt; et énuméré sa tâche, ses moyens, ses contours légitimes et ses objets – Heinrich semble concéder enfin une brève expression (brève par la quantité de mots et l’emplacement choisi, en comparaison) de l’influence de la langue sur la philosophie. Dans le système que forme une langue naturelle, écrit-il, bien des rapports sont étrangers au regard que porte la philosophie, mais … ils contiennent forcément quelque trace (originelle&amp;nbsp;?) de pensée à laquelle cette dernière n’est pas étrangère. (15-12). Autrement dit, l’origine même (objectée précisément par certaine théorie de la langue) n’échappe pas à la pensée philosophique. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La tâche est sauve. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Mais Heinrich se risque plus loin plus courageusement&amp;nbsp;: il est permis de se demander, écrit-il, combien l’apparition d’une langue [puisqu’elle sera dotée à plus ou moins long terme d’un potentiel philosophique], avec son réseau de rapports complexes, présuppose quelque faculté spontanée de coordonner – cette capacité entendue comme celle qui rend possible et définit, à un tout autre niveau que le sien, la philosophie en tant que telle. (15-7) Mais on aurait tort de penser que cette objection ne tournera pas, une fois encore, à l’avantage de la philosophie&amp;nbsp;: celle-ci a besoin des deux, nous dit en effet l’auteur&amp;nbsp;: besoin de la distance envers des prédonnés dans la langue et besoin … de l’inspiration qu’offrent ceux-ci&amp;nbsp;! (15-8)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Pour ma part, une telle liberté d’accommoder s’accordant si bien à celle de coordonner (qualité vantée ci-dessus), m’ôte tout sentiment de culpabilité quant à une trop grande liberté prise avec un auteur respecté. Aussi j’enfonce le clou&amp;nbsp;: en dépit de l’absence de malveillance de ma part envers Dieter Heinrich (dont j’ai précédemment lu avec intérêt un ouvrage) ou de quelque impudent désir mien de braver un brave (de la philosophie), je ne peux me retenir d’instruire une sorte de procès d’intention&amp;nbsp;: l’auteur ménage ici la chèvre et le chou et discourt moins de la philosophie dans la langue que de la langue au service de la (défense et de l’action de la) philosophie. Il y a là, pour ma gouverne, un exemple pratique de savoir-croire personnel en bute à quelque obstacle présenté devant son article de foi. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;strong&gt;Et la langue dans l’inter-dire&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Heinrich aurait pu interroger «&amp;nbsp;La philosophie ET la langue&amp;nbsp;», évitant ainsi peut-être toute appropriation de l’une par l’autre. De fait, la langue se prête manifestement à tout inter-dire local ou général. Peut-être même est-elle ce qu’il y a de plus malléable et de plus corruptible parmi les hommes. &lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;strong&gt;29&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; Quoi qu’il en soit, étudier l’inter-dire comme système de relations humaines consiste à examiner ce qui est fait de la langue naturelle parmi les hommes,&lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;strong&gt;30&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; en quels langages elle se répartit, quelles institutions ont été mises en place, quelle hiérarchie de dire y règne, aux mains de qui s’exerce la plus grande communication, etc., et, à bien des égards&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;A qui profite le crime&amp;nbsp;». &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Le problème qui se pose alors aussitôt à pareille étude réside logiquement dans son propre langage. Va-t-elle s’en constituer un&amp;nbsp;ou emprunter par exemple celui de la sociologie&amp;nbsp;? ou bien de la philosophie ? De la psychologie, peut-être&amp;nbsp;? Et le langage politique&amp;nbsp;? … Comment va-t-elle parler aux hommes&amp;nbsp;? C’est-à-dire&amp;nbsp;: comment vais-&lt;em&gt;je&lt;/em&gt; parler aux hommes, moi qui prétend dire l’inter-dire mais ne veux pas à mon tour faire parler* quelque instance&amp;nbsp;? Il y a dans ces quelques mots, déjà clairement, un écart de langage. Ainsi donc&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Dire l’inter-dire, est-ce (possible de) le dire dans notre langue&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Cela dépend sous quel inter-dire l’on se parle, du rapport de l’inter-dire au(x) langage(s), savoir si l’un n’empêche pas l’autre, si leur union est possible dans quelque langage &lt;em&gt;de&lt;/em&gt; l’inter-dire, précisément, ou si, tout au contraire, parler de l’inter-dire qui est pourtant le nôtre, c’est parler aux hommes – &lt;em&gt;en étranger&lt;/em&gt;.&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;31&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;Heinrich, après d’autres, dit en substance à propos de la philosophie que c’est ce qu’elle &lt;em&gt;fait&lt;/em&gt; qui compte. Et je constate que c’est partout ainsi dans notre inter-dire&amp;nbsp;: on y fait fi des fondements, du cadre général en termes de relations humaines en l’occurrence, &lt;em&gt;pourvu qu’on ait l’efficace de&lt;/em&gt; &lt;em&gt;l’acte&lt;/em&gt;. Quelle efficace&amp;nbsp;? – être cru (pour le dire de façon laconique). L’inter-dire semble signifier ici&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Il n’est pas utile&lt;em&gt; à son exercice&lt;/em&gt; de dire aux hommes &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Ce que leur inter-dire au juste &lt;em&gt;fait&lt;/em&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Dans ce cas, et j’emprunte ici encore notre brave logique de base, alors 1) je ne peux parler aux hommes de l’inter-dire dans un de leurs langages. &lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;strong&gt;32&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; Cela me dispense du moins d’avoir à en choisir un. Je suis assuré ainsi de ne pas parler de l’inter-dire &lt;em&gt;dans&lt;/em&gt; la langue, pris à mon tour au piège, croyant dire la langue dans l’inter-dire ... et 2) ce qui est inutile aux hommes, il leur est inutile de le connaître. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Par conséquent, ils ne connaissent pas leur inter-dire. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Ainsi, si dans notre système linguistique actuel tout peut être «&amp;nbsp;matériellement&amp;nbsp;» dit, en revanche parler de l’inter-dire comme d’un système (de lois et de règles d’échange) &lt;em&gt;insu&lt;/em&gt; des pratiquants, c’est nécessairement parler, selon eux, pour ne rien dire. C’est-à-dire, bien sûr, tant que l’on demeure dans le système. Cela du moins je peux le dire. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Si notre inter-dire actuel est assimilable en pratique à un ensemble &lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;strong&gt;33&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;de lois et de règles&lt;/em&gt;, cet ensemble organisé est à la fois ce système qui nous fait parler et dont nous parlons (du point de vue de l’autre inter-dire, en cours) – &lt;em&gt;à notre insu&lt;/em&gt;. Nous parlons, mais ce que nous disons &lt;em&gt;veut dire autre chose&lt;/em&gt;.&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;34&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; Mais on l’aura compris, je parle déjà moi-même ainsi &lt;em&gt;depuis un autre inter-dire&lt;/em&gt;. Quel est-il&amp;nbsp;? Eh bien, je parle (d’)un langage qui n’occulte pas l’inter-dire, qui veut voir le nôtre actuellement en face, fut-il «&amp;nbsp;parfaitement efficace&amp;nbsp;» comme il est&amp;nbsp;; mais encore&amp;nbsp;: qui veut le connaître pour nous pousser à en créer un autre, qui le dépasserait en culture ...&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je ne dis pas savoir&amp;nbsp;» n’est pas son point de départ sceptique, mais son commencement &lt;em&gt;relationnel&lt;/em&gt; parmi les hommes. Cet inter-dire favorise d’autres ambitions. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;On comprendra sous quel angle d’inter-dire se placerait donc d’emblée cette étude.&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;35&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; Je ne saurais dire si un inter-dire quel qu’il soit équivaut toujours à un système de pensées &lt;em&gt;fondamentales&lt;/em&gt; inscrit en l’occurrence dans la langue et ses mots. &lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;36&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; Mais tout se passe, là encore, énigme toujours réactivée,* comme s’il fut pensé. Pour céder à la tentation d’une boutade&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;La langue pense, les hommes la parlent&amp;nbsp;». &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Des individus parlent, et quelque chose d’autre se passe qu’ils ignorent&amp;nbsp;: ça s’organise, une (autre) langue apparaît, un (autre) système de valeurs se met en place. On imagine la place que peuvent avoir dans une telle conception les Existants * tels que «&amp;nbsp;conscience de soi&amp;nbsp;» ou autre «&amp;nbsp;connaissance de soi&amp;nbsp;» par exemple – chevaux de bataille, semble-t-il, de la philosophie. On peut supposer qu’il y est moins question de «&amp;nbsp;soi&amp;nbsp;» qu’il n’y paraît,&amp;nbsp;et moins de la philosophie comme du havre de solutions ou de paix pour lequel elle se fait passer ! On peut penser que pas un élément du système, «&amp;nbsp;mot-clef&amp;nbsp;» ou institution, n’est inutile, esseulé, ni même «&amp;nbsp;réservé&amp;nbsp;». Mais on imagine aussi, partant, qu’on ne saurait indûment l’isoler de l’ensemble (et moins encore le laisser parler de l’ensemble) – à moins de parler, encore une fois, dans le cadre actuel de l’inter-dire. &lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;strong&gt;37&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; Mais bien sûr, pensera-t-on, je dis n’importe quoi&amp;nbsp;: je suis moi-même en train de centraliser toute une conception&amp;nbsp;des relations humaines. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;Moi&amp;nbsp;»&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Est-ce que je fais jusqu’ici un bon mésusage* de notre langue&amp;nbsp;? Est-ce que je parle ici suffisamment en étranger&amp;nbsp;?&amp;nbsp;;-) Je n’ai rien dit de notre inter-dire, simplement offert un regard. On comprend bien que je ne vais pas créer à moi tout seul les contours d’un nouvel inter-dire&amp;nbsp;!&lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;strong&gt;38&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; Forcément mon langage est malhabile, trouble, «&amp;nbsp;coupé&amp;nbsp;» comme un mauvais vin. Mais peut-être parle-t-il déjà au cœur de certains&amp;nbsp;d’un vin meilleur encore que notre actuel meilleur vin ? Allez, un indice&amp;nbsp;: dans la liberté accordée officiellement à chacun de philosopher – liberté accordée par la philosophie même – j’aurai compris que certaines personnes versées dans «&amp;nbsp;l’être philosophe&amp;nbsp;» sont plus crédibles que d’autres. Ainsi tel homme, vivant en philosophe, aura su m’inspirer de l’imiter, de vivre comme lui. C’aurait été cela, la philosophie. Mais j’ai fait erreur, car cette crédibilité est assortie, dans notre système inter-dire, d’un droit (d’un devoir&amp;nbsp;?) à orienter les autres, &lt;em&gt;c’est-à-dire&lt;/em&gt; – à leur faire savoir. J’ai sûrement loupé quelque chose&amp;nbsp;; je fus mal éduqué, sans doute. Je me ravise. Or donc, me dis-je cependant, dans ces conditions, quelle est cette liberté octroyée à chacun de philosopher si cela consiste à (devoir ou vouloir) &lt;em&gt;démontrer à tous que l’on sait&lt;/em&gt;&amp;nbsp;pour que d’autres à leur tour philosophent, c’est-à-dire à leur tour &lt;em&gt;démontrent à tous qu’ils savent, etc&lt;/em&gt;.? La philosophie&amp;nbsp;n’est-elle qu’un pur relais de savoir passant de l’un à l’autre au sein de l’inter-dire&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Assurément, entre (le) savoir et quelque double promesse de soi &lt;em&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;strong&gt;39&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Il y a bien plus qu’un &lt;em&gt;simple&lt;/em&gt; dire aux autres&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Bref, ai-je d’autre «&amp;nbsp;liberté&amp;nbsp;» que de démontrer&amp;nbsp;?* Mais si, parce que «&amp;nbsp;j’aurais mieux&amp;nbsp;» qu’elle, ou bien encore parce que je concevrais autrement ma liberté, je me refusais à celle offerte, que dira-t-on de moi&amp;nbsp;? – Que je &lt;em&gt;m’enchaîne&lt;/em&gt; à quelle valeur négative, que je suis &lt;em&gt;soumis&lt;/em&gt; à la subjectivité, à quelque secrète pulsion ou passion égotiste, à l’irrationalisme, etc. Alors il sera vain que j’argue par exemple pour ma défense une certaine logique, encore de base, à savoir que si je ne démontre rien à personne, les autres n’ont pas à se plaindre de moi &lt;em&gt;de ce que je leur dis.&lt;/em&gt; Alors pourquoi me jugent-ils&amp;nbsp;? C’est leur inter-dire qui le veut&amp;nbsp;: il ne supporte pas que je parle de la sorte, que je mette de côté tant de ces trésors qu’il offre. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;em&gt;Etre&lt;/em&gt; philosophe n’est pas parler philosophie. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;______________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;1. Article de ma confrontation&amp;nbsp;:* «&amp;nbsp;Die Philosophie in der Sprache&amp;nbsp;», de Dieter Heinrich, paru dans Information Philosophie 3/ 2007. Je précise qu’il se peut que j’ai mal compris et / ou traduit la pensée de l’auteur. Que le lecteur veuille donc bien, &lt;em&gt;le cas échéant&lt;/em&gt;, considérer cet écrit comme un «&amp;nbsp;bras-de-mer&amp;nbsp;» de plus dans l’expression de ma pensée. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;2. Philosophe-philologue, plus exactement. (infra)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;3. Wenn allerdings in jeder Sprache ein Gesamtverstehen von der Welt aufginge, das jegliches Denken durchherrscht und ermöglicht, dann müsste [!] auch die Philosophie zuletzt darauf beschränkt sein, dies Verstehen ausdrücklich zu machen und weiter auszulegen. Doch viele Gründe sprechen dagegen, das Verhältnis der Philosophie zur Sprache und zu ihrer eigenen Sprache so zu fassen. (7-4)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;4. Après tout, la philosophie est née d’un exercice de la langue&amp;nbsp;; celle-ci – c’est-à-dire ici l’inter-dire – pourrait donc la définir. Il est vrai que Heinrich s’interroge, plus loin, en ce sens. (15-7) Mais seulement après avoir placés &lt;em&gt;devant&lt;/em&gt; bien de prévenants obstacles&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;5. Celle-ci joue le rôle d’un des mots-clef tels qu’Heinrich les définit et l’intérêt qu’il leur accorde. (infra) «&amp;nbsp;Conscience de soi&amp;nbsp;» - que demander de plus&amp;nbsp;! Article de foi de la philosophie&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;6.&amp;nbsp;Mais rien là que de très conforme à la tâche de définir et de gérer les frontières que l’auteur fixe à la philosophie (infra) … La théorie de la langue fait-elle de même&amp;nbsp;? Définit-elle d’abord la théorie avant de s’attaquer à son objet&amp;nbsp;? Qu’est-ce qu’une théorie&amp;nbsp;? Je crois qu’un livre récent porte ce titre. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;7. Dans cette hypothèse, on rechercherait en quoi l’inter-dire grec antique, au travers de sa langue commune, a permis l’éclosion d’un langage comme la philosophie. Je partage l’avis de Heinrich selon lequel ça n’est pas dans des mots isolés (Heidegger) qu’on le trouvera. Non plus dans les textes des philosophes … &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;8. Mais il est dit en fin d’article que celui-ci n’est qu’un résumé. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;9. Mais ce peut n’être là qu’une opportunité de dire aux hommes … Le lien entre la philosophie et la conscience de soi est à ce point étroit qu’il est possible de penser que de celle-ci, objet potentiel de dire, est justement née la philosophie. La philosophie – un dire opportuniste&amp;nbsp;? Il n’est qu’à voir sa passion de nous dire&amp;nbsp;! Irai-je jusqu’à dire qu’elle est trop souvent, à mon goût, la boutique de la conscience de soi&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;10. Heinrich prétend que si une compréhension d’ensemble du monde logeait dans la langue et rendait possibles nos pensées tout en traversant et dominant chacune d’elles, alors la philosophie se &lt;em&gt;limiterait&lt;/em&gt; à rendre cette intelligence explicite et à l’exposer. (7-15) C’est le signe, selon moi, qu’il pense incessamment «&amp;nbsp;Culture&amp;nbsp;» (système ouvert sur le monde, dit-on, mais souverainement défini en tout cas) et méconnaît l’intérêt d’analyser les choses en termes de rapports de dires, en terme général d’inter-dire. Chaque langue maternelle dit certes le monde dans lequel nous vivons, comment nous l’avons organisé pour nous – mais peut-être aussi et surtout, dans la distribution et la hiérarchie des différents langages &lt;em&gt;dont certains sont des institutions&lt;/em&gt;, comment sont établis et prescrits les rapports humains (entre leurs différents types de dires). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;11. Chacun fait déjà bien son monde&amp;nbsp;! même si tous, bien éduqués, l’appellent «&amp;nbsp;opinion&amp;nbsp;». &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;12. Je lui oppose un relevé des différents dires et des relations humaines qu’ils induisent. &lt;br /&gt;13. Par exemple les frontières quelques peu mouvantes des diverses disciplines. A l’occasion de nouveaux concepts peuvent être créés. (9-7) &lt;br /&gt;14. Et plus terre-à-terre&amp;nbsp;: les différents langages aussi. (infra)&lt;br /&gt;15. «&amp;nbsp;La philosophie&amp;nbsp;» est-elle son principe unificateur&amp;nbsp;? &lt;br /&gt;16. Car nous-mêmes ne lui accorderions aucune sagesse personnelle qu’il ne saurait nous justifier. En outre, c’est bien là ce que semblent faire les philosophies professionnels&amp;nbsp;: justifier. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;17. Sans compter qu’il aurait aussi à la vérifier sans cesse, à cause de nouvelles objections possibles venant de l’extérieur, &lt;em&gt;toujours à craindre … &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;18. Notre savoir-croire*, dans sa plus large part «&amp;nbsp;instinctif&amp;nbsp;», est plus sage. Il est à la manœuvre. Il serait intéressant de découvrir où il passe le relais à la conscience, pour quelles raisons, et dans quelle mesure il lui inspire même parfois l’aveuglement ou la mauvaise foi&amp;nbsp;: le savoir-croire humain est si souvent &lt;em&gt;metis&lt;/em&gt;&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;19. Depuis longtemps déjà, les progrès que font nos philosophes dans leur vie personnelle en matière de philosophie ne se manifestent à nous que sous la forme de nouveaux écrits. De sempiternels «&amp;nbsp;essais philosophiques&amp;nbsp;». En outre, d’un livre à l’autre du même auteur, il n’y a pas même nécessairement progrès, mais le plus souvent, au mieux, une précision des concepts précédemment élaborés. Est-ce là tout pour nous&amp;nbsp;? Mais alors la sagesse pratique promise&amp;nbsp;? Juste de quoi savoir réfléchir&amp;nbsp;? Mais réfléchir quoi au juste qui nous concerne vraiment&amp;nbsp;si nous n’avons pas l’intention, à notre tour, d’écrire des livres&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;20. Un consensus étrange semble en effet autoriser des hommes à dire aux autres comment vivre sans avoir à leur dire comment eux-mêmes vivent. (Un relevé de dire parmi d’autres)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;21. Je peux même supposer que certaines de nos interrogations ne viennent peut-être, tragiquement, que de la grammaire&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;22. Le même mot «&amp;nbsp;Vorgabe&amp;nbsp;» que j’ai traduit plus haut par «&amp;nbsp;pré-donné&amp;nbsp;». &lt;br /&gt;23. A son heureux actif, il faut encore ajouter &lt;em&gt;l’inspiration&lt;/em&gt; que lui offre la flexibilité de la langue pour la mise en forme … (15-5)&lt;br /&gt;24. Notamment contre certaine théorie, de l’autre côté de la barrière … culturelle (supra) &lt;br /&gt;25. Ca n’est pas la philosophie qui gère leur existence mais l’inter-dire. Celui-ci est à la fois l’implicite «&amp;nbsp;langue des dires&amp;nbsp;» et la pratique effective de tous ces dires. Mon dire à moi, par exemple, n’est pas homologué. Mais celui d’un peintre au travers de son œuvre, par exemple, n’a pas pour autant le champ (…) libre. Il fait partie du champ culturel au sens noble du terme (un langage&amp;nbsp;?), lequel se démarque du champ économique, du champ philosophique, etc. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;26. Ses taches, sa méthode, les écueils qu’il lui faut éviter, etc. &lt;br /&gt;27. Pourquoi les hommes de savoir nous donnent-ils toujours quelque Objet ou Instance à adorer&amp;nbsp;? Même les «&amp;nbsp;Infos&amp;nbsp;» de 20 heures sont aujourd’hui un cri de ralliement&amp;nbsp;! Mais les infos pour quoi faire&amp;nbsp;? Philosophie ou information, chacun les reçoit individuellement (il n’a qu’un cerveau) et s’imagine, semble-t-il, que ça &lt;em&gt;lui&lt;/em&gt; parle. Erreur funeste&amp;nbsp;! Il ne saura donc jamais faire la différence entre un &lt;em&gt;discours&lt;/em&gt; (fut-ce en image) présenté POUR une masse – et un &lt;em&gt;dire&lt;/em&gt; véritable à l’autre, à lui. (Cf. «&amp;nbsp;A toi ou au plus grand nombre&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»). L’Instance&amp;nbsp;: un discours sans dire&amp;nbsp;? Je n’invente rien&amp;nbsp;: le discours s’adresse uniquement au tout &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(«&amp;nbsp;nous&amp;nbsp;») auquel chacun est censé pour l’occasion s’identifier. Sa vie à lui c’est tout autre chose, elle n’est pas ce tout, il n’est pas ce nous … On lui parle donc autrement quand on lui parle. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;28. Une référence à Vico&amp;nbsp;? &lt;br /&gt;29. A l’entendre dire, chacun de nous a raison d’être comme il est, de penser comme il pense, etc. Aussi, à voir son empressement à le faire savoir aux autres, on peut conclure qu’aucun n’accorde donc ce même droit aux autres. Mais la langue se prête aussi volontiers à cette iniquité. &lt;br /&gt;30. Elle-même n’est pas exempte de potentiels divers.&lt;br /&gt;31. On a vu à quel point la philosophie, selon Heinrich, tient à parler aux hommes en familière de leur langage. La loi du «&amp;nbsp;au plus grand nombre possible&amp;nbsp;», sans doute. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;32. Mais le mien est pourtant ici politique. &lt;br /&gt;33. Je ne veux pas dire ici «&amp;nbsp;langue&amp;nbsp;» pour ne pas prêter à confusion. &lt;br /&gt;34. Par exemple&amp;nbsp;: que signifie la solitude via la langue (= écrire sa solitude) en termes de relations humaines. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;35. Mais on a quand même le loisir de l’entreprendre à partir du sérail même. Mais gare alors aux paradoxes&amp;nbsp;et aux nécessaires mensonges ! &lt;br /&gt;36. Une sorte de «&amp;nbsp;Constitution politico-linguistique&amp;nbsp;». A ce titre sont intéressantes les notes de Wittgenstein&amp;nbsp;: ce que l’on pense sans le savoir (dans les deux sens du mot), par exemple.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;37. L’exercice de la rhétorique officielle est par définition homologué et soutenu comme un pouvoir (bâti logiquement, soutenu rationnellement, etc.)&amp;nbsp;; un homme vit du système, dans le système, et, pour peu qu’il ait quelque responsabilité institutionnelle, il est armé pour accomplir sa mission-fonction&amp;nbsp;: enrôler des adeptes d’un côté, défendre le système contre toute attaque de principe, de l’autre. Son moi est en jeu dans le système. &lt;br /&gt;38. J’ai tenté, sans succès, de susciter ailleurs&amp;nbsp;un s’entredire. Je n’y arriverais pas ici tout seul&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;39.&amp;nbsp;Connaissance de soi et identité bien tracée (sinon grasse). &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9058756189919666078-1747220690557881259?l=bras-de-mer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://qui-etre.hautetfort.com' title='Langages et inter-dire'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/feeds/1747220690557881259/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2010/01/langages-et-inter-dire.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/1747220690557881259'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/1747220690557881259'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2010/01/langages-et-inter-dire.html' title='Langages et inter-dire'/><author><name>varna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02779632710530652914</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9058756189919666078.post-2009085108530222484</id><published>2009-06-26T07:07:00.001-07:00</published><updated>2009-09-01T07:28:26.160-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vogel Matthias'/><title type='text'>Communication artiste ?</title><content type='html'>&lt;meta equiv="Content-Type" content="text/html; charset=utf-8"&gt;&lt;meta name="ProgId" content="Word.Document"&gt;&lt;meta name="Generator" content="Microsoft Word 12"&gt;&lt;meta name="Originator" content="Microsoft Word 12"&gt;&lt;link rel="File-List" href="file:///H:%5CDOCUME%7E1%5CDAVIDL%7E1%5CLOCALS%7E1%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_filelist.xml"&gt;&lt;o:smarttagtype namespaceuri="urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" name="PersonName"&gt;&lt;/o:smarttagtype&gt;&lt;link rel="themeData" href="file:///H:%5CDOCUME%7E1%5CDAVIDL%7E1%5CLOCALS%7E1%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_themedata.thmx"&gt;&lt;link rel="colorSchemeMapping" href="file:///H:%5CDOCUME%7E1%5CDAVIDL%7E1%5CLOCALS%7E1%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_colorschememapping.xml"&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:worddocument&gt;   &lt;w:view&gt;Normal&lt;/w:View&gt;   &lt;w:zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:trackmoves/&gt;   &lt;w:trackformatting/&gt;   &lt;w:hyphenationzone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:punctuationkerning/&gt;   &lt;w:validateagainstschemas/&gt;   &lt;w:saveifxmlinvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;   &lt;w:ignoremixedcontent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;   &lt;w:alwaysshowplaceholdertext&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;   &lt;w:donotpromoteqf/&gt;   &lt;w:lidthemeother&gt;FR&lt;/w:LidThemeOther&gt;   &lt;w:lidthemeasian&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeAsian&gt;   &lt;w:lidthemecomplexscript&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeComplexScript&gt;   &lt;w:compatibility&gt;    &lt;w:breakwrappedtables/&gt;    &lt;w:snaptogridincell/&gt;    &lt;w:wraptextwithpunct/&gt;    &lt;w:useasianbreakrules/&gt;    &lt;w:dontgrowautofit/&gt;    &lt;w:splitpgbreakandparamark/&gt;    &lt;w:dontvertaligncellwithsp/&gt;    &lt;w:dontbreakconstrainedforcedtables/&gt;    &lt;w:dontvertalignintxbx/&gt;    &lt;w:word11kerningpairs/&gt;    &lt;w:cachedcolbalance/&gt;   &lt;/w:Compatibility&gt;   &lt;w:browserlevel&gt;MicrosoftInternetExplorer4&lt;/w:BrowserLevel&gt;   &lt;m:mathpr&gt;    &lt;m:mathfont val="Cambria Math"&gt;    &lt;m:brkbin val="before"&gt;    &lt;m:brkbinsub val="--"&gt;    &lt;m:smallfrac val="off"&gt;    &lt;m:dispdef/&gt;    &lt;m:lmargin val="0"&gt;    &lt;m:rmargin val="0"&gt;    &lt;m:defjc val="centerGroup"&gt;    &lt;m:wrapindent val="1440"&gt;    &lt;m:intlim val="subSup"&gt;    &lt;m:narylim val="undOvr"&gt;   &lt;/m:mathPr&gt;&lt;/w:WordDocument&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:latentstyles deflockedstate="false" defunhidewhenused="true" defsemihidden="true" defqformat="false" defpriority="99" latentstylecount="267"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="0" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Normal"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="9" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="heading 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="0" qformat="true" name="heading 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="9" qformat="true" name="heading 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="9" qformat="true" name="heading 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="9" qformat="true" name="heading 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="9" qformat="true" name="heading 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="9" qformat="true" name="heading 7"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="9" qformat="true" name="heading 8"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="9" qformat="true" name="heading 9"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" name="toc 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" name="toc 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" name="toc 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" name="toc 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" name="toc 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" name="toc 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" name="toc 7"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" name="toc 8"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" name="toc 9"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="0" name="footnote text"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="35" qformat="true" name="caption"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="0" name="footnote reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="10" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Title"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="1" name="Default Paragraph Font"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="11" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtitle"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="22" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Strong"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="20" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="59" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Table Grid"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" unhidewhenused="false" name="Placeholder Text"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="1" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="No Spacing"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1 Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2 Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" unhidewhenused="false" name="Revision"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="34" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="List Paragraph"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="29" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Quote"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="30" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Quote"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1 Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2 Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1 Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2 Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1 Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2 Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="19" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="21" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="31" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="32" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="33" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Book Title"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="37" name="Bibliography"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" qformat="true" name="TOC Heading"&gt;  &lt;/w:LatentStyles&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if !mso]&gt;&lt;object classid="clsid:38481807-CA0E-42D2-BF39-B33AF135CC4D" id="ieooui"&gt;&lt;/object&gt; &lt;style&gt; st1\:*{behavior:url(#ieooui) } &lt;/style&gt; &lt;![endif]--&gt;&lt;style&gt; &lt;!--  /* Font Definitions */  @font-face 	{font-family:"Cambria Math"; 	panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:roman; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:-1610611985 1107304683 0 0 159 0;} @font-face 	{font-family:"Palatino Linotype"; 	panose-1:2 4 5 2 5 5 5 3 3 4; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:roman; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:-536870009 1073741843 0 0 415 0;}  /* Style Definitions */  p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-update:auto; 	mso-style-unhide:no; 	mso-style-qformat:yes; 	mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	text-align:justify; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	mso-bidi-font-size:12.0pt; 	font-family:"Palatino Linotype","serif"; 	mso-fareast-font-family:"Times New Roman"; 	mso-bidi-font-family:"Times New Roman";} h2 	{mso-style-unhide:no; 	mso-style-qformat:yes; 	mso-style-link:"Titre 2 Car"; 	mso-style-next:Normal; 	margin-top:12.0pt; 	margin-right:0cm; 	margin-bottom:3.0pt; 	margin-left:0cm; 	text-align:justify; 	mso-pagination:widow-orphan; 	page-break-after:avoid; 	mso-outline-level:2; 	font-size:14.0pt; 	font-family:"Palatino Linotype","serif"; 	mso-bidi-font-family:Arial; 	font-style:italic;} p.MsoFootnoteText, li.MsoFootnoteText, div.MsoFootnoteText 	{mso-style-update:auto; 	mso-style-noshow:yes; 	mso-style-unhide:no; 	mso-style-link:"Note de bas de page Car"; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	text-align:justify; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:8.0pt; 	mso-bidi-font-size:10.0pt; 	font-family:"Palatino Linotype","serif"; 	mso-fareast-font-family:"Times New Roman"; 	mso-bidi-font-family:"Times New Roman";} span.MsoFootnoteReference 	{mso-style-noshow:yes; 	mso-style-unhide:no; 	vertical-align:super;} span.Titre2Car 	{mso-style-name:"Titre 2 Car"; 	mso-style-unhide:no; 	mso-style-locked:yes; 	mso-style-link:"Titre 2"; 	mso-ansi-font-size:14.0pt; 	mso-bidi-font-size:14.0pt; 	font-family:"Palatino Linotype","serif"; 	mso-ascii-font-family:"Palatino Linotype"; 	mso-hansi-font-family:"Palatino Linotype"; 	mso-bidi-font-family:Arial; 	font-weight:bold; 	font-style:italic;} span.NotedebasdepageCar 	{mso-style-name:"Note de bas de page Car"; 	mso-style-noshow:yes; 	mso-style-unhide:no; 	mso-style-locked:yes; 	mso-style-link:"Note de bas de page"; 	mso-ansi-font-size:8.0pt; 	font-family:"Palatino Linotype","serif"; 	mso-ascii-font-family:"Palatino Linotype"; 	mso-hansi-font-family:"Palatino Linotype";} .MsoChpDefault 	{mso-style-type:export-only; 	mso-default-props:yes; 	font-size:10.0pt; 	mso-ansi-font-size:10.0pt; 	mso-bidi-font-size:10.0pt;}  /* Page Definitions */  @page 	{mso-footnote-separator:url("file:///H:/DOCUME~1/DAVIDL~1/LOCALS~1/Temp/msohtmlclip1/01/clip_header.htm") fs; 	mso-footnote-continuation-separator:url("file:///H:/DOCUME~1/DAVIDL~1/LOCALS~1/Temp/msohtmlclip1/01/clip_header.htm") fcs; 	mso-endnote-separator:url("file:///H:/DOCUME~1/DAVIDL~1/LOCALS~1/Temp/msohtmlclip1/01/clip_header.htm") es; 	mso-endnote-continuation-separator:url("file:///H:/DOCUME~1/DAVIDL~1/LOCALS~1/Temp/msohtmlclip1/01/clip_header.htm") ecs;} @page Section1 	{size:595.3pt 841.9pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:35.4pt; 	mso-footer-margin:35.4pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} --&gt; &lt;/style&gt;&lt;!--[if gte mso 10]&gt; &lt;style&gt;  /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable 	{mso-style-name:"Tableau Normal"; 	mso-tstyle-rowband-size:0; 	mso-tstyle-colband-size:0; 	mso-style-noshow:yes; 	mso-style-priority:99; 	mso-style-qformat:yes; 	mso-style-parent:""; 	mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; 	mso-para-margin:0cm; 	mso-para-margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:11.0pt; 	font-family:"Calibri","serif"; 	mso-ascii-font-family:Calibri; 	mso-ascii-theme-font:minor-latin; 	mso-fareast-font-family:"Times New Roman"; 	mso-fareast-theme-font:minor-fareast; 	mso-hansi-font-family:Calibri; 	mso-hansi-theme-font:minor-latin; 	mso-bidi-font-family:"Times New Roman"; 	mso-bidi-theme-font:minor-bidi;} &lt;/style&gt; &lt;![endif]--&gt;  &lt;h2&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/h2&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;(Juin 09, 5 pages) &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.4pt;"&gt;a) Nous avons longtemps cru nous aussi que &lt;i style=""&gt;vous&lt;/i&gt; nous parliez, et que vous nous parliez de quelque chose, notamment, objet de prédilection dans vos bouches, &lt;i style=""&gt;de ce qui nous échappe et qui nous détermine&lt;/i&gt; : du poste de commande, en quelque sorte. Aujourd’hui nous savons que cette volonté de savoir qui nous est commune fut toujours, de fait, à traduire, à placer ou replacer dans un contexte bien plus vivant et bien plus important pour notre avenir &lt;i style=""&gt;politique&lt;/i&gt; : celui des relations humaines à travers le &lt;i style=""&gt;dire&lt;/i&gt;, où la question première est :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Qui parle ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;J’invoquerai ici un autre &lt;i style=""&gt;nous&lt;/i&gt; que ce nous abstrait mais très efficacement concret (par son pouvoir de pénétration dans nos esprits) auquel nous avons toujours été dressés au fil des siècles, tout d’abord, originairement, &lt;i style=""&gt;pour&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;qu’&lt;/i&gt;il y ait du savoir puis, par la suite, &lt;i style=""&gt;pour quand&lt;/i&gt; il y aurait du savoir &lt;i style=""&gt;en perspective &lt;/i&gt;entre nous. Chacun de nous ne sait ainsi aujourd’hui encore que parce qu’un cadre relationnel a préalablement fait&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;–&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;i style=""&gt;nous.&lt;/i&gt;* &lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn1" name="_ftnref1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Qui est « nous » ? Aucun de nous.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Mais &lt;i style=""&gt;nous&lt;/i&gt; est l’enfant béni de l’inter-dire.&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn2" name="_ftnref2" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;Non seulement ça n’est pas à chacun de nous que vous parlez mais à un nous abstrait auquel chacun est convié et conviera à son tour s’il prend la parole selon les règles, mais en outre vous ne nous dîtes pas quelque chose : bien plutôt vous &lt;i style=""&gt;faites parler&lt;/i&gt; cette chose : Entité ou Instance. Une foule de réalités (d’Existants*) ont en effet, grâce à vous, le don de parole : Dieu, l’Histoire, &lt;st1:personname productid="la Culture" st="on"&gt;la Culture&lt;/st1:personname&gt;, &lt;st1:personname productid="la Sociologie" st="on"&gt;la Sociologie&lt;/st1:personname&gt;, &lt;st1:personname productid="la Collectivit￩" st="on"&gt;la Collectivité&lt;/st1:personname&gt;, &lt;st1:personname productid="la Pragmatique" st="on"&gt;la Pragmatique&lt;/st1:personname&gt;, &lt;st1:personname productid="la D￩mocratie" st="on"&gt;la Démocratie&lt;/st1:personname&gt;, etc. Même notre propre absence est susceptible de nous parler ! De Foucault à Brandom par exemple, nous entendons parler toute la dénégation du sujet que nous &lt;i style=""&gt;sommes&lt;/i&gt;. La « pratique », en l’occurrence, pense pour nous ! Un édifice &lt;i style=""&gt;entre nous&lt;/i&gt; – voilà ce que tout dire &lt;i style=""&gt;savoir&lt;/i&gt; dresse.&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn3" name="_ftnref3" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; C’est sur cette édification que se fonde votre désir de communiquer, &lt;i style=""&gt;c’est-à-dire &lt;/i&gt;de nous faire &lt;i style=""&gt;savoir&lt;/i&gt;. Sachant comme purs êtres de langage,* vous acceptez lors volontiers de répondre aux questions. Mais vous ne cherchez à savoir que pour autant que ça vous permet de commercer du réel parmi nous et de figurer en bonne place au sein de l’inter-dire. Vous êtes des &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;–&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;i style=""&gt;égoïstes&lt;/i&gt;. Le confort de l’intellectuel que vous êtes est de n’avoir pas à se justifier de &lt;i style=""&gt;faire&lt;/i&gt;, mais seulement, suivant la règle, de « ce qu’on dit ».&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn4" name="_ftnref4" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[4]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Les intentions et les relations sont &lt;i style=""&gt;entendues&lt;/i&gt; : seul compte la force du contenu, la &lt;i style=""&gt;démonstration. &lt;/i&gt;Comme si démontrer n’était rien d’autre que dire la vérité &lt;i style=""&gt;de parole&lt;/i&gt; ! &lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn5" name="_ftnref5" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;La vérité de parole sans la vérité de parler ? &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Vous livrez des contenus, mais parler ou écrire sont des comportements !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;b) Si dans l’œuf même, chacune de nos opinions, visions ou intuitions est aussitôt assortie, &lt;i style=""&gt;comme prise d’une violente démangeaison&lt;/i&gt;, d’explications en bonne et due forme, alors cela traduit à coup sûr qu’entre expression &lt;i style=""&gt;pure&lt;/i&gt; (sans témoin et sans destinataire prémédités) et communication il n’y a qu’un temps &lt;i style=""&gt;dont on se passerait.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;L’expression naît alors dans la seule communication &lt;i style=""&gt;pure&lt;/i&gt;, &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;« Son monde », dit-on.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Je ne veux pas me passer de ce temps-là. Je veux analyser et jouir de cette durée, de cette &lt;i style=""&gt;différence&lt;/i&gt; entre l’explicitation&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn6" name="_ftnref6" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[6]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; et l’explication.* Fussè-je un produit de l’inter-dire,* l’explication traditionnelle, douée d’arguments, est-elle forcément pour moi la seule &lt;i style=""&gt;conséquence&lt;/i&gt; possible de chacune de mes idées, chacun de mes ressentis ? Ceux-ci ne peuvent-ils emprunter un autre chemin, déboucher sur autre chose ? Le chemin qui va d’une vision du monde, par exemple, à sa démonstration, cet empressement nôtre à toujours vouloir expliquer, n’est peut-être que la manifestation de notre dressage collectif à l’inter-dire, à la communication &lt;i style=""&gt;pure &lt;/i&gt;* ; ce qui se dessine en revanche dans l’explicitation &lt;i style=""&gt;artiste&lt;/i&gt; qui tranche avec pareil automatisme, c’est &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;–&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;un autre rapport aux autres. &lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn7" name="_ftnref7" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[7]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Est-on libre de choisir son type de dire ? Il y a les explications qui servent à délimiter notre vision des choses (par exemple en quoi le « croire ontologique » n’est pas psychologique) ; il y a les explications qui l’illustrent (par exemple l’animal qui s’enfuit à mon approche me fait signe de notre commune présence). Mais s’il n’y a traditionnellement d’explications véritables que celles destinées à &lt;i style=""&gt;convaincre&lt;/i&gt;, alors ces deux exemples donnés en réalité « seulement » explicitent. En revanche, &lt;i style=""&gt;faire savoir&lt;/i&gt;, est-ce là tout ce que pour quoi nous voulons nous dire ? Ne serions-nous doués de paroles que pour toujours &lt;i style=""&gt;justifier&lt;/i&gt; auprès des autres ce qu’on leur dit, et se donner raison, &lt;i style=""&gt;quant à soi&lt;/i&gt;, d’être comme on est et de penser comme on pense ? Il y a certes un plaisir à convaincre autrui et à travailler à &lt;i style=""&gt;savoir ensemble&lt;/i&gt;, mais qu’advient-il « personnellement », dans un paradigme de communication &lt;i style=""&gt;pure&lt;/i&gt;, si l’on échoue ? On se retrouve sans rien, on se sent « vide ». La « réussite personnelle » passe donc par la reconnaissance d’autrui &lt;i style=""&gt;sine&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;qua&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;non&lt;/i&gt;.&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn8" name="_ftnref8" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[8]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Là encore pourtant le saut est franchi un peu vite. La communication se veut donc « pure » ? &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;–&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;elle &lt;i style=""&gt;sert &lt;/i&gt;à chacun d’expression&lt;i style=""&gt;. &lt;/i&gt;C’est le paradigme communicationnel qui veut ça, il nous éduque ainsi, ainsi nous enrôle. &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Si un homme change son habitude de toujours exclusivement communiquer (de la sorte), s’il laisse plus de place à l’expression &lt;i style=""&gt;pour elle-même&lt;/i&gt;, lui laisse seulement le temps d’être « elle-même » &lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn9" name="_ftnref9" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[9]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; avant de la livrer aux autres, que se passera-t-il ? Il se mettra alors à construire à partir de soi (dire-être*) et non plus à partir de l’effet escompté sur autrui. Ce sera déjà beaucoup pour se (re)connaître enfin &lt;i style=""&gt;lui-même &lt;/i&gt;! Surtout, il apercevra peut-être ce que le chemin traditionnel des explications destinées à convaincre (chemin emprunté par le désir d’expression de chacun suivant les règles) masquait jusque-là à sa vue : une autre forme de communication : une communication &lt;i style=""&gt;artiste&lt;/i&gt; ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;*&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;c) Que peut bien être une communication « artiste » ? Un échange de propos ou de réalisations artistiques ? Mais un propos, artistique ou pas, n’est pas nécessairement communicatif : il faut au minimum &lt;i style=""&gt;se comprendre&lt;/i&gt;. Pour cela, à coup sûr, il ne s’agit donc plus pour nous de communiquer de l’un à l’autre selon le paradigme, mais comme deux pièces d’une même appartenance. * La volonté de savoir et ses contraintes rendent nos expressions redevables &lt;i style=""&gt;a priori&lt;/i&gt; de la communication pure. Contre elle, chacun montrera alors quelque autre motif de dire aux autres que celui, sempiternel, de produire sur eux un effet &lt;i style=""&gt;escompté&lt;/i&gt;. &lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn10" name="_ftnref10" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[10]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;L’expression n’est pas &lt;i style=""&gt;préméditation&lt;/i&gt; !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;La communication « artiste » se fait ici &lt;i style=""&gt;éthique&lt;/i&gt; : nous comprendre signifie implicitement une &lt;i style=""&gt;autre&lt;/i&gt; relation de l’un à l’autre: « Disons ce que nous ne savons pas&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;–&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;non point ce que nous regrettons de ne pas savoir, mais précisément ce qu’il suffit à chacun de croire puisqu’il l’aura patiemment&lt;i style=""&gt; suivi, &lt;/i&gt;puisqu’il l’aura&lt;i style=""&gt; construit : &lt;/i&gt;que chacun rende apparent &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;– &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;et si possible beau &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;– &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;ce qu’il &lt;i style=""&gt;croit&lt;/i&gt;. N’allons point imaginer, ne spéculons pas, c’est inutile ! »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;d) Nos philosophes sont d’éternels étudiants. Ils veulent tous (et tout) savoir, c’est là leur dernière volonté. En ce sens, quelles que soient leurs divergences, ils sont tous des philosophes &lt;i style=""&gt;du &lt;/i&gt;savoir &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;– &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;et de tout ce qui s’en suit. Or s’il faut en effet des concepts pour expliciter ce que l’on voit et comprend (travailler à exprimer « ce qui est »), ceux-ci ne nous font pas nécessairement &lt;i style=""&gt;savoir. &lt;/i&gt;« Pour preuve »&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;:&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;j’ai exposé à mon tour (dans mon « fonds » et ici ou là) ma vision des choses&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;–&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;et il se peut qu’elle soit juste et vérifiable&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;– &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;mais non point sur une relation &lt;i style=""&gt;préétablie&lt;/i&gt; (et officielle) aux autres.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;C’est du dire-être, non point du savoir, &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Une traduction au monde, non point un investissement économique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Si je dis-être en marge de la communication actuelle, je le fais pourtant en mots. Si j’use du langage comme d’une palette de couleurs destinées à reproduire, à traduire, à exprimer, je veux croire que ça n’est pas en artiste mondain exposant son tableau, mais comme homme exposant un exemple possible à suivre. Bien sûr, puisque la &lt;i style=""&gt;raison &lt;/i&gt;du plus fort est et restera toujours la meilleure, il ne faut pas espérer une révolution mondiale de la communication. Mais peut-être que créer et se reconnaître soi permettra-t-il toujours à certains d’entre nous d’entrer autrement en contact avec les autres et avec eux-mêmes ? &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;e) « J’ai longtemps cherché à &lt;i style=""&gt;savoir &lt;/i&gt;; je reconnais aujourd’hui contre ce désir auréolé et innocent que je nourrissais en réalité en moi le succédané, imposé par la société, d’un tout autre désir, plus naturel, plus &lt;i style=""&gt;viscéral&lt;/i&gt; : celui de communiquer. » Et ainsi de chacun de nous ? &lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn11" name="_ftnref11" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[11]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Notre Culture, fondée sur le verbe savoir (à partir de ces Existants que sont &lt;st1:personname productid="la Pens￩e" st="on"&gt;la Pensée&lt;/st1:personname&gt;, &lt;st1:personname productid="la Raison" st="on"&gt;la Raison&lt;/st1:personname&gt;, Moi, etc.), n’est qu’un prolongement &lt;i style=""&gt;humain&lt;/i&gt; de la nature. L’illusion d’un dépassement de celle-ci tient au fait que nous nous concentrons sur les seuls Existants qu’elle produit, et non sur ses &lt;i style=""&gt;gestes&lt;/i&gt;, sur la réalité de son inter-dire …&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;En dépit de notre Culture, nous ne sommes supérieurs à aucun autre être au monde : la même violence. &lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn12" name="_ftnref12" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[12]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Une éthique de la communication parmi nous ne serait donc pas seulement un geste culturel et politique, elle nous élèverait véritablement au-dessus de la nature, de sa violence naturelle, naturellement &lt;i style=""&gt;aveugle&lt;/i&gt;. Le voulons-nous ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Ethique : communiquer autrement, &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Sur la base d’un dépassement de l’inter-dire historique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;f) Est-il éthique, conformément à notre désir de communiquer autrement, de livrer à des lecteurs une théorie &lt;i style=""&gt;seule&lt;/i&gt;, sans autre contexte de relations humaines, leur fournissant ainsi l’image d’un discours s’apparentant à l’éternelle théologie ? &lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn13" name="_ftnref13" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[13]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Ne serait-il pas plus équitable envers nous, lecteurs, de l’insérer entre une « vision des choses » et le type de dire qu’on aura explicitement choisi ? &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;«  Dis-moi, dis-nous simplement ce que tu penses. Epargne-nous de &lt;i style=""&gt;devoir &lt;/i&gt;suivre toutes tes démonstrations et de prendre note de tous ces justifications ou références jointes pour simplement connaître ta pensée&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;–&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;ils ne répondront pas nécessairement à &lt;i style=""&gt;nos&lt;/i&gt; questions. Donne-nous, tes explications seulement si on te les demande &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;– &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Eh quoi ! écris donc deux livres s’il le faut, l’un avec, l’autre sans ! &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;–&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Comment ! Tu crains de ‘‘n’intéresser’’ personne si tu ne &lt;i style=""&gt;convaincs&lt;/i&gt; pas !? Ah, je te tiens, affairiste ! Ce que tu crois n’y suffit-il pas ? T’est-il interdit de nous le dire ? En as-tu honte peut-être ? Ou bien crois-tu que ça n’intéresserait personne, que ça ne « regarde » que toi ? * Quelle leçon récites-tu donc là ! Mais dis-moi, qu’est-ce qui différencie une théorie dûment nourrie d’explications d’une exposition pure et simple de ses conclusions ? A qui s’adresse la première sinon à ceux qui voudraient s’y frotter &lt;i style=""&gt;s’ils le peuvent&lt;/i&gt; ? Et à qui s’adresse la seconde (la même sans les lourdeurs discursives) sinon à ceux qui &lt;i style=""&gt;se &lt;/i&gt;cherchent ? Cette seconde proposition t’étonne ? Eh quoi ! n’es-tu pas toi-même dans ce qui &lt;i style=""&gt;te&lt;/i&gt; parle&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;! N’as-tu pas choisi notamment de nous parler de telle chose &lt;i style=""&gt;plutôt que de telle autre ?&lt;/i&gt; Y aurait-il dans ton choix une question d’identité &lt;i style=""&gt;et un type (pré-)choisi de relations&lt;/i&gt;, peut-être? Et c’est purement de savoir que tu nous parles ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;g) (A Pierrôt) Quel est donc ce lien qui unit manifestement spiritualité et poésie ? (et inversement si l’on croit que le chemin est à double sens) : n’y a-t-il point là un autre type de&lt;i style=""&gt; dire&lt;/i&gt;, un autre &lt;i style=""&gt;espace&lt;/i&gt; de communication ? Croit-on, de façon plus générale, que d’un dire à l’autre, quelques différents qu’ils soient, seule la « chose dite » change ? &lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftn14" name="_ftnref14" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:10;"  &gt;[14]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; C’est mal connaître l’élan de parole. De quel dire ? Par exemple celui qui traduit le bonheur de trouver soudainement les mots qui résolvent, de ramasser, en même temps qu’on s’élève soi-même, ces images qui nous tombent dessus, apaisent une tension :&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Inspiration !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Ne &lt;i style=""&gt;dirait-on&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;pas&lt;/i&gt; la fin, fut-elle provisoire, d’un tourment, une résolution peut-être. Je veux me mettre humainement à prolonger la grâce, dire mes mots à d’autres qui peut-être les aimeront.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Le poète dit aux autres :&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;« Mes mots vous aiment. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Je suis heureux, nous dit-il plus prosaïquement, de posséder les mots qui &lt;i style=""&gt;parlent&lt;/i&gt; enfin, et pour cette raison de les livrer aux autres. Qu’est-ce à dire ? Devons-nous croire qu’il dit quelque &lt;i style=""&gt;chose&lt;/i&gt; dans le sens d’un &lt;i style=""&gt;objet&lt;/i&gt; perçu par l’autre ? Mais le lecteur ou mon interlocuteur qui comprend ce processus de création saura bien qu’il n’est point dit « quelque chose » mais que, bien plutôt, quelque chose se dit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Et si c’était notre relation de l’un à l’autre &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Du fait de l’espace choisi ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;De ce qui précède, un programme implicite se dessine : Dire-être enfin &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;– &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;et enfin communiquer ! Et si l’on n’y arrive pas : s’acharner à mettre au monde un grand poème. Parler au &lt;i style=""&gt;soi&lt;/i&gt;, parler au vent (c’est-à-dire au ciel et à la terre) &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;– &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;ou bien dire aux autres en beauté ce qu’on pense … Est-ce là tout ? Non, surtout de mots (ou de toute autre forme d’expression) &lt;i style=""&gt;faire&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;présence&lt;/i&gt;. Avant qu’il ne circule parmi les hommes …&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;… Dresser un tableau parmi les arbres  et les temples &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Qui soit aussi notre acte commun de présence.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Si créer est un acte de présence &lt;i style=""&gt;avant que d’être de communication&lt;/i&gt;, chacun est alors enfin libre &lt;i style=""&gt;d’expression&lt;/i&gt;, c’est-à-dire de se mettre tout d’abord lui-même en présence dans l’espace (de création-communication) de son choix. Il n’y a donc pas &lt;i style=""&gt;que&lt;/i&gt; les hommes, il y a un précédent, un « préalable » ! * Qu’il interpelle le dieu, se love en musique, s’architecture en peinture, ou s’invente dans un roman ses frères, cet autre espace sera montré à ses semblables  –&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;en quelque façon que ce soit : salles de concerts ou d’expositions ici ou là, ou en personne&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;– &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;pour qu’ils &lt;i style=""&gt;s’y&lt;/i&gt; reconnaissent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Ce ne sont pas que des mots, des sons, des formes ou des couleurs &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;Quand on ne voit plus seulement « la chose ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;*&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;[Rieuse digression : Rencontre avec un saint&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;- Mais pourquoi les hommes mêmes ne seraient-ils pas mon espace direct &lt;i style=""&gt;d’expression &lt;/i&gt;? Pourquoi n’écrirais-je pas en eux mon poème ? Je leur livrerais alors &lt;i style=""&gt;en&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;personne&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;- Es-tu un saint, mon frère ? Ceux qui agissent ainsi n’ont habituellement aucune idée de l’expression, ils ne vivent que de l’effet qu’ils produisent sur les autres. Ils n’ont aucune image sur laquelle s’arrêter, eux-mêmes ne sont rien, qu’incessante démangeaison.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;- Les hommes m’inspirent. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;- Veux-tu faire d’eux ta matière première ? &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;- Je veux leur donner, je ne retiens rien, je suis traversé d’une sorte de « plénitude vide », d’une transparence in-inquiète. Certains hommes, parce qu’ils n’ont peur de rien, combattent les autres et s’en servent. La plupart des autres, parce qu’ils en ont peur, se défendent. Je n’ai peur de rien &lt;i style=""&gt;et c’est pourquoi j’aime les hommes. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;- Crois-tu donc que notre civilisation en soit responsable ? Qu’elle pousse chacun à craindre les autres et ne leur laisse d’autre alternative, suivant sa propre force, que de les convaincre ou de s’en défendre ? &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;- Que ferais-je d’autre moi-même si j’expliquais cela aux hommes ? &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;- Au fond, ton dernier mot est &lt;i style=""&gt;amen !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;i style=""&gt;-&lt;/i&gt; Qu’il en soit ainsi ! &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;(nous rions). ]&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;&lt;0&gt;&gt;&lt;/p&gt;  &lt;div style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;br /&gt;&lt;hr size="1" width="33%" align="left"&gt;  &lt;!--[endif]--&gt;  &lt;div style="" id="ftn1"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref1" name="_ftn1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Ce signe est un renvoi facultatif aux &lt;i style=""&gt;bras-de-mer&lt;/i&gt; précédents, voire à mon « fonds ». &lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn2"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref2" name="_ftn2" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Quand Habermas dit « nous », nous parle-t-il ou parle-t-il à son tour de nous ? &lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn3"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref3" name="_ftn3" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; On pourrait se contenter de livrer aux autres ce que l’on croit « avec certitude » et ajouter: « Si vous en doutez, allez vérifier vous-même ! » De fait on laisserait ainsi à chacun la liberté de poser SES questions, histoire de ne point leur barrer la route, les étouffer dans l’œuf en forçant le respect de nos interlocuteurs ou lecteurs devant « ce-qui-est » &lt;i style=""&gt;et une si belle démonstration&lt;/i&gt;. Ainsi à quelqu’un qui &lt;i style=""&gt;sait&lt;/i&gt; que 2 x 2 font 4, je demande par exemple: « Qui parle ici ? » et « Où cela se passe-t-il donc ? » &lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn4"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref4" name="_ftn4" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[4]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Ainsi Wittgenstein creusant (dans &lt;i style=""&gt;De la certitude&lt;/i&gt;) la logique de nos propos, c’est-à-dire de leur seule signification&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;–&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;et ses épigones (Brandom par exemple) de réduire l’intention à la signification. * &lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn5"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref5" name="_ftn5" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Matthias Vogel, &lt;i style=""&gt;Medien der Vernunft&lt;/i&gt;, page 63, rapportant la pensée de Austin (reprise par Habermas) me donne à penser que « l’acte &lt;i style=""&gt;illocutoire&lt;/i&gt; » serait le privilège des gens de savoir : il serait &lt;i style=""&gt;entendu&lt;/i&gt; qu’il n’est pas comme le &lt;i style=""&gt;perlocutoire&lt;/i&gt;&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;–&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;cette vilaine recherche d’effet plus ou moins dissimulée. C’est-à-dire qu’à la différence de celui-ci, l’acte illocutoire serait parfaitement constructif, et ce en vertu des intentions, toutes clairement présentées, qui l’animent … Je ne vois là que la perfidie de coudées franches * associées à un droit ancestral oublié, c’est-à-dire que nul ne songe même plus interroger. Il est faux de sous-entendre que tout est dit : le dressage ou le conditionnement préalable n’est pas à taire, il est aujourd’hui encore une condition sine qua non : « volonté de savoir est preuve de socialisation » pourrait-on dire&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;–&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;c’est-à-dire qu’on &lt;i style=""&gt;est&lt;/i&gt; bien dans l’inter-dire en place, qu’on est prêt à entrer dans la danse. Qu’un individu s’avise seulement de ne pas vouloir savoir (la loi notamment) et de ne pas user de la façon de communiquer qu’on lui enseigne, pour voir … &lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn6"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref6" name="_ftn6" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[6]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Encore faut-il lui donner forme propre. &lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn7"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref7" name="_ftn7" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[7]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; L’exemple le plus pertinent est la différence de comportement envers l’autre selon que l’on croit ou que l’on sait – ce qu’on lui dit. On ne s’assure pas de savoir ce que l’on croit seulement pour soi … du reste, peu d’hommes ont cette exigence-là. Non, il importe le plus souvent de savoir que pour autant qu’on va (devoir ?) le dire aux autres, mieux : &lt;i style=""&gt;pour pouvoir dire aux autres avec autorité (dont la moindre forme est la crédibilité). &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn8"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref8" name="_ftn8" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[8]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Dans ces conditions, notre propre mort sera terrible parce qu’on sera alors seul : ici les autres nous quitteront, et de soi à soi on ne se reconnaîtra plus.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn9"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref9" name="_ftn9" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[9]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Ce qui ne veut pas dire nécessairement « être enfin soi » (slogan sans esprit de conséquence, car si c’est pire pour les autres ?)&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn10"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref10" name="_ftn10" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[10]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Supra. Pas de tremplin ici pour le savoir : la volonté de savoir n’a pas besoin de nos croires sinon pour les extraire de notre volonté de communiquer (et en faire du savoir &lt;i style=""&gt;sur nous&lt;/i&gt;). Mais peut-être bien, à l’inverse, que notre savoir-&lt;i style=""&gt;faire&lt;/i&gt; en matière de communication artiste a-t-il besoin de ceux-ci ? &lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn11"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref11" name="_ftn11" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[11]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Ronald A. Laing dit quelque part que nous cherchons tous une véritable rencontre. &lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn12"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref12" name="_ftn12" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[12]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Notre langage nous a permis de créer et de nous introjecter des Existants qui nous aident à croire en &lt;st1:personname productid="la Culture" st="on"&gt;la  Culture&lt;/st1:personname&gt; &lt;i style=""&gt;séparée&lt;/i&gt; de la nature. C’est là son « show » en quelque sorte. Dans la pratique, si l’on veut bien cesser de focaliser notre attention, selon les règles, sur les seuls Existants, les mobiles et le savoir-croire personnel et collectif * s’y manifestent alors pareillement que chez tous les autres êtres au monde (quelquefois même en pire !) : les mêmes &lt;i style=""&gt;croire&lt;/i&gt; et &lt;i style=""&gt;faire croire &lt;/i&gt;; surtout la même manifeste volonté de puissance.&lt;span style=""&gt;   &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn13"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref13" name="_ftn13" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[13]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Je songe ici à l’ouvrage théorique de Matthias Vogel (cité plus haut) qui m’aura inspiré ce texte &lt;i style=""&gt;plutôt qu’une analyse&lt;/i&gt;. Mais ça n’est qu’un exemple. &lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="" id="ftn14"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=9058756189919666078&amp;amp;postID=2009085108530222484#_ftnref14" name="_ftn14" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:8;"  &gt;[14]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Et que donc tous les dires, quels qu’ils soient, occupent le même espace ? &lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9058756189919666078-2009085108530222484?l=bras-de-mer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/feeds/2009085108530222484/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2009/06/communication-artiste_26.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/2009085108530222484'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/2009085108530222484'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2009/06/communication-artiste_26.html' title='Communication artiste ?'/><author><name>varna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02779632710530652914</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9058756189919666078.post-7839254967562275653</id><published>2009-06-23T09:42:00.000-07:00</published><updated>2009-06-23T09:43:31.205-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Krämer'/><title type='text'>Les médias de l'intention</title><content type='html'>&lt;meta equiv="CONTENT-TYPE" content="text/html; charset=utf-8"&gt;&lt;title&gt;&lt;/title&gt;&lt;meta name="GENERATOR" content="OpenOffice.org 3.0  (Win32)"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; 	&lt;!-- 		@page { margin: 2cm } 		H1 { margin-bottom: 0.11cm } 		H1.western { font-family: "Times New Roman", serif; font-size: 12pt } 		H1.cjk { font-family: "Lucida Sans Unicode"; font-size: 12pt } 		H1.ctl { font-family: "Arial", sans-serif; font-size: 16pt } 		H1.titr-western { font-family: "Palatino Linotype", serif; font-size: 16pt } 		H1.titr-cjk { font-family: "Lucida Sans Unicode"; font-size: 16pt } 		H1.titr-ctl { font-family: "Arial", sans-serif; font-size: 16pt } 		P.sdfootnote { margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-size: 10pt } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 		A.sdfootnoteanc { font-size: 57% } 		A.sdfootnotesym-western { font-size: 10pt } 		A.sdfootnotesym-cjk { font-size: 10pt } 	--&gt; 	&lt;/style&gt; &lt;h1 class="titr-western" align="CENTER"&gt; &lt;/h1&gt; &lt;h1 class="western"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(Juin 09, 5 pages)&lt;/span&gt;&lt;/h1&gt; &lt;h1 class="western"&gt;« L’intention de la structure »&lt;/h1&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Non, je n’ai pas l’intention de &lt;i&gt;faire parler&lt;/i&gt; à mon tour quelque entité, car à l’inverse de Michel Foucault ou de Robert Brandom par exemple &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href="#sdfootnote1sym"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; je ne prends pas partie pour quelque instance collective et normative (la structure ou la pratique, ou tout autre nom qu’on lui donne) au point de faire disparaître ou de nier le sujet  –  un sujet qui se trouve alors rejeté, pour ainsi dire, à l’autre bout de la pièce, c’est-à-dire à l’autre bout de la relation qu’il entretient avec les autres hommes. Mon soupçon est que pareille disparition du sujet est peut-être moins une conséquence des études entreprises qu’un moyen de mettre plus encore en avant, par simple effet de contraste, ce que l’auteur ici ou là &lt;i&gt;présente&lt;/i&gt; : elle ferait partie d’un « dispositif », comme l’entend peut-être J.L. Baudry, c’est-à-dire d’une sorte d’« intention sans sujet », ici la &lt;i&gt;condition d’un énoncé. &lt;/i&gt;&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;i&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc" href="#sdfootnote2sym"&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Je ne veux pas faire parler une autre « entité » que « moi » &lt;i&gt;si je parle effectivement à d’autres hommes&lt;/i&gt;. Si j’évacuais le sujet qui parle, je ferais précisément parler une sociologie, une théorie ou une histoire, sempiternels avatars institutionnels de cet inter-dire ancestral (en actes de dire) dont j’entreprends ici et là de remettre en question le paradigme. Car il signifie, selon moi, le paradigme d’une certaine relation, ancestrale,  à « ce qui est » et à « ceux qui savent », rarement interrogée. Mon premier étonnement face à cette façon de faire propre au savoir ou à sa méthode &lt;i&gt;en matière de dire&lt;/i&gt;, fut-il révolutionnaire, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote3anc" href="#sdfootnote3sym"&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; peut s’exprimer ainsi :  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;C’est telle ou telle instance ou entité que l’auteur fait parler dans ce livre,  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;&lt;i&gt;Mais c’est pourtant lui qui le signe.&lt;/i&gt;  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Mais je ne sacralise pas pour autant le sujet ou moi-même. Je n’en fais pas une entité homogène, et moins encore souveraine. Il m’importe assez peu pour mon propos d’avoir cette ferme consistance qu’on prête aux objets de valeurs.&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote4anc" href="#sdfootnote4sym"&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Je garde, si l’on veut, de chacun de nous, bien que sujet historique lui aussi (comme ces entités qui l’encadrent de toutes parts et d’autres que son propre moi, même, &lt;i&gt;enserre&lt;/i&gt;), sa capacité naturelle et toujours actuelle (sous tous ses travestissements) de croire et de faire croire. (…)&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote5anc" href="#sdfootnote5sym"&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Ces deux notions sont ici exemptes de jugement de valeur pour autant que je peux, à titre de méthode, user d’un simple naturalisme souriant.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;« L’invention de la structure » : l’expression n’est donc pas à prendre au sens propre et coutumier de signe d’une intention d’afficher « ce qui est », fut-ce sous la forme d’une hypothèse ou d’une plausibilité (« voici selon moi ce qu’il en est de »). Je l’écris dans le sens de :  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;« Voyez comment l’ensemble que forment nos dires entre eux  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;Semble s’organiser de lui-même à notre insu, &lt;i&gt;comme si lui aussi pensait.&lt;/i&gt; »  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;On le voit, loin de se résoudre, l’énigme posée dans mon « fonds » s’étend à des Existants non étants, (…) à des Existants &lt;i&gt;possibles … &lt;/i&gt;Je l’ai écrit tantôt, il me faut à mon tour m’y résigner :  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;La vérité est notre &lt;i&gt;amen.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Pour autant, si j’ignore le « fin mot » de l’énigme et me résous à jouer le jeu du croire et du faire croire, j’assume les conséquences de mes découvertes en matière d’expression et de communication (ce que je crois de mes Existants : inter-dire, savoir-croire, dire-être …) sur mon propre dire : je ne vais pas creuser ces réalités découvertes à mon tour, et auxquels je donne mes mots, au point d’en faire des objets de savoir, des motifs de savoir. Je préfère les laisser au stade de vision du monde ou d’intuition. Je ne saurais en effet alimenter le nom et le verbe par excellence de la grammaire actuelle de notre inter-dire. Je ne &lt;i&gt;suis&lt;/i&gt; pas dans cette logique. Je suis à la recherche (ou la redécouverte) d’un sage mélange d’expression et de communication. (…)  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Voici donc ce que je suis en mesure de &lt;i&gt;construire&lt;/i&gt; et de faire exister pour vous aussi peut-être. Voilà ce que je dis. Même ce que je sais malgré moi, c’est-à-dire en dépit de ma résolution de m’en tenir au verbe croire, constitue pour ma conception de la communication seulement un matériau de construction. Non point, bien sûr, un matériau pour un plus grand savoir encore, mais pour ce que je &lt;i&gt;communique. &lt;/i&gt;C’est dire que ce que je sais, je ne veux surtout pas me contenter de vous le dire, moins encore d’en vivre ou de tirer quelque gloire de l’imposer, de l’enseigner. L’enseignement, précisément, transmet une tradition, un certain &lt;i&gt;rapport&lt;/i&gt; à ce qui est et à ceux qui veillent à sa perpétuation. Au perfectionnement du dispositif, en définitive. Fut-il enseignement de quelque réalité révolutionnaire, un enseignement &lt;i&gt;pourrait&lt;/i&gt; pourtant constituer pour nous une invite autre qu’à simplement apprendre et assimiler pour pouvoir communiquer plus ou moins de force.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;On ne s’arrêterait plus au savoir&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;Surtout pas pour le dire.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt; Je ne dévalue tout du long le savoir auquel on s’arrête que parce qu’il constitue une relation figée à « ce qui est » et à ceux qui nous enseignent. Nous pouvons autrement nous dire.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="JUSTIFY"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Le caché du sens &lt;/b&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Si aucune partie n’est jamais le tout, ni le tout la somme des parties, parler de « l’intention » de ce tout, de cette structure que nous formons ou dans laquelle nous vivons, renvoie logiquement à quelque « sens caché » pour nous, individus. Pour ma part, je me contente de parler ici de « savoir-croire » d’espèce ou propre à une civilisation, une collectivité, etc. (…) La métaphysique, nous dit Sybille Krämer, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote6anc" href="#sdfootnote6sym"&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; interroge précisément l’invisible mais néanmoins réel qui se cache derrière le donné. Et elle met en parallèle ce caché qui fait traditionnellement l’objet de la recherche métaphysique avec le côté invisible mais non moins actif des médias. (82-3) Rien de méta&lt;i&gt;physique&lt;/i&gt; cependant dans son analyse : selon elle, dans l’évènement (ou processus ?) médiatique, la surface visible est constituée du sens, du contenu ; la structure profondément cachée en revanche, est [simplement] formée par le médium même, dans sa propre &lt;i&gt;matérialité&lt;/i&gt; sensorielle. Le visible est le message, l’invisible le médium. (id.) Selon moi, il y a sans nul doute un lien stratégique entre l’invisibilité du médium et la visibilité exclusive du message : &lt;i&gt;ne montrer que celui-ci.&lt;/i&gt;&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;i&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote7anc" href="#sdfootnote7sym"&gt;&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Pour autant il n’y aurait donc dans ce caché aucune « intention ». Une opportunité tout du moins, peut-être ? Celle, précisément de faire parler un &lt;i&gt;absent&lt;/i&gt;, de montrer d’une main invisible ? (&lt;i&gt;infra&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Le caché est toujours associé à un non-caché, un manifeste, un présent, un « donné ». Son « caché » attenant ne serait cependant plus, pour nous, dans quelque réalité métaphysique parce que transcendante, mais dans ce que lui-même cache, à savoir &lt;i&gt;dans ses propres conditions d’apparition (être) et d’exercice (faire-croire)&lt;/i&gt;. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote8anc" href="#sdfootnote8sym"&gt;&lt;sup&gt;8&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Dans cette optique, lesdites conditions nous apparaissent comme s’il s’agissait d’intention, voire de préméditation. Elles font naître un &lt;i&gt;soupçon&lt;/i&gt;. J’ai ainsi soupçonné tantôt une intention de masquer, un « comme si » dans le faire savoir : « Le dire savoir &lt;i&gt;insiste sur l’objet, ne voit que lui, ne montre que lui&lt;/i&gt; ».&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;i&gt; &lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote9anc" href="#sdfootnote9sym"&gt;&lt;sup&gt;9&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; J’y ai vu une stratégie, la main invisible d’un « savoir-croire » inspirant notre inter-dire. Je suggère ici pareillement l’ironie d’une certaine histoire de la recherche humaine :   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;Le sens du caché, c’est celui que lui-même renferme :  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;Le verbe savoir est au croire ce que le sens est aux signes. (…)&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Les hommes croiraient ainsi sincèrement que la vérité se découvre derrière l’apparence (et grâce à elle ainsi &lt;i&gt;sauraient&lt;/i&gt;), sans voir que ce qu’il y a « derrière » cette apparence n’est que ce qui est nécessairement et simplement tu ou masqué &lt;i&gt;pour que&lt;/i&gt; &lt;i&gt;ça apparaisse&lt;/i&gt;. Et ainsi de la vérité !? Ce que la vérité renferme originellement en son sein, objet élu de parole, c’est peut-être la raison &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; pour laquelle elle est apparue. Le réseau, l’inter-dire humain s’est organisé &lt;i&gt;tout seul&lt;/i&gt; (comme tout ce qui est réseau) &lt;i&gt;pour que&lt;/i&gt; les hommes se saisissent d’elle, la vérité, comme d’une opportunité pour leur dire ; leur « savoir-croire » aurait donné aux hommes la vérité (tombée du ciel comme par miracle) &lt;i&gt;pour qu’ils communiquent enfin&lt;/i&gt;, s’organisent &lt;i&gt;consciemment&lt;/i&gt;. Le réseau (Existant non-&lt;i&gt;étant&lt;/i&gt;) s’est auto-organisé comme s’il pensait. Nous lui prêtons même l’intention de nous aider à prendre conscience de nous-mêmes. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote10anc" href="#sdfootnote10sym"&gt;&lt;sup&gt;10&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Mais ceux qui parlent des normes de la langue ou des médias comme de ce qui détermine a priori nos intentions de signifier, ne vont pas assez loin : De nos jours les médias offrent à chacun l’opportunité de n’avoir plus simplement à &lt;i&gt;s’exprimer&lt;/i&gt;, dire ce qu’il pense, mais de pouvoir enfin « communiquer », &lt;i&gt;c’est-à-dire penser tout autrement …&lt;/i&gt;&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote11anc" href="#sdfootnote11sym"&gt;&lt;sup&gt;11&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; : la vérité traditionnelle, en-soi, n’a plus cours ; la vérité nouvelle est désormais une vérité d’inter-dire &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote12anc" href="#sdfootnote12sym"&gt;&lt;sup&gt;12&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; jusqu’à l’excès, jusqu’à faire croire aux hommes que l’expression est &lt;i&gt;toute&lt;/i&gt; communication.    &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Le dispositif relationnel du verbe savoir&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Les médias sont transparents, dit Krämer, et ils nous livrent ce qui n’est pas d’eux, mais auquel ils ajoutent leur griffe  –  c’est-à-dire leurs intentions &lt;i&gt;au passage &lt;/i&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Il y a de l’implicite dans l’usage que nous faisons du langage, au point que toute intention individuelle de signifier serait quasi impersonnelle, nous dit en substance Brandom. Qu’est-ce que ça &lt;i&gt;signifie&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Nos comportements sont normalisés entre nous autour du verbe savoir, est ce que je veux dire ici. Le dispositif relationnel qui l’encadre est tel qu’il semble avoir été conçu tout exprès : la personne qui m’enseigne ou m’informe ne me parle pas d’elle-même, elle fait parler quelque objet ou réalité. Entre nous, on ne se parle que de quelque &lt;i&gt;chose&lt;/i&gt;, voire d’objectivités et de méthodes. Chacun tacitement sait bien qu’il défend ses intérêts propres, qu’il est là, dans la relation, pour représenter quelque chose ou idée. Voilà qui est parfaitement entendu. Cependant, que quelqu’un me parle par exemple de philosophie de l’esprit ou de philosophie des médias, je sens bien qu’il ne me dit pas seulement ces choses dont il parle, il me voit bien plutôt &lt;i&gt;être&lt;/i&gt; dans tel ou tel espace conçu par sa pensée, et me parle manifestement &lt;i&gt;pour que je m’y sente à mon tour&lt;/i&gt;. En clair, son intention de  me faire savoir ou de me transmettre (médias) ne vise pas seulement à me « faire croire », elle vise, de par la relation tripartite qui est mise en scène &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote13anc" href="#sdfootnote13sym"&gt;&lt;sup&gt;13&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; à me faire &lt;i&gt;être&lt;/i&gt;. Le comportement de mon interlocuteur (ou de l’appareil médiatique), me &lt;i&gt;montre&lt;/i&gt; en effet que je SUIS véritablement l’ami ou l’adversaire, le client, le patient, l’élève, le citoyen, le téléspectateur etc. … &lt;i&gt;qui va avec&lt;/i&gt; le discours qu’il prononce. (…) Surtout, ce que je comprends, c’est que je ne suis rien ou nulle part si je crois être &lt;i&gt;ailleurs&lt;/i&gt;. Alors à mon tour, je lui réponds implicitement qu’il a raison, que notre relation doit en effet être tripartite, consister à faire être l’autre, qu’il est un devoir civique pour chacun de nous d’informer son prochain … Chez Platon, déjà, le dialogue était la forme idéale &lt;i&gt;d’éducation&lt;/i&gt;. Que pourrais-je changer à une si longue tradition !&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Médias ou inter-dire ? &lt;/b&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Il n’est pas étonnant que nos philosophes s’occupent de philosophie des médias et non point de l’inter-dire, des relations humaines qui les ont mises en place. N’est-ce point l’inter-dire humain pourtant qui s’est cristallisé ici ou là en institutions plus ou moins médiatiques, mais toujours éminemment formatrices et normatives ? Pourquoi isoler un pouvoir technique de faire l’homme quand l’inter-dire tout entier auquel on appartient et que l’on perpétue en est à l’origine et aujourd’hui encore l’objet de tous les appétits ? N’avons-nous pas à parler des institutions qui sont les nôtres, quelques-unes fixes (mentales et politiques), d’autres « mobiles » : les médias ? Pourquoi éluder encore et toujours les relations humaines ?  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;Parce qu’on &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; dans la &lt;i&gt;communication&lt;/i&gt; en place.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;J’ai moi aussi dans la tête plein d’« espaces pensables » comme dit Dieter Mersch, mais si je vous les dis sans jamais savoir, je ne vous &lt;i&gt;y&lt;/i&gt; invite pas, je vous les présente seulement. On nous dit que les médias relaient ; mais ne nous transportent-ils pas bien plutôt ? Ne nous arrachent-ils pas à notre plate présence (et ses Existants) pour nous distraire, nous faire voir du pays, nous faire rencontrer plein de gens ? A. Margreiter va jusqu’à assimiler la médialité à l’Etre &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote14anc" href="#sdfootnote14sym"&gt;&lt;sup&gt;14&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Mais l’inter-dire n’est-il pas notre milieu ? N’est-il pas ce qui correspond topologiquement le mieux à notre verbe dire ? Notre dire (inter-dire) a créé deux espaces :  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;1) celui dans lequel on peut se dire (langue)&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;2) celui dont on connaît sur tous &lt;i&gt;l’influence&lt;/i&gt; (et c’est pourquoi on le convoite)&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;C’est ce dernier espace (par exemple constitué en « Etat d’esprit » (…)) que les médias véhiculent sans le dire (quoi qu’ils disent ou transmettent), et non point les médias en tant que tels (lesquels ?) qui déterminent, sinon comme &lt;i&gt;langue&lt;/i&gt;, nos dires. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote15anc" href="#sdfootnote15sym"&gt;&lt;sup&gt;15&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Nos philosophes sont des agents de cette langue, ils usent des médias comme d’un moyen de dire … &lt;i&gt;au plus grand nombre possible&lt;/i&gt;.    &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;h1 class="western"&gt;Expression / communication : sœurs ennemies ?&lt;/h1&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Deux questions, une attenante et une aboutissante :&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;La tenante :&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Les médias favorisent-ils en chacun de nous (producteur potentiel) une autre intention de communiquer (et pas seulement une autre &lt;i&gt;façon&lt;/i&gt; de communiquer) pour la seule raison qu’elles lui permettent de toucher un plus grand nombre ? &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Soupçon rétroactif :&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La vérité et la raison seraient-elles précisément apparues parmi les hommes dans cette autre intention? Si oui, alors l’expression naturelle et spontanée et la communication moderne sont désormais des sœurs ennemies. L’expression qui débouche &lt;i&gt;aussitôt&lt;/i&gt; sur les médias (de par leur influence sur chacun de nous dès son enfance), c’est la communication &lt;i&gt;pure&lt;/i&gt;, pure recherche de l’effet sur autrui sans l’entremise d’une expression &lt;i&gt;séparable&lt;/i&gt;. C’est le code de notre inter-dire actuel, c’est la mort de l’expression.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;L’aboutissante : &lt;/b&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Quelle conséquence (si l’on veut bien en tirer) sur notre propre dire peut avoir la découverte de la tache aveugle de ce dire savoir constitutif de notre savoir communiquer ? Selon moi : une éthique de la communication qui redonne à l’expression son primat.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Alternative présente :&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Ou bien nous continuons de nous parler comme si nous étions sur Mars  –  c’est-à-dire que là où nous sommes n’a aucune importance puisque toute « expression » EST désormais (dans un réseau de) communication  –  ou bien chacun de nous retrouve ses esprits, reprend conscience non seulement de l’ici et du maintenant, mais aussi de ce que c’est que dire(-être) à l’autre sans aussitôt vouloir le faire être.&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;S’il est une expression &lt;i&gt;indépendante&lt;/i&gt;, elle doit pouvoir se distinguer d’une pure recherche de l’effet sur autrui. Une « critique de la communication pure » consisterait à réveiller l’expression, à lui montrer la voie d’une autre communication. Communication &lt;i&gt;artiste&lt;/i&gt; ? &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote16anc" href="#sdfootnote16sym"&gt;&lt;sup&gt;16&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;&lt;&lt;o&gt;&gt;&lt;/p&gt; &lt;div id="sdfootnote1"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc"&gt;1&lt;/a&gt; 	Que je découvre respectivement dans « L’archéologie du 	savoir » et dans l’article cité dans mon écrit précédent 	« &lt;i&gt;A toi ou au plus grand nombre ?&lt;/i&gt; » (écrit 	auquel nombre de passages de celui-ci font allusion.)   	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote2"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote2sym" href="#sdfootnote2anc"&gt;2&lt;/a&gt; 	Mon dire répond également à des conditions, mais peut-être 	est-il plus libre face aux « normes de significations » 	dont parle Brandom pour nier « l’intention du sujet », 	s’il n’a précisément pas la même &lt;i&gt;intention de signifier ?&lt;/i&gt; 	Si ma façon de faire (avec mon dire) vise une autre façon de 	signifier et un autre objet de signification, alors peut-être 	« j’intentionne » en retour notre langue ?  Je me 	garde cependant de la faire parler !&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote3"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote3sym" href="#sdfootnote3anc"&gt;3&lt;/a&gt; 	« Foucault révolutionne l’histoire », écrit Paul 	Veyne, c’est-à-dire sa méthode et son objet. Mais pareille 	révolution du contenu et de la méthode ne change rien au geste de 	dire aux autres. Ca n’est pas son intention.   	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote4"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote4sym" href="#sdfootnote4anc"&gt;4&lt;/a&gt; 	« Faire de l’analyse historique le discours du continu et 	faire de la conscience humaine le sujet originaire de tout devenir 	et de toute pratique, ce sont les deux faces d’un même système 	de pensée » écrit Foucault (22)  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote5"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote5sym" href="#sdfootnote5anc"&gt;5&lt;/a&gt; 	Le signe (…) renvoie pour plus de précisions à mon « fonds ». 		&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote6"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote6sym" href="#sdfootnote6anc"&gt;6&lt;/a&gt;&lt;span lang="de-DE"&gt; 	In : &lt;/span&gt;&lt;span lang="de-DE"&gt;&lt;i&gt;Was ist Medienphilosophie&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="de-DE"&gt;, 	I. P. 1/ 2006. &lt;/span&gt; 	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote7"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote7sym" href="#sdfootnote7anc"&gt;7&lt;/a&gt; 	« Le dire savoir &lt;i&gt;insiste sur l’objet, ne voit que lui, ne 	montre que lui&lt;/i&gt; ».&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; 	(A toi ou au plus grand nombre ? » page 8.)&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote8"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote8sym" href="#sdfootnote8anc"&gt;8&lt;/a&gt; 	Krämer va même jusqu’à dire que tout ce qui est donné l’est 	par quelque média, que les médias peuvent être compris comme les 	conditions invisibles de la possibilité même du donné. Lambert 	Wiesing en déduit que la &lt;i&gt;philosophie&lt;/i&gt; des médias ne doit pas 	être comprise comme une discipline de la philosophie, mais comme 	une chance de déterminer comment la philosophie doit être 	pratiquée. Pour Martin Seel, la philosophie des médias pourrait 	bien enrichir l’art de philosopher. (31-1)&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote9"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote9sym" href="#sdfootnote9anc"&gt;9&lt;/a&gt; 	Cf. « A toi ou au plus grand nombre ? » page 8.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote10"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote10sym" href="#sdfootnote10anc"&gt;10&lt;/a&gt; 	Le point de vue de Matthias Vogel ?  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote11"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote11sym" href="#sdfootnote11anc"&gt;11&lt;/a&gt; 	Le langage est lui-même pour chacun de nous l’opportunité de 	l’organiser en discours suivant nos capacités logiques et 	artistiques. Mais il demeure une occasion de seulement s’exprimer, 	pas de communiquer (Cf. paragraphe suivant). En ce sens il n’est 	pas média.   	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote12"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote12sym" href="#sdfootnote12anc"&gt;12&lt;/a&gt; 	Un savait si tous savaient. Aujourd’hui, l’interdisciplinarité 	accroît plus encore l’horizontalité humaine (sublunaire) de la 	vérité et fait ainsi lentement disparaître parmi les hommes tout 	résidu de transcendance. Pour autant, elle resserre les liens entre 	les hommes au point de les arracher à leur penchant naturel pour 	l’individualité, le privé, la spiritualité, la poésie, la 	superstition parfois … qui en sont à l’origine.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote13"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote13sym" href="#sdfootnote13anc"&gt;13&lt;/a&gt; 	Cf. &lt;i&gt;A toi ou au plus grand nombre possible ?&lt;/i&gt;   	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote14"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote14sym" href="#sdfootnote14anc"&gt;14&lt;/a&gt; 	 I.P.4/07&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote15"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote15sym" href="#sdfootnote15anc"&gt;15&lt;/a&gt; 	Dans la série « les médias nous font », on doit 	distinguer, il me semble, l’acteur, « le milieu » et 	l’outil proprement dit. Le milieu, au sens technique du mot, ce 	sont les institutions médiatiques et les hommes qui en vivent 	(télés, journaux, radios…) ; l’outil, c’est l’ensemble 	des moyens matériels de « fourguer », outil plus ou 	moins à la disposition de chacun (internet …) ; l’acteur 	c’est l’inter-dire au stade de son évolution. Il y a là une 	volonté de puissance en ébullition.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote16"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote16sym" href="#sdfootnote16anc"&gt;16&lt;/a&gt; 	Cf. Bras de mer suivant.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9058756189919666078-7839254967562275653?l=bras-de-mer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/feeds/7839254967562275653/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2009/06/les-medias-de-lintention.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/7839254967562275653'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/7839254967562275653'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2009/06/les-medias-de-lintention.html' title='Les médias de l&apos;intention'/><author><name>varna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02779632710530652914</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9058756189919666078.post-3510595135020965790</id><published>2009-06-23T09:40:00.000-07:00</published><updated>2009-06-23T09:42:03.475-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Tietz'/><title type='text'>A toi ou au plus grand nombre ?</title><content type='html'>&lt;meta equiv="CONTENT-TYPE" content="text/html; charset=utf-8"&gt;&lt;title&gt;&lt;/title&gt;&lt;meta name="GENERATOR" content="OpenOffice.org 3.0  (Win32)"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; 	&lt;!-- 		@page { margin: 2cm } 		H1 { margin-bottom: 0.11cm } 		H1.western { font-family: "Times New Roman", serif; font-size: 12pt } 		H1.cjk { font-family: "Lucida Sans Unicode"; font-size: 12pt } 		H1.ctl { font-family: "Arial", sans-serif; font-size: 16pt } 		H1.titr-western { font-family: "Palatino Linotype", serif; font-size: 16pt } 		H1.titr-cjk { font-family: "Lucida Sans Unicode"; font-size: 16pt } 		H1.titr-ctl { font-family: "Arial", sans-serif; font-size: 16pt } 		P.sdfootnote { margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-size: 10pt } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 		A.sdfootnoteanc { font-size: 57% } 		A.sdfootnotesym-western { font-size: 10pt } 		A.sdfootnotesym-cjk { font-size: 10pt } 	--&gt; 	&lt;/style&gt; &lt;h1 class="titr-western"&gt; &lt;/h1&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Un savoir-faire nommé dire. Ou encore : Ce que croire et savoir font dire. &lt;/b&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Sommaire :&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Quelle intention as-tu de me dire ? Quelle relation entre nous est-ce là ?  &lt;/b&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Quel sujet choisis-tu pour ton verbe dire ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Quelle intersubjectivité est la nôtre ? &lt;/b&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Ce que savoir fait dire et ce qu’il empêche de voir.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;Digression : quelle identité, pour quoi faire ? &lt;/b&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;(8 pages en tout, juin 09)&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;*  &lt;/p&gt; &lt;h1 class="western"&gt;Quelle intention as-tu de me dire ? Quelle relation entre nous est-ce là ?     &lt;/h1&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Pourquoi des philosophes de métier disputent-ils tel ou tel sujet&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href="#sdfootnote1sym"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; quand, écrivant des articles sur les mêmes revues, ils ont manifestement les mêmes intentions, &lt;i&gt;le même type de dire&lt;/i&gt; ? Dire &lt;i&gt;savoir&lt;/i&gt;, en l’occurrence, est-ce de leur part user explicitement de la raison (qui habite ou gouverne implicitement ou explicitement le monde) et délivrer simplement ses manifestations à l’auditeur ou au lecteur, ou bien invoquer implicitement devant lui les raisons de sa subordination à l’« inter-dire » collectif sur lequel ils ont ou espèrent quelque influence ? &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc" href="#sdfootnote2sym"&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Concrètement : que peut bien vouloir dire pour eux « chercher à convaincre l’autre »  quand on est assuré soi-même, comme chacun d’eux, de savoir ? &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote3anc" href="#sdfootnote3sym"&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Puisque tous ces philosophes ont le même type de dire, ne peut-on imaginer leur parler autrement qu’ils ne le font, leur dire autre chose peut-être, et disputer ainsi avec eux plus véritablement &lt;i&gt;de leur sujet &lt;/i&gt;?  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Je peux croire quelque chose sans avoir besoin de le dire à quelqu’un. Si je le dis, je ne ‘saurais’ alors dire autre chose que &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; expérience, &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; point de vue, rien de plus. Et si mon intention est d’imprimer alors quelque objet de pensée ou attitude dans le cœur ou l’esprit de mon interlocuteur &lt;i&gt;par mon seul croire&lt;/i&gt;, alors cela reviendra à lui conseiller avec force conviction. Comme un témoignage.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;En revanche, il n’y a pas de savoir possible, il me semble, sans dire. Si je &lt;i&gt;sais&lt;/i&gt; véritablement quelque chose, c’est que d’autres m’auront confirmé dans cette relation à l’objet (de facto objet de savoir). Sans ces autres et cette confirmation, je croirais que je sais, c’est-à-dire cela ne ferait pas de différence. Il m’aura donc bien fallu les autres pour que je &lt;i&gt;sache&lt;/i&gt;  –  et cesse par là de croire. En définitive, le verbe savoir est fondamentalement lié au verbe dire, conditionné par lui. Un effet du dire, peut-être ? Ou bien un produit de « l’inter-dire » en général, ce dire entre eux des hommes se constituant en espace de règles et de normes de langage ? Certains hommes, comme Robert Brandom, disent que la signification qu’expriment nos propos est conventionnelle et normative, que la rationalité du langage ne peut être réduite à une rationalité instrumentale, comme si le langage n’était qu’un simple moyen de transposer des pensées et des idées. D’autres, à l’inverse, disent que le sens de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; que je dis ne relève que de mon intention de signifier (Grice, par exemple). Mais l’intention même de dire &lt;i&gt;à l’autre &lt;/i&gt;? Quelle relation notamment ai-je avec un interlocuteur quelconque quand, &lt;i&gt;sachant&lt;/i&gt; &lt;i&gt;déjà&lt;/i&gt; pour l’avoir été confirmé précédemment par un grand nombre d’autres hommes, je me mets précisément à lui faire savoir à son tour ? Car je n’ai manifestement pas besoin de lui pour me confirmer dans mon verbe savoir ; je n’ai pas besoin de lui pour assurer mon savoir (nom). Alors qu’est-ce que je fais donc « avec » lui ? Qu’est-ce que je lui &lt;i&gt;fais&lt;/i&gt; donc ou fais de lui ? Ma propre relation à la raison, la vérité ou l’objectivité (voire à Dieu), je l’ai voulue et la perçois toujours personnelle : « d’elle à moi » et inversement ; une relation pour ainsi dire &lt;i&gt;intime&lt;/i&gt; existe entre la vérité (ou autre) et mon esprit (ou autre pourvu que je &lt;i&gt;sache&lt;/i&gt;). Sans cette relation exclusive (une sorte de parenté naturelle, on « reconnaît » alors la vérité), à coup sûr la vérité même serait entachée d’un « tiers », et cela m’embarrasserait, me la ferait percevoir impure. En effet, j’ai beau avoir appris d’un autre homme telle ou telle vérité et lui être reconnaissant de me l’avoir enseignée, tout se passe cependant en moi comme si je découvrais seul à mon tour cette vérité. A supposer qu’un homme découvre seul une vérité, il ne se dédouble pas aussitôt en un qui ne sait pas et un autre qui sait. Je fais, je suis de même : j’évacue l’intermédiaire …&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Alors, comment vais-je enseigner à mon tour cette vérité maintenant mienne ? A priori, parce que je me fais une certaine idée &lt;i&gt;personnelle&lt;/i&gt; &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote4anc" href="#sdfootnote4sym"&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; de la communication, je dirai à l’autre la vérité comme une &lt;i&gt;invite&lt;/i&gt; à reproduire à son tour ladite relation intime. Car si je m’insinuais dans sa relation personnelle à la vérité au point d’ériger entre nous un troisième pole, je serait forcé d’admettre que j’enseigne la vérité, non point en espérant seulement de mon interlocuteur quelque reconnaissance (c’est bien normal), mais bien pour constituer moi-même ledit tiers, telle une personne détournant l’intérêt de son interlocuteur pour la vérité  –  à son seul profit. La relation serait alors &lt;i&gt;tripartite&lt;/i&gt;, je me confondrais en quelque façon à la vérité ou je vivrais de l’enseigner, et mon interlocuteur aurait à se soumettre à ce que &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; dis parce que c’est &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; qui le dis  –  moi qui sais.  En lui faisant savoir, je le ferais &lt;i&gt;être&lt;/i&gt;. &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Or donc, si cela fait une différence de dire à un autre ce que l’on croit ou de lui dire ce que l’on sait, pareille &lt;i&gt;invite&lt;/i&gt; à la relation intime à la vérité, s’il en est, revient en fait à lui témoigner de notre croire, comme il est dit plus haut. Alors, qu’en penses-tu, lecteur, les hommes de savoir nous disent-ils ce qu’ils savent comme pour nous inviter à croire à notre tour en une relation intime avec la vérité qu’ils énoncent ? &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote5anc" href="#sdfootnote5sym"&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; A coup sûr, s’ils nous « invitent à &lt;i&gt;savoir&lt;/i&gt; », ils nous invitent par là à propager un contenu de vérité &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;une&lt;/i&gt; &lt;i&gt;façon&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;faire&lt;/i&gt;, c’est-à-dire à entrer dans la danse de l’inter-dire conventionnel, structuré comme une institution en haut de laquelle trône on ne sait quel savoir-croire. Quelle place y occupe-t-on alors ? Quel rôle y joue-t-on ?&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Il y a bien, selon moi, un fâcheux tiers qui nous rend le plus souvent ladite relation tripartite, mais ça n’est pas la reconnaissance, fut-elle excessive, qu’un homme escompte des autres auxquels il livre la vérité. Et c’est pour « pratiquer » sans cesse le paradigme de cette « relation à trois » que les hommes de savoir montrent précisément que leur façon d’enseigner (fut-elle un jour autre ?) n’est pas une invite à la relation intime à la vérité  –  à une &lt;i&gt;theoria&lt;/i&gt; dont on ne saurait peut-être que faire  –  mais une sommation à nous soumettre chacun personnellement à un &lt;i&gt;espace mental collectif structuré&lt;/i&gt; (à travers un Objet de cet espace), sous la figure d’une vérité d’inter-dire d’où émanent toutes les autres vérités : &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote6anc" href="#sdfootnote6sym"&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; un Edifice.   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;« L’homme est le seul être vivant qui possède un langage » écrit Aristote (63). Il ne veut sûrement pas dire que seuls les hommes communiquent entre eux, mais que chez eux leur langage forme quelque chose « en plus ». Quoi donc ? Eh bien, ce langage distingue les hommes des animaux en ce qu’il constitue un espace  –  de raison. Les plantes et les animaux communiquent certes beaucoup, mais ils n’ont pas cet espace constitué &lt;i&gt;en tant que tel&lt;/i&gt;. « Espace de raison » : ça n’est donc pas tant la raison&lt;i&gt; humaine&lt;/i&gt; qu’il faut souligner ici, comme on le fait habituellement pour distinguer les hommes des autres êtres vivants, puisque les hommes découvrent également du rationnel dans les communications animales et végétales, et jusqu’au sein même des relations humaines &lt;i&gt;dénuées d’intention&lt;/i&gt;, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote7anc" href="#sdfootnote7sym"&gt;&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; mais bien son &lt;i&gt;espace&lt;/i&gt; en tant que tel. Ce langage-espace constitué en raison (raison d’inter-dire) est même une condition nécessaire à la communautarisation des individus, ajoute Udo Tietz. (Id.)&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt; &lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote8anc" href="#sdfootnote8sym"&gt;&lt;sup&gt;8&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Là encore, cela ne signifie pas que les animaux et les plantes ne constituent pas des communautés de par leurs communications, mais que les hommes possèdent un espace de &lt;i&gt;représentation&lt;/i&gt; en sus que n’ont pas les autres êtres vivants. Dans cet espace « sont » précisément les Existants non présents (…), à commencer justement par « moi, je », « la raison » et autre « le monde » (…). Que la raison, fut-elle communicationnelle ou communautaire (ou tout ce qu’on voudra d’autre), soit chez nous linguistique, ça n’est pas non plus une raison de la distinguer des autres expressions de la rationalité (animales et végétales) : tous les êtres vivants ont un langage propre et il serait vain, à mon sens, de les comparer entre eux par leur seule faculté de faire signe « OU », comme chez ‘l’homme’, de faire sens. Tous les signes font signe, mais précisément seul l’espace noétique des hommes leur permet de faire sens. C’est là la différence. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote9anc" href="#sdfootnote9sym"&gt;&lt;sup&gt;9&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Voilà qui pourrait expliquer que le sens spirituel (linguistique / intellectuel) d’un mot, d’une phrase, d’un discours ou d’une théorie qui ne cessent de renvoyer à cet espace de pensée et de compréhension formé par l’inter-dire (par exemple : « De l’intentionnalité, des règles et de l’intersubjectivité de la signification », titre de l’article d’Udo Tietz) soient capables de faire oublier aux hommes les signes que leurs dires constituent sur cet autre plan, plus immédiat, plus commun à tous les êtres, plus partagés par tous : la relation &lt;i&gt;présente&lt;/i&gt;. En l’occurrence la relation &lt;i&gt;implicite &lt;/i&gt;entretenue par le verbe savoir fait que nous sommes pour ainsi dire transposés aussitôt dans l’espace du langage qu’il illumine, laissant derrière nous la relation présente &lt;i&gt;que c’est&lt;/i&gt;, comme une théologie (…) éclairerait nos âmes et laisserait du même coup nos corps dans l’ombre. Nous ne serions plus que des êtres de langage … C’est-à-dire absents au lieu commun d’être. (…)  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Pour autant, le savoir institutionnel s’enquiert bien sûr de cette relation présente &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt;. Du moins à sa façon, car selon moi, il y a à travers ce verbe &lt;i&gt;savoir &lt;/i&gt;plus de conventions qu’il ne s’en dit. De quelle sorte ? – relationnelles, on l’aura compris. Qui plus est, la pratique liée au verbe savoir constituerait une convention relationnelle &lt;i&gt;implicite&lt;/i&gt;. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote10anc" href="#sdfootnote10sym"&gt;&lt;sup&gt;10&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; C’est là mon intuition, si l’on veut. Ou peut-être un simple constat. Mais voici tout d’abord la façon savante, relevée dans l’article cité, d’aborder la relation de signification entre toi et moi, ou plutôt, et c’est là déjà un signe, « entre je et tu » : Le langage et la discussion peuvent être pensés (dialogiquement) à partir de la relation je / tu, nous dit Tietz. Cette relation est à considérer comme la structure sociale de base. (70) &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote11anc" href="#sdfootnote11sym"&gt;&lt;sup&gt;11&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Mais ne serait-ce point plutôt l’inverse ? Car si la relation toi / moi n’est pas exclusivement de signification (c’est-à-dire une relation exclusive de sens dans la seule sphère spirituelle / intellectuelle), elle peut alors être pensée (&lt;i&gt;constatée&lt;/i&gt;) à partir du langage constitué conventionnellement en &lt;i&gt;prétexte&lt;/i&gt; possible de rencontre, c’est-à-dire à partir de ce que le langage et ses conventions ont le pouvoir d’animer chez les hommes. Le verbe savoir y serait-il pour quelque chose ? Oui, comme prétexte requis. Dans ce cas, la structure sociale de base n’est pas un homme qui en rencontre un autre au hasard, mais la convention qu’ils vont adopter d’office &lt;i&gt;pour&lt;/i&gt; se rencontrer. Ils sont tributaires de cette convention : l’un sait-il tandis que l’autre pas ? L’un et l’autre ne savent-ils pas ? L’un et l’autre savent-ils ? La rencontre se fera &lt;i&gt;selon&lt;/i&gt;. Mais le cadre est le même. De fait, si je rencontre un jour l’un de ces philosophes, il ne me dira pas « seulement » croire ce qu’il sait (ou croit savoir). &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote12anc" href="#sdfootnote12sym"&gt;&lt;sup&gt;12&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Craint-il que son rapport aux autres, de façon générale, en soit altéré ? Craint-il d’être moqué, de n’être point crédible ? Il craint surtout, je crois, de ne « toucher » alors qu’&lt;i&gt;un petit nombre d’hommes&lt;/i&gt;. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote13anc" href="#sdfootnote13sym"&gt;&lt;sup&gt;13&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Non, il faut à tout moment montrer que l’on sait, et pour cela, il faut choisir &lt;i&gt;qu’est-ce que l’on fait parler&lt;/i&gt;. La signification et l’intersubjectivité sont peut-être à rechercher aussi de ce côté-là ! Voici cependant comment Udo Tietz par exemple s’y prend : &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote14anc" href="#sdfootnote14sym"&gt;&lt;sup&gt;14&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; il plante tout d’abord un décor &lt;i&gt;généraliste&lt;/i&gt; tout à fait traditionnel (conventionnel) à partir duquel « il » pourra juger de l’affaire (Angelengenheit) : « Que le langage soit une affaire sociale ET intersubjective est peu contestable ». (63) C’est dire (c’est confirmé tout du long) que l’on parlera dans cet article traitant de l’intersubjectivité de la signification, &lt;i&gt;à partir du langage constitué comme espace&lt;/i&gt; et, comme il est dit plus haut, de la relation « je / tu » abordée de ce seul point de vue. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote15anc" href="#sdfootnote15sym"&gt;&lt;sup&gt;15&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;h1 class="western"&gt;Quel sujet choisis-tu pour ton verbe dire ?&lt;/h1&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;L’affaire intersubjective dont les auteurs traiteront pareillement dans les articles suivants &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote16anc" href="#sdfootnote16sym"&gt;&lt;sup&gt;16&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; ne sera donc pas non plus le fait que &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;, Tietz, Brandom, Varna ou autre, parle à &lt;i&gt;toi&lt;/i&gt;, mais l’espace mental collectif autorisé à &lt;i&gt;parler à un plus grand nombre d’hommes (ici de lecteurs) possibles&lt;/i&gt; de la relation « x » entre deux hommes, c’est-à-dire ici de la signification et de l’intersubjectivité de leurs propos. Dans cet espace autorisé, les auteurs s’affrontent. Par exemple, on peut y lire : « Alors que Donald Davidson n’accorde pas de caractère normatif à la signification et conteste la thèse selon laquelle les règles seraient en quelque façon constitutives de la signification, Brandom pense à l’inverse que la signification est normative et qu’elle peut être reconstruite à partir de nos pratiques sociales ». (70) Mais si je sors du cadre imparti et m’autorise à contester que la signification (qui inclut les signes, donc, et qui n’est sans doute qu’un prétexte de rencontre) ne trouve à s’exprimer &lt;i&gt;que&lt;/i&gt; dans cet espace exclusif fait de pensées de la théorie et / ou de la pratique, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote17anc" href="#sdfootnote17sym"&gt;&lt;sup&gt;17&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; alors je suis peut-être amené à me dire que des deux points de vue cités, l’un n’empêche pas l’autre : la signification n’est pas normative et les règles ne constituent pas à elles seules du sens (Davidson) &lt;i&gt;dans la conscience du sujet&lt;/i&gt;  –  ET  –  la signification est bien normative et peut être en effet reconstruite à partir de nos pratiques sociales &lt;i&gt;dans le cadre&lt;/i&gt; (certainement plus « large ») d’une sorte de psychologie sociale ou d’une sociologie des « pratiques de signification » (Brandom). De la sorte, le subjectif est inclus dans l’objectif et effectivement libre dans ses limites. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote18anc" href="#sdfootnote18sym"&gt;&lt;sup&gt;18&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; C’est-à-dire dans les limites de sa conscience. En quelque sorte : « Tant que tu te penses libre face à des possibles choix – parler / se taire ; dire vérité ou mensonge ; etc.  –  tu l’es véritablement. En revanche, aussitôt que tu penses ‘collectif’, tu &lt;i&gt;fais penser&lt;/i&gt; l’inter-dire (ici le langage de la signification dans sa pratique) et celui-ci montre alors qu’il prescrit, que des conventions sont là, que les significations ne sont pas libres. » Mais alors qui parle en définitive ? Un malin et rusé génie peut-être, celui-là même qui souffle à tout instant à l’oreille de chacun d’entre nous : « Qui choisis-tu en a parte, en ton âme et conscience, selon telle ou telle circonstance et à quelle fin  –  de faire parler ? » ? &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote19anc" href="#sdfootnote19sym"&gt;&lt;sup&gt;19&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Voici selon moi le point crucial de liaison entre le verbe savoir et sa communication, d’où se déduit la relation humaine afférente : faire penser le collectif (l’inter-dire qui détient la vérité, et que chacun rêve d’alimenter personnellement) est à coup sûr un abus &lt;i&gt;ontologique&lt;/i&gt; de langage car l’espace collectif que forme le savoir ne pense pas et ne dit pas, il « constitue » seulement un espace, celui des Existants non étants (…) &lt;i&gt;et de la communication humaine&lt;/i&gt; pour laquelle ceux-ci existent. Or cet abus de l’ontologie exercé par l’inter-dire humain est justement la condition sine qua non de toute vérité, de tout savoir ! Sans quoi chacun seulement et à tout moment &lt;i&gt;croirait&lt;/i&gt;, jamais ne saurait, jamais ne pourrait dire aux autres comme seul le verbe savoir le permet, comme seul le savoir –  &lt;i&gt;sait&lt;/i&gt; &lt;i&gt;faire&lt;/i&gt; ! Tant que c’est moi qui parle (moi, sujet de mon verbe dire), je n’exprime que ma subjectivité, me fait-on savoir. Mais alors la question qui me vient à l’esprit est aussitôt : « l’objectivité pense-t-elle donc ? » Mais oui, c’est tout comme, puis-je moi-même répondre sans attendre la réponse, et la nature entière nous a habitués à voir de la pensée ou du penser en toutes choses. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote20anc" href="#sdfootnote20sym"&gt;&lt;sup&gt;20&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Nous ne pouvons échapper à l’espace de la vérité, il semble être celui de prédilection de la communication humaine. Amen.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Le langage commun comme espace de référence pour la vérité même ? Il faut s’y résoudre : Davidson par exemple parle de discussion « à l’intérieur » du langage. Abus de langage ! Et Apel, Habermas et Brandom, ses détracteurs, considèrent à leur tour qu’on manque au sérieux de l’intersubjectivité quand on ne prend pas, comme eux, pour point de départ de notre analyse, l’intersubjectivité  –  du langage commun. (71-1) Le décor planté est formellement toujours le même. A défaut d’œuvrer en son sein, on raterait, peut-on lire à la suite, les concepts de signifier, de penser (&lt;i&gt;meinen&lt;/i&gt;), et de comprendre…  L’injonction est claire !&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;h1 class="western"&gt;Quelle intersubjectivité est la nôtre ?  &lt;/h1&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Ainsi, à en croire ces auteurs malgré leurs divergences, l’analyse de l’intersubjectivité dont il est question dans leurs propos n’est pas l’analyse du rapport de l’un d’eux à moi ou à tout autre personne singulière, et comprendre même ce que veut dire comprendre exige de chacun d’eux, auteur, qu’il ne m’explique pas vraiment &lt;i&gt;à&lt;/i&gt; moi, lecteur, mais qu’il explique notre intersubjectivité en faisant&lt;i&gt; &lt;/i&gt;simplement parler&lt;i&gt; &lt;/i&gt;notre langage commun  –  &lt;i&gt;devant&lt;/i&gt; moi. Il ne s’adresse donc pas à moi en personne, directement, il déroule simplement devant « moi », monsieur tout-le-monde, le discours d’un Existant non étant : le langage de la signification. Notre relation est tripartite, l’Edifice est bien là entre nous ...   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Mon analyse à moi, qui veux parler au philosophe en personne, lui dit qu’en agissant ainsi, il n’entre en relation avec moi, lecteur occasionnel auquel il donne traditionnellement l’impression de s’adresser, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote21anc" href="#sdfootnote21sym"&gt;&lt;sup&gt;21&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; que par cet intermédiaire, ce &lt;i&gt;verbe-là. &lt;/i&gt;Le verbe savoir en effet l’anime d’un bout à l’autre (l’autre bout étant le dire &lt;i&gt;nécessaire&lt;/i&gt; à son savoir) et constitue à part entière le cadre de la relation qu’il entend avoir avec moi. « Par habitude », dirons-nous. Avec la plupart de ses lecteurs il ne souhaite d’ailleurs pas avoir d’autre relation. Le savoir est chez lui la base relationnelle qu’il privilégie entre toutes. Pourquoi ? parce qu’elle met son dire en contact  –  &lt;i&gt;avec le plus grand nombre&lt;/i&gt;. C’est une tradition effective : le verbe savoir est lié au plus grand nombre d’hommes susceptibles de le recevoir. Et tel est peut-être le véritable cadre social du verbe savoir ! Voilà pourquoi de toi à moi et de moi à toi je conçois différemment notre intersubjectivité : nous n’avons que faire du &lt;i&gt;plus grand nombre possible &lt;/i&gt;pour lequel est fait le savoir, auquel celui-ci correspond comme dire, nous n’avons pas à l’imiter. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote22anc" href="#sdfootnote22sym"&gt;&lt;sup&gt;22&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Je constate &lt;i&gt;de mon point de vue ainsi gagné &lt;/i&gt;que la volonté de savoir de mon interlocuteur a déjà instauré a priori entre nous une relation nécessaire, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote23anc" href="#sdfootnote23sym"&gt;&lt;sup&gt;23&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; tandis que si je lui dis (ce) que je crois et que lui fait de même (même si chacun devait a parte penser qu’il sait), notre intersubjectivité sera livrée à elle-même, nous aurons à l’improviser, l’inventer peut-être. Ou peut-être sera-t-elle tout simplement &lt;i&gt;naturelle &lt;/i&gt;?&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Ce sera une intersubjectivité faite d’une &lt;i&gt;relation&lt;/i&gt; (neutre), et non point l’intersubjectivité réduite, en résumé, à « l’exercice de se parler dans le cadre d’un espace de signification décrété lieu de rencontre entre sujets… » Chacun dira à l’autre : « c’est à toi que je parle, non point au plus grand nombre ». Les conventionnalistes niant toute intention de signification, ne pourront tout du moins nier cette intention-&lt;i&gt;là&lt;/i&gt;. « Moi qui ne sais pas, je peux te dire ce que je crois. » ;-)&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;  &lt;/p&gt; &lt;h1 class="western"&gt;Ce que savoir fait dire et ce qu’il empêche de voir&lt;/h1&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Des conventionnalistes du langage et de la signification nous apprenons qu’en parlant nous pratiquons des règles et obéissons à des normes qu’aucun d’entre nous n’est cependant apte à formuler explicitement. Au point que &lt;i&gt;croire &lt;/i&gt;suivre une règle n’est pas suivre la règle. (71-2) &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote24anc" href="#sdfootnote24sym"&gt;&lt;sup&gt;24&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Ce qu’ils contestent surtout, c’est qu’une intention de signifier corresponde à quelque réalité pré-langagière. Ils font tout pour que cette arrière-pensée de la pensée qui se dit n’existe pas, ne préexiste pas au langage articulé. Tout est pour ainsi dire dans la seule pratique du langage. Du reste, une « sémantique intentionnaliste » est à ranger dans la rubrique « philosophie de l’esprit » et ne concerne donc plus véritablement la communication humaine en tant que telle. Celle-ci se passe volontiers de « préavis » puisque tout peut être dévoilé à partir de son seul « exercice pratique ». Voici l’heure venue de la « raison expressive ». &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote25anc" href="#sdfootnote25sym"&gt;&lt;sup&gt;25&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; (Brandom)&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Moi, si je ne fais pas de mon savoir une condition a priori de ma relation à celui avec qui je parle, il peut m’arriver de dire à mon interlocuteur que pour être compris comme un homme refusant le paradigme relationnel traditionnel en matière de discussion et d’écrire  –  c’est-à-dire pour être compris comme voulant une autre relation à l’autre que celle hégémonique (et tripartite) liée au savoir, il ne faut pas tout (lui) expliquer. Il vaut mieux lui laisser imaginer que peut-être on invente, penser qu’en tout cas on n’est pas « complet », le laisser perplexe, c’est-à-dire &lt;i&gt;à lui-même&lt;/i&gt;. De fait, le verbe savoir (lui, au contraire, explique &lt;i&gt;le plus possible&lt;/i&gt;) est une relation à l’autre (ancestrale, culturelle, structurelle, faussement naturelle) qui en &lt;i&gt;empêche&lt;/i&gt; une autre. Laquelle ? Elle n’intéresse pas nos philosophes et ils ne se privent pas de la taire. Peuvent-ils seulement entendre qu’il est une bonne raison pour que des hommes ne veuillent pas savoir ce qu’ils font quand il leur suffit de savoir-faire ? Eux les premiers !  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Nous ne discutons pas ici, je parle tout seul. Supposons que nous discutions. Allons-nous intégrer dans notre discussion cet autre homme qui nous rejoint, qui étudie précisément (veut connaître, savoir) les relations humaines dans le cadre des discussions ? Il ne veut que savoir, alors que nous, peut-être, nous plaisantons. Il va nous dire cependant de cette relation humaine ce qu’en disent par exemple nos philosophes présents : qu’elle s’inscrit dans une « Angelengenheit » sociale, qu’elle procède pour une part (ou pas) d’intention, pour une part d’interprétation, et qu’il y a forcément dans cet échange et ce qu’il met ainsi en branle (la langue, les conventions, etc.) de quoi comprendre ce que signifie comprendre, interpréter, avoir l’intention de dire, etc. Et l’on apprendra même, de la bouche d’un quatrième (car les discussions intéressantes attirent du monde) que certains concepts sémantiques fondamentaux se laissent analyser à l’aide de concepts plus fondamentaux encore comme « conviction », « désir », ou « intention » (Searle, 65-2) Les écoutant, et nous prenant à leur jeu, mon interlocuteur et moi pourrions alors nous mettre à interroger plus avant l’un ou l’autre de ces intervenants, empruntant à notre tour leurs mêmes sillons épistémologiques : « Quelle marge sémantique les langues sinon les significations conventionnelles laissent-elles donc à d’autres intentions que celles ‘attendues’ ? » Ou encore : « Que disent a priori les différentes langues, peut-être, sur les différents rapports humains par le dire ? » &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote26anc" href="#sdfootnote26sym"&gt;&lt;sup&gt;26&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;  - Mais que sera devenue alors notre discussion ?&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Moi à la place de ces intervenants, parce que je ne fais pas de mon savoir une condition a priori de ma relation à qui je parle (ou auquel j’écris), j’opterai sans doute de préférence pour le simple fait de &lt;i&gt;constater&lt;/i&gt;, d’avoir des yeux pour voir et d’observer deux hommes en train de parler sans rien prendre en compte du contenu linguistique et purement sémantique de leurs articulations sonores. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote27anc" href="#sdfootnote27sym"&gt;&lt;sup&gt;27&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Après tout, ce qu’ils se disent, ils ne le diraient pas devant moi ; ça les regarde. Moi, à la place de ces intervenants, je dirai aux passants qui s’approchent et m’interrogent que je n’entrerai pas dans leur discussion si c’est simplement pour dire aux interlocuteurs ce qu’ils sont en train de faire, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote28anc" href="#sdfootnote28sym"&gt;&lt;sup&gt;28&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; ce qu’ils remuent, et ce que tout cela signifie, a fortiori si c’est à leur insu. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote29anc" href="#sdfootnote29sym"&gt;&lt;sup&gt;29&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Je dirai que ça n’est pas là, pour ma part, discuter, et que théoriser une discussion quelconque ou « la » discussion en général, c’est à coup sûr parler d’autre chose &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;d’une autre façon. &lt;/i&gt;Pourquoi parler d’une discussion autrement qu’en discutant avec ceux qui discutent ? Je me contente de constater, et si quelqu’un veut savoir quoi je constate, eh bien, je lui dirai que je crois voir les effets du verbe savoir qui habite « à proportion » l’un ou l’autre, l’un et l’autre des interlocuteurs. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote30anc" href="#sdfootnote30sym"&gt;&lt;sup&gt;30&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Et il comprendra alors peut-être que si j’érigeais par la suite ce constat en un savoir, j’aurais moi-même à répondre des causes et des effets produits par cette &lt;i&gt;adoption&lt;/i&gt;. De ce que je constate, quelles sont en effet les conditions pour que je puisse dire un jour que je le sais ? Précisément, il faudrait que j’adopte, que « j’intègre » cette relation particulière, en vertu des &lt;i&gt;fins associées&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;qu’offre et autorise le verbe savoir (et inversement). Je « m’installerais » alors dans le cadre ontologique et relationnel formé depuis des siècles par ce verbe conçu et sélectionné entre tous pour son pouvoir de dire aux autres avec la plus grande efficacité. En toute innocence.   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Est-ce que je constate ce que savoir empêche de voir !? – la convention &lt;i&gt;relationnelle&lt;/i&gt; a priori liée précisément au verbe savoir (dont : dire savoir) et toutes ses pratiques. En matière d’échange autour de la vérité, il ne s’agirait donc pas seulement pour nous de remplir certaines conditions sémantiques, auxquelles l’épistémologie affectionne de le réduire, réduisant du même coup notre rôle « physique » à l’écoute ou à la collaboration, fut-elle critique. La volonté de savoir et l’échange verbal autour de la vérité ne seraient pas non plus si naturels qu’il y paraît. Certes, le verbe savoir est depuis longtemps le paradigme intouchable de l’exercice (= du dire) scientifique, philosophique, et même politique ! Mais ça n’est pas une raison, à mon sens, pour ne point l’étudier de près, voir la relation qu’il « est », fut-ce à condition … de ne pas savoir. Le paradoxe semble même requis. Suffirait-il donc de voir ? &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote31anc" href="#sdfootnote31sym"&gt;&lt;sup&gt;31&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Mais peut-être faut-il comprendre ce paradoxe comme le point de vue, déjà, d’une autre relation possible ! Un autre dire, une autre relation aux autres par le dire. Veut-on une formule du consensus &lt;i&gt;relationnel&lt;/i&gt; traditionnel érigé autour du verbe d’élection ? Voici, il n’y a rien de plus innocent en apparence : « Je sais, je dis aux autres  –  lesquels autres m’écoutent volontiers parce qu’ils veulent savoir eux aussi ».&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote32anc" href="#sdfootnote32sym"&gt;&lt;sup&gt;32&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Pour autant, l’essentiel est tu : ce que savoir veut dire en matière de relations humaines. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote33anc" href="#sdfootnote33sym"&gt;&lt;sup&gt;33&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Ca n’est pas pour rien, en effet, que les propos de nos philosophes (pour ne citer qu’eux) relatifs à la signification et à l’intersubjectivité sont &lt;i&gt;politiquement neutres&lt;/i&gt;. Ils constituent du savoir. L’inter-dire est structuré autour du joyau de telle sorte que « les devants » ont été pris une fois pour toutes. Encore une fois : le dire savoir &lt;i&gt;insiste sur l’objet, ne voit que lui, ne montre que lui. &lt;/i&gt;Le savoir ne serait ainsi en aucune façon une relation politique parmi les hommes. Cela ce serait autre chose, « il ne faut pas tout confondre ! » Qu’il me suffise cependant de rappeler ici ce que le savoir supporte de légitimité, d’autorité et d’efficacité. Avec ces seuls trois mots, nous sommes déjà bel et bien campés dans le politique. Je ne crois pas que ce soit un hasard. Si dire savoir est un &lt;i&gt;savoir-faire&lt;/i&gt; parmi d’autres, il est à coup sûr un savoir-faire  –  &lt;i&gt;civique. &lt;/i&gt;Tous ceux qui enseignent ne me contrediront pas.   &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;h1 class="western"&gt;Digression : quelle identité, pour quoi faire ?&lt;/h1&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Tous nos actes sont-ils intentionnels ? Loin s’en faut, chacun le sait. Les plus conscients mêmes de nos actes laissent échapper d’autres raisons, d’autres causes que la seule intention consciente. Qu’il y ait selon nous une cause à toute chose, tout être « ceci » plutôt que « cela », tout acte  –  et que de cette cause on fasse parfois le sujet de cette part « involontaire » de notre comportement (par exemple « l’inconscient »), voilà qui rend clairement compte d’un &lt;i&gt;partage&lt;/i&gt; de notre identité. Elle serait composée d’intentions et … d’autres motifs, variés.   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Suis-je l’auteur de mes propres pensées ? Suis-je bien le sujet de mon dire ? Tous les enseignements &lt;i&gt;moraux&lt;/i&gt; ont de tout temps eu pour vocation de nous faire corriger nos « opinions » (au nom d’un savoir, d’une vérité, de notre intérêt …), jamais, à ma connaissance, de nous en révéler l’origine. Pourquoi ? Peut-être parce que la prescription se devait d’être faite à des sujets &lt;i&gt;à part entière&lt;/i&gt;, c’est-à-dire &lt;i&gt;pour que&lt;/i&gt; chaque individu (naturellement fait de bric et de broc, et traversé de part en part par toutes sortes de « commandements ») croit réellement être ce sujet à part entière qu’on lui dit qu’il est, et prenne ainsi réellement en charge ce qu’« il » fait. (…) Voilà qui plaide pour un conventionnalisme  –  de l’identité même ! (…) Etre soi, c’est déjà une tâche ! Que de devoirs aussitôt prescrits ! Voilà surtout selon moi qui rend inopinée toute théorie de la &lt;i&gt;seule&lt;/i&gt; « signification » ou du seul « langage ». Il y faut pour le moins adjoindre le politique (la relation a priori formée par la vérité et le verbe savoir) et l’identité des locuteurs (qui parle et dans quelle proportion est-ce bien lui qui parle ?).   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;&lt;&lt;o&gt;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;  &lt;/p&gt; &lt;div id="sdfootnote1"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc"&gt;1&lt;/a&gt; 	Par exemple « Sur l’intentionnalité, les règles et 	l’intersubjectivité de la signification », titre d’un des 	articles d’appui, écrit par Udo Tietz (DZP 1/2003) en allemand.   	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote2"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote2sym" href="#sdfootnote2anc"&gt;2&lt;/a&gt; 	Je nomme « inter-dire » le dire entre eux des hommes, 	mais aussi ce qu’il constitue &lt;i&gt;implicitement&lt;/i&gt; comme espace de 	vérité (voir plus loin). C’est le conventionnalisme décrit dans 	l’article de Tietz cité plus loin qui m’a inspiré cette 	question, sauf que pour lui c’est au niveau des normes implicites 	du langage et de la signification que se trouve notre subordination. 	Le dire savoir ainsi n’est pas abordé.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote3"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote3sym" href="#sdfootnote3anc"&gt;3&lt;/a&gt; 	Certes, ils ne disent pas explicitement qu’ils savent, mais ils ne 	disent pas non plus qu’ils croient &lt;i&gt;seulement &lt;/i&gt;ce qu’ils 	disent. Leurs réserves habituelles, en ce sens, ne sont que polies 	et prudentes. En réalité, chacun confronte son point de vue aux 	autres dans l’espoir d’emporter le morceau. Celui qui gagne est 	celui qui saura et sera légitimé à enseigner, c’est-à-dire 	acquerra un droit sur l’inter-dire.   	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote4"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote4sym" href="#sdfootnote4anc"&gt;4&lt;/a&gt; 	C’est-à-dire entre personnes, sans tiers médiateur qui parle.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote5"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote5sym" href="#sdfootnote5anc"&gt;5&lt;/a&gt; 	Le mot intime ne doit pas tromper : il ne s’agit pas d’une 	relation affective, mais bien exclusivement individuelle. De fait, 	la vérité se donne à tout le monde, &lt;i&gt;au plus grand nombre&lt;/i&gt; 	justement, indistinctement  … En somme chacun ne sait que 	personnellement (qu’avec son seul cerveau), même si les 	conditions sont pour cela parfaitement relationnelles ( = l’un 	sait si tous savent).  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote6"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote6sym" href="#sdfootnote6anc"&gt;6&lt;/a&gt; 	Ce peut être « l’esprit » dont on fait la 	philosophie, ou « le langage » ou encore les médias 	dont on apprend que nous leur appartenons. Ce peut-être plus 	largement l’ancestrale « la pensée », comprise comme 	l’espace véritable de la réalité …   	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote7"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote7sym" href="#sdfootnote7anc"&gt;7&lt;/a&gt; 	Précisément l’ambition cognitive des conventionnalistes cités 	dans l’ouvrage d’appui, qui veulent soustraire la raison à la 	théorie pure traditionnelle pour la faire résulter de la pure 	pratique, de la pragmatique sémantique.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote8"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote8sym" href="#sdfootnote8anc"&gt;8&lt;/a&gt; 	Je le dis avec mes mots.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote9"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote9sym" href="#sdfootnote9anc"&gt;9&lt;/a&gt; 	Selon moi, d’un point de vue &lt;i&gt;objectif&lt;/i&gt;, le sens fait 	(ferait) lui aussi seulement signe. Il ne fait sens parmi les hommes 	qu’entre hommes, précisément, &lt;i&gt;qu’intersubjectivement&lt;/i&gt;. 	Cela signifie (…) que ce même sens intersubjectif &lt;i&gt;occulte&lt;/i&gt; 	délibérément le signe qu’il est sur le plan de la communication 	&lt;i&gt;en tant que relation&lt;/i&gt;. C’est même là, manifestement, une 	condition. (voir bras de mer suivant) D’un homme à l’autre, on 	ne communique ainsi effectivement que du sens. Par exemple lorsque 	des philosophes étudient l’intentionnalité de la seule 	signification, du seul sens et non du signe &lt;i&gt;relationnel&lt;/i&gt;, 	précisément. Car des signes, ne les s’intéressent que ceux qui 	sont en rapport avec le sens (par exemple les phonèmes ou les 	graphèmes du langage ou de l’écriture articulé(e)) alors qu’il 	en va, dans une discussion, d’un rapport autrement sémantique que 	celui relatif à la seule sphère noético-linguistique.  	&lt;/p&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;A coup sûr, mon point de vue rabaisse ici les 	relations humaines faisant du sens à celles, animales ou végétales, 	constituées simplement de signes.  C’est l’énigme qui veut ça 	(…), l’énigme d’une extrême minorité d’êtres vivants, 	les hommes, à laquelle la totalité des autres êtres vivants ne 	peut être, selon moi, ramenée. Ou alors, à l’inverse il faut 	concéder que les plantes et les animaux, &lt;i&gt;tout comme les hommes&lt;/i&gt;, 	pensent, se conduisent de façon intentionnelle, sont capables de 	stratégies, et disposent certainement, comme nous, d’un espace de 	représentations destiné aux Existants non étants nécessaires à 	leur développement.    	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote10"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote10sym" href="#sdfootnote10anc"&gt;10&lt;/a&gt; 	Le caractère &lt;i&gt;implicite&lt;/i&gt; de la relation fait ici encore 	espièglement écho aux normes de signification également 	implicites dont parle Brandom.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote11"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote11sym" href="#sdfootnote11anc"&gt;11&lt;/a&gt; 	Et il ajoute : là-dessus Davidson (« intentionnaliste ») 	et Brandom (« conventionnaliste ») seraient d’accord. 	Leur désaccord se situerait entre l’individualisme antinormatif 	(Davidson) et le communautarisme normatif (Brandom) et la question 	de savoir si la signification est normative, et si le fait de 	comprendre a quelque chose à voir avec les règles d’une pratique 	communautaire (du langage). (Id.)  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote12"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote12sym" href="#sdfootnote12anc"&gt;12&lt;/a&gt; 	Supra.   	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote13"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote13sym" href="#sdfootnote13anc"&gt;13&lt;/a&gt; 	Et dans le cas d’une revue, l’auteur publie pour toucher le plus 	de monde possible.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote14"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote14sym" href="#sdfootnote14anc"&gt;14&lt;/a&gt; 	Aucune malveillance dans mon propos, je veux simplement relever 	qu’un paradigme de la relation humaine s’exerce par le savoir, 	lequel fonctionne précisément comme « convention pratique 	dont on ne saurait formuler les règles », cheval de bataille 	des conventionnalistes de la signification, si j’ai bien compris.  		&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote15"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote15sym" href="#sdfootnote15anc"&gt;15&lt;/a&gt; 	On peut croire que l’objectivité consiste (commande) à « faire 	parler les faits ». En réalité, c’est un espace noétique 	que l’on fait parler, quel que soit le nom qu’on lui donne ou 	dans lequel on fait apparaître l’objectivité même  –  des 	faits.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote16"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote16sym" href="#sdfootnote16anc"&gt;16&lt;/a&gt; 	De Hans Julius Schneider ( Règles constitutives et normativité) et 	Sebastian Rödl (Norme et nature)  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote17"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote17sym" href="#sdfootnote17anc"&gt;17&lt;/a&gt; 	Certes, il est dit ici ou là que la théorie de la signification ne 	se suffirait plus à la rationalité des règles de 	l’intelligibilité. Elle toucherait tout autant (sinon 	exclusivement) à la communication pratique, à la &lt;i&gt;pragmatique&lt;/i&gt;. 	(64-3) Pour autant, on continue de parler de cette pragmatique ou en 	son sein dans un cadre noétique préétabli. On fait de la 	pragmatique une nouvelle théorie.  C’est-à-dire : on a les 	mêmes ambitions, le même type de dire, le même cadre relationnel 	constitutif du savoir.  L’affrontement n’est que « d’apparat ». 		&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote18"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote18sym" href="#sdfootnote18anc"&gt;18&lt;/a&gt; 	Et pour être tout à fait naturaliste, on suggèrera que le 	&lt;i&gt;subjectif&lt;/i&gt; est peut-être le poste avancé, la pointe extrême 	de la réalité &lt;i&gt;objective&lt;/i&gt;.   	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote19"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote19sym" href="#sdfootnote19anc"&gt;19&lt;/a&gt; 	« Tu sais, il est peu conseillé de parler en son nom propre 	devant un auditoire, et plus encore de parler ‘en général’ 	dans le privé ». ah ! la signification selon nos 	philosophes !&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote20"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote20sym" href="#sdfootnote20anc"&gt;20&lt;/a&gt; 	La (fameuse – pour moi) énigme posée à la pensée par tout ce 	qui vit (sinon tout ce qui est même) et ne pense pas mais &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; 	pourtant comme s’il fut pensé et, pire encore, se comporte comme 	s’il pensait. (…)  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote21"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote21sym" href="#sdfootnote21anc"&gt;21&lt;/a&gt; 	Et celui-ci le croit au titre que l’accès à la vérité est 	personnel. Ca fait partie du programme sans doute, du savoir-croire 	lié au paradigme relationnel autour du savoir (…).  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote22"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote22sym" href="#sdfootnote22anc"&gt;22&lt;/a&gt; 	Je ne défends pas ici le « tête-à-tête » contre 	toute sorte de conférence devant un parterre, je constate 	simplement que le savoir, bien que &lt;i&gt;public&lt;/i&gt; donc, s’est 	immiscé précisément dans nos discussions  &lt;i&gt;privées&lt;/i&gt;. Que 	vais-je transmettre de ma lecture de l’article (public) à un 	ami ? Précisément ce que je suis en train d’écrire. Et si 	je le peux, je le publierai même ! Une torpille ?  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote23"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote23sym" href="#sdfootnote23anc"&gt;23&lt;/a&gt; 	Il n’en est pas même conscient, tout occupé qu’il est à 	profiter et me faire profiter d’un même engouement pour « le » 	verbe par excellence.  C’est là notre culture.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote24"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote24sym" href="#sdfootnote24anc"&gt;24&lt;/a&gt; 	Brandom passe des intentions et des conventions aux normes 	implicites à la pratique de la signification, normes qui peuvent 	cependant être expliquées, selon lui, indépendamment des 	intentions et des conventions. Ce serait là une interprétation 	pragmatique des normes. (72-1)&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote25"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote25sym" href="#sdfootnote25anc"&gt;25&lt;/a&gt; 	Si j’ai bien compris, il s’agit pour Brandom d’établir une 	raison expressive, c’est-à-dire d’une part une rationalité 	purement « pragmatique » se manifestant à l’insu des 	hommes mêmes pour cette raison qu’ils mettent en pratique des 	règles simplement mais nécessairement &lt;i&gt;implicites&lt;/i&gt;. Mais sur 	le plan purement intellectuel, il s’agirait d’autre part pour 	lui d’arracher à la théorie traditionnelle son &lt;i&gt;comptant&lt;/i&gt; 	&lt;i&gt;d’idées&lt;/i&gt;  (toute théorie traditionnelle est composée 	exclusivement d’idées) pour y substituer des éléments (sorte de 	pouvoirs) attachés à la seule pratique. Pour le dire avec les mots 	de mon « fonds » : il est un savoir-croire 	collectif insu de tous derrière la juste pratique, par tous, des 	règles de l’inter-dire. Il donne simplement l’orientation 	générale de l’inter-dire humain au sein d’une collectivité. 	Si ce savoir-croire pouvait être constitué en raison tout en 	échappant ainsi à l’immanence ou la transcendance de quelque 	Existant suprême, alors la pratique collective de ces règles 	ferait apparaître une raison purement communicationnelle. Brandom 	écrit : « Il y a une sorte de justesse qui ne dépend 	d’aucune justification donnée explicitement, une justesse de la 	pratique. C’est en ce sens que ‘’suivre les règles’’ est 	[seulement] une praxis. » (72) A mon sens, Brandom découvre 	ici que le savoir-faire n’est pas un savoir, et il découvre un 	savoir-faire &lt;i&gt;dans la communication humaine&lt;/i&gt; dont la raison 	traditionnelle seule ne peut rendre compte. Je ne peux manquer, pour 	ma part, de relever une analogie entre cette implicite raison du 	savoir-faire et l’implicite existence, pour tous les hommes, de la 	vérité.   	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote26"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote26sym" href="#sdfootnote26anc"&gt;26&lt;/a&gt; 	Brandom a-t-il lu Vico ? Celui-ci lut dans l’ancienne langue 	italienne toute la sagesse d’un peuple passé.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote27"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote27sym" href="#sdfootnote27anc"&gt;27&lt;/a&gt; 	Une sorte d’éthologie éthique ! ;-) Du reste, avec le 	verbe savoir peut tout à fait être considéré, non point 	l’essentiel de la signification intersubjective, mais le pré-texte 	par excellence d’une relation « choisie ». Le 	véritable texte de la relation serait donc ailleurs que dans ce qui 	se dit entre deux hommes.  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote28"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote28sym" href="#sdfootnote28anc"&gt;28&lt;/a&gt; 	Ben oui, ils sont eux aussi des lecteurs potentiels.   	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote29"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote29sym" href="#sdfootnote29anc"&gt;29&lt;/a&gt; 	Deux auteurs récents ont écrit une « Ethique de la 	discussion ». Apel et Habermas, je crois. Ont-ils discuté 	dans l’ouvrage, et de façon éthique ?  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote30"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote30sym" href="#sdfootnote30anc"&gt;30&lt;/a&gt; 	 Par exemple l’un des deux sait mais sa façon de dire à l’autre 	fait que celui-ci ne le croit pas, en dépit des vérités émises. 	Je me demande ce que l’étude de la signification viendrait faire 	là !  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote31"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote31sym" href="#sdfootnote31anc"&gt;31&lt;/a&gt; 	Bien voir : une docte ignorance ?  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote32"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote32sym" href="#sdfootnote32anc"&gt;32&lt;/a&gt; 	Ca n’est peut-être là, ce consensus, qu’un conditionnement 	collectif, à l’image du conditionnement psycho-économique actuel 	tant féru &lt;i&gt;lui&lt;/i&gt; &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; de communication …  	&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id="sdfootnote33"&gt; 	&lt;p class="sdfootnote"&gt;&lt;a class="sdfootnotesym-western" name="sdfootnote33sym" href="#sdfootnote33anc"&gt;33&lt;/a&gt; 	Sans parler des coudées franches laissées depuis ses origines à 	la volonté de savoir humaine dans ses « relations » aux 	objets et autres êtres vivants ou morts, sa façon de faire, de les 	traiter …  De là on aurait pu déjà soupçonner quelque chose !&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9058756189919666078-3510595135020965790?l=bras-de-mer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/feeds/3510595135020965790/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2009/06/toi-ou-au-plus-grand-nombre_23.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/3510595135020965790'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9058756189919666078/posts/default/3510595135020965790'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bras-de-mer.blogspot.com/2009/06/toi-ou-au-plus-grand-nombre_23.html' title='A toi ou au plus grand nombre ?'/><author><name>varna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02779632710530652914</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9058756189919666078.post-2098349791698578532</id><published>2009-06-23T09:32:00.001-07:00</published><updated>2009-06-23T09:36:00.017-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Gérard Mairet'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='politique'/><title type='text'>Pour un monde politique à la carte</title><content type='html'>&lt;meta equiv="CONTENT-TYPE" content="text/html; charset=utf-8"&gt;&lt;title&gt;&lt;/title&gt;&lt;meta name="GENERATOR" content="OpenOffice.org 3.0  (Win32)"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; 	&lt;!-- 		@page { margin: 2cm } 		H1 { margin-bottom: 0.11cm } 		H1.western { font-family: "Arial", sans-serif; font-size: 12pt } 		H1.cjk { font-family: "Lucida Sans Unicode"; font-size: 12pt } 		H1.ctl { font-family: "Arial", sans-serif; font-size: 16pt } 		P.sdfootnote { margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-size: 10pt } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 		A.sdfootnoteanc { font-size: 57% } 		A.sdfootnotesym-western { font-size: 10pt } 		A.sdfootnotesym-cjk { font-size: 10pt } 	--&gt; 	&lt;/style&gt; &lt;h1 class="western"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h1&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b&gt;Sommaire&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;• &lt;b&gt;A qui incombe la politique ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;• &lt;b&gt;Par où aborder le politique ? &lt;/b&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Connaissance des hommes et souveraineté. Par la libération ? Par la vertu du prince ? Par le vrai ? (et donc la sacralisation du pouvoir) Par le privilège ? Par la « nature humaine » ? Par le péché ? Par la théologie ? Par une téléologie suivant Dieu ? Par la partie prépondérante ? Par la force confiante en elle-même ? Par l’« Utopie » ? Par la soumission pure et simple ? Par un simple constat ? Par une alternative en matière de dire ? Par le droit politique et l’institution ? Par un dépassement de la nature ? Par la seule force d’être ? (et donc le combat perpétuel) Par la propriété ? Par l’objectivité toute scientifique des rapports ? Par « le peuple » ? Par la place du marché ? Par un absolutisme de la raison ? Par le Concept vivant ? Par l’idée de guerre « populaire » ? Par un autre parti ? par quelque extrapolation ? Par une dernière violence ? Par la démocratie directe ? Par la relation ami-ennemi ? Par la prise en compte d’un constant décalage ? Par la discrimination ? Par l’exemplarité d’une guerre juste ? Par la sociologie politique ?  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;• &lt;b&gt;Le pouvoir abouti, c’est de rendre les hommes interchangeables&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;• &lt;b&gt;Nécessaire méconnaissance des hommes ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;• &lt;b&gt;A quoi se reconnaît l’homme surfait &lt;/b&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;• &lt;b&gt;Ces acquis qui nous font, quelle connaissance des hommes, quelle histoire et autres Entités&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;• &lt;b&gt;L’autre histoire : la grande embrouille&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;• &lt;b&gt;Le nouveau partage&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;____________________________&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="CENTER"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;L’ouvrage de circonstance est de Gérard Mairet, il s’intitule : &lt;i&gt;Les doctrines du pouvoir&lt;/i&gt;. Son sous-titre : &lt;i&gt;La formation de la pensée politique&lt;/i&gt;. Je n’ai pas choisi de m’inspirer de ce livre plutôt que d’un autre de même objet ; il se trouve simplement qu’il était dans ma bibliothèque et que, l’ayant lu une première fois il y a longtemps &lt;i&gt;sans savoir qu’en faire&lt;/i&gt;, j’entreprends aujourd’hui d’en nourrir mon dire … « puisque j’ai désormais une construction personnelle à lui confronter. » &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote1sym"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Ne savoir que faire d’un livre &lt;i&gt;à part le lire &lt;/i&gt;–  n’est-ce point le sort de la grande majorité des lecteurs que nous sommes ? Et qu’a fait l’auteur même de ce livre, &lt;i&gt;à part l’écrire &lt;/i&gt;? Je ne sais et ça n’est pas mon propos. Pourtant ces deux &lt;i&gt;restrictions&lt;/i&gt;, en somme parallèles, montrent bien l’entente générale tacite entre auteur et lecteur &lt;i&gt;par respect du savoir en général&lt;/i&gt;. On se retient ou on se restreint de part et d’autre. Faut-il dépasser cela et jouer à fond sa propre subjectivité ? Pour ma part, je ne crois pas simplement trahir ma subjectivité en posant ici mon dire comme &lt;i&gt;dire-être&lt;/i&gt;, comme un allié du verbe &lt;i&gt;être&lt;/i&gt; face au verbe &lt;i&gt;savoir&lt;/i&gt; (…). &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote2sym"&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Ce vis-à-vis, qui est aussi un vis-à-vis de personnes, m’a inspiré une formule un peu provocatrice : « C’est lui qui sait, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote3anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote3sym"&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; (mais) c’est moi qui suis ». Ou plus exactement : « C’est lui ou moi, de façon générale, qui savons, c’est &lt;i&gt;soi&lt;/i&gt; qui &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; », soi qui est un &lt;i&gt;exemplaire&lt;/i&gt; de l’être homme au monde &lt;i&gt; –  et peut donc dire-être sans crainte&lt;/i&gt;. (…) Mon intention ici n’est pas de dépasser ou de doubler l’ouvrage d’appui, moins encore de le critiquer. Je saisis simplement l’occasion d’en faire une lecture &lt;i&gt;suivant&lt;/i&gt; mon travail de fonds.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Je profite donc ouvertement du savoir d’un autre, et tout ce que je peux écrire n’engage que moi. Mais peut-être ma démarche représente-t-elle précisément ce que certaine &lt;i&gt;expression&lt;/i&gt; demeure (le dire-être), ici relativement aux relations humaines ? &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote4anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote4sym"&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt; &lt;h1 class="western"&gt;A qui incombe la politique ?  &lt;/h1&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;A qui incombe-t-il de &lt;i&gt;penser&lt;/i&gt; et / ou de&lt;i&gt; faire&lt;/i&gt; la politique ? Si c’est aux hommes, à &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les hommes, alors ils ne manqueront pas de chercher très vite ce qui leur est commun. Mais ceci une fois fait, il leur faudra aussitôt imposer aux minorités leurs points de vue et surtout leurs institutions. C’est-à-dire leurs &lt;i&gt;justifications&lt;/i&gt;, bref leur &lt;i&gt;légitimité&lt;/i&gt; à former les hommes présents et, &lt;i&gt;par la même occasion&lt;/i&gt;  –  les générations futures.&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote5anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote5sym"&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;i&gt;Faire l’homme&lt;/i&gt;, et pas seulement assurer la gestion de la vie humaine sur terre, tous les « princes du pouvoir », jusqu’aux balbutiements démocratiques, s’y étaient déjà employés. Ils incarnaient alors un ordre cosmologique, un pouvoir divin ou dynastique, toujours concret, toujours vivant. Un roi, par exemple. Pour nous aujourd’hui, ce pouvoir est &lt;i&gt;faux&lt;/i&gt; dans la mesure où le lien invoqué (ladite incarnation, la parenté ainsi admise) est selon nous désormais &lt;i&gt;réfuté &lt;/i&gt;: la « nature » invoquée n’y est pas. A la place nous avons instauré une autre &lt;i&gt;légitimité&lt;/i&gt;, une justification toute terrestre, mais toute &lt;i&gt;abstraite&lt;/i&gt; aussi, fondée pour l’essentiel sur notre seule volonté. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote6anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote6sym"&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Celle nouvelle justification pourrait bien s’essouffler à son tour. S’il est un droit politique actuel qui s’inspire encore de Grotius par exemple (que cite Mairet), ce pourrait être, il me semble, le principe suivant : « Un souverain sera dit légitime s’il a le droit de posséder la souveraineté ». (129) Or donc il est peut-être temps aujourd’hui de démasquer la fausse abstraction du pouvoir politique actuel, de montrer que la justification qu’il se donne est devenue fausse à son tour, puisque le véritable pouvoir politique actuel est à la fois bien &lt;i&gt;concret&lt;/i&gt; et de bout en bout presque exclusivement &lt;i&gt;ailleurs&lt;/i&gt;, en l’occurrence  –  dans l’économique. Partant, le pouvoir politique actuel est illégitime &lt;i&gt;puisqu’il n’est plus souverain. &lt;/i&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;h1 class="western"&gt;Par où aborder le politique ?&lt;/h1&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Connaissance des hommes et souveraineté&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Choisira-t-on d’entrer en politique par la voie de l’Ordre cosmologique, de la Raison explicative, de la Dialogique démocratique, etc., ou bien, plus naturellement  –  par la connaissance des hommes ? Mais une connaissance des hommes, la plupart de ceux qui entrent en politique, même, ne l’ont manifestement pas &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote7anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote7sym"&gt;&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; et, comme les autres hommes, ils n’entendent pas s’y intéresser non plus, &lt;i&gt;car ils ne veulent que ce qu’ils veulent&lt;/i&gt;, et c’est là pour eux le meilleur motif pour gouverner : « Ce que nous voulons ! » disent les uns comme les autres, impérieusement, à la première occasion. Il suffit alors, suivant eux et selon le cas, qu’ils « s’entendent » ou que l’un d’eux s’impose. Peu importe alors l’Entité qu’ils invoquent, c’est toujours &lt;i&gt;sa&lt;/i&gt; « souveraineté » qui est mise en avant.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Pourtant, que les hommes privilégient toujours leur vouloir au détriment de leur connaissance d’eux-mêmes, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote8anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote8sym"&gt;&lt;sup&gt;8&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; voilà un accès au politique qui pourrait inspirer a contrario un pouvoir plus sérieux, &lt;i&gt;plus légitime &lt;/i&gt;&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote9anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote9sym"&gt;&lt;sup&gt;9&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;qui déciderait de les &lt;i&gt;maîtriser&lt;/i&gt;. En effet, « Comment pouvez-vous justifier ce que vous ne connaissez pas ? » leur demande-t-il en substance. « Il nous suffit de savoir ce que nous voulons ! » répliquent nos hommes. « Mais vos désirs politiques sont parfaitement &lt;i&gt;illégitimes&lt;/i&gt; ! Est-ce que savoir n’est pas vouloir ? &lt;i&gt;Apprenez donc d’abord qui vous êtes&lt;/i&gt; ! » Et de les faire taire aussitôt par la force. « Ils s’imaginent sans doute que la connaissance des hommes que &lt;i&gt;doit&lt;/i&gt; avoir le pouvoir consiste seulement à répertorier et à ‘’bien prendre note’’ de leurs désirs ! » se dit l’autoritaire, a parte. « Ne savent-ils donc pas qu’ils sont tout entier &lt;i&gt;faits&lt;/i&gt; et leurs désirs &lt;i&gt;surfaits&lt;/i&gt;, même, depuis que le pouvoir existe ? »  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Historiquement, ce qui a changé depuis l’érection de la souveraineté dans le champ politique, c’est qu’autrefois le pouvoir avait à se justifier et invoquait pour cela par exemple la &lt;i&gt;nature&lt;/i&gt;. Maintenant qu’il n’a pas à se justifier  –   il est souverain. Comme l’écrit Mairet rapportant les idées de Bodin : « La souveraineté rejette toute légitimation de l’autorité de l’Etat et du Droit qui en procède ; chez Thomas d’Aquin ou Aristote, la &lt;i&gt;source&lt;/i&gt; du Droit n’est jamais dans le prince qui l’énonce mais dans l’ordre de la nature. De sorte que la ‘’souveraineté’’ récusant ce fondement ‘’naturel’’ au profit d’un fondement proprement &lt;i&gt;humain&lt;/i&gt; (volontaire) &lt;i&gt;appelle &lt;/i&gt;une redéfinition de la nature. » &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote10anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote10sym"&gt;&lt;sup&gt;10&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; La volonté humaine, aussi floue que puisse être ici la notion, a donc succédé à la « nature » ou à la « nature de l’homme ». Bref, la nature était donc bien un guide, une &lt;i&gt;connaissance&lt;/i&gt;. Aussi, la souveraineté est-elle devenue au fil des siècles cette nouveauté politique qui a permis à la puissance d’Etat &lt;i&gt;de n’avoir pas à connaître les hommes&lt;/i&gt;, si ce n’est par quels bouts les prendre. Cette volonté devrait cependant nous conduire à analyser à son tour la nature … de notre volonté politique.   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par la libération ?  &lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;« L’Etat est cause de soi et ne dépend que de lui-même ». Voilà un principe, la souveraineté donc, qui pourrait donner des idées à quelque homme solitaire, individualiste ou solipsiste dans l’âme. Sans même prétendre être « cause de soi », il pourrait toutefois s’attacher à ne dépendre au mieux que de lui-même. Est-ce là une &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; individuelle ? Contradiction dans les termes, il n’y a de politique que collectivement ! Mais si mon propre éveil à la politique fut une conscience de mon aliénation par le pouvoir ? S’il est question, par conséquent, d’une prise de conscience individuelle qui s’étend bientôt aux autres hommes ? Alors l’attitude prend le sens d’une conscience politique &lt;i&gt;communautaire&lt;/i&gt; qui aura été d’abord simplement individuelle, une politique de la libération &lt;i&gt;d’abord&lt;/i&gt; personnelle. N’est-ce point là l’histoire du « sauveur sauvé », dont l’histoire officielle regorge si peu ? On est ici en effet loin de la prédilection pour les théories générales germant dans le cerveau d’un seul homme soucieux, avant toute chose, du seul bien de la communauté ! Le communisme, par exemple, décria haut et fort l’individualisme, mais n’a-t-il pas dit prendre sa source dans une même conscience de notre aliénation et fomenté une politique de libération ? Marx s’est-il en quelque façon sauvé lui-même, en sorte que le communisme serait à son tour une façon, qui se serait propagée, de donner puis de multiplier l’exemple ? &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;On voit dans ces deux façons d’aborder le ou la politique, combien il est plus facile de se sauver soi &lt;i&gt;en impliquant les autres&lt;/i&gt;, c’est-à-dire en occupant un poste, une fonction personnelle de choix&lt;i&gt; dans la relation aux autres&lt;/i&gt;. Ou bien se sauver soi n’a-t-il pas de sens, et vaut-il mieux humblement et simplement aider quelque pouvoir tiers (peut-être à naître) à gouverner les hommes, tous les hommes ? Bref, il est un monde des idées qui appartient à tout le monde  –  et pour cause ! émettre une idée est aussitôt se mettre en devoir de la crier sur tous les toits ! Mais il est des actes politiques individuels courageux et peu ambitieux des autres, qui plus justement cependant leur &lt;i&gt;proposent&lt;/i&gt;. Un accès à la politique par le Tout ou par l’Un, au service de la Grande Cause ; un autre par (le) &lt;i&gt;soi&lt;/i&gt;. (&lt;i&gt;…&lt;/i&gt;) Gérard Mairet écrit : «… ceux qui nous administrent la figure d’un ‘Maître’ fatal, grand mangeur d’hommes, dépositaire d’une ‘Loi’ éternelle, ne font que perpétuer la souveraineté, c’est-à-dire s’installer à l’intérieur d’elle. C’est là ce que demande le Prince et ce, depuis le début de son ère : faire penser qu’il est le maître, et s’il ne l’est pas encore, éternellement le devenir. La philosophie porte cette responsabilité » &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote11anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote11sym"&gt;&lt;sup&gt;11&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Mais alors pourquoi n’écoute-t-on pas le sage ?  - parce qu’il n’est pas des nôtres. Serait-ce parce qu’il est trop proche ? En effet, il est du mien, du tien.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par la vertu du prince ?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Chez &lt;b&gt;Confucius&lt;/b&gt;, « Il n’y a pas […] de doctrine confucéenne de l’Etat, ou, pour ne pas renvoyer à une détermination historique, du pouvoir. S’il y a cependant une &lt;i&gt;politique &lt;/i&gt;chez Confucius, celle-ci s’exprime en une série de maximes, sentences, préceptes qui ne cherchent pas, contrairement par exemple à une tradition que Socrate inaugure, à discerner le &lt;i&gt;meilleur régime&lt;/i&gt; ou à systématiser en un discours une théorie du gouvernement des hommes. », nous dit Mairet. (27) L’accès au politique par la vertu personnelle fut donc bien envisagée dès une lointaine époque, mais elle ne concerne pas ici l’individu dont il fut question plus haut, qui se &lt;i&gt;libère lui&lt;/i&gt; d’une aliénation. Si le confucianisme est une doctrine de sagesse, « cette façon indirecte d’arriver au pouvoir ne signifie pas que la question du gouvernement soit secondaire ». (id.) Notre homme est donc en quête de vertu (ou du moins professe la sienne aux autres hommes) en vue du pouvoir. La vertu du sage se fait politique du prince (28), il dit : « Si je fuis la société des hommes (des princes et de leurs sujets) avec qui ferai-je société ? Si le bon ordre régnait dans l’empire, je n’aurais pas lieu de travailler à le réformer ». Mais, M. Confucius ! travailler &lt;i&gt;donc &lt;/i&gt;à réformer les hommes, est-ce là « faire société » avec eux !? La réforme et la connaissance des hommes sont les deux axes des &lt;i&gt;Entretiens, &lt;/i&gt;peut-on lire plus loin&lt;i&gt; ; &lt;/i&gt;c’est à partir de ces deux catégories que s’organisent les propositions et les énoncés de Confucius. En clair, Confucius est ce type d’homme qui, par quelque conscience de sa supériorité sur les autres hommes se met en devoir de réformer &lt;i&gt;leurs&lt;/i&gt; modes de vie et &lt;i&gt;leurs&lt;/i&gt; croyances. Sa confiance en lui-même est grande, voire terrible : « Est-ce que le sage se permettrait de tromper ses disciples en négligeant de leur enseigner les choses les plus nécessaires ? Le sage par excellence, n’est-ce pas celui qui embrasse toutes choses, non pas à la fois, mais par ordre ? » Confucius semble plébisciter ici les hommes sur sa grandeur, sur sa légitimité, sur sa place dans l’Ordre qu’il professe. En réalité, il décrète ce qu’il est et ce que les hommes sont  –  suivant une distinction que lui seul &lt;i&gt;définit. &lt;/i&gt;Par exemple : « Le sage respecte […] les hommes éminents en vertu et en dignité ; il respecte les maximes des sages. L’homme vulgaire […] traite sans respect les hommes éminents ; il tourne en dérision les maximes des sages. » Autrement dit, pour nous, « La figure de la sagesse se dessine alors plus nettement : c’est pour montrer en quoi le Maître est un Prince ». En somme, Confucius, c’est le raccourci politique par excellence : Il fait l’économie d’un corps de doctrine achevé qui donnerait lieu à un exposé démonstratif : « Exercer le pouvoir c’est nommer les choses ». (31) L’autorité est, à jamais, liée au langage. (34) Là encore le rapport politique est clos, et tout désaccord ou refus de notre part sera &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;fait&lt;/i&gt; illégitime&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Il en serait tout autrement, à mon sens, si le poste suprême à la tête du pouvoir était à pourvoir et que des candidats s’y pressent. Leur soif de pouvoir et leur confiance en eux-mêmes seraient à peu près égales chez tous, à n’en pas douter, mais ce pourrait être les hommes, les futurs gouvernés eux-mêmes, qui décideraient alors de la bonne &lt;i&gt;définition&lt;/i&gt;. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote12anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote12sym"&gt;&lt;sup&gt;12&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Or c’est Confucius qui écrit : « Le Maître dit :  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;‘‘ Si un homme sait se gouverner lui-même, quelle difficulté aura-t-il à gouverner l’Etat ? Mais celui qui ne sait pas se gouverner lui-même, comment pourra-t-il gouverner les autres ? » A quoi il est aisé de répondre : « Mais un homme qui sait se gouverner lui-même &lt;i&gt;veut&lt;/i&gt;-il nécessairement gouverner les autres ? » Et aussi : « Si les autres veulent être gouvernés, n’est-ce point à eux de dire par qui et comment ? ». Et encore : « L’exercice du pouvoir n’est-il pas le gouvernement des autres et non point, &lt;i&gt;non plus&lt;/i&gt; (si seulement ce fut le cas jusque-là),&lt;i&gt; celui de soi &lt;/i&gt;? » &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote13anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote13sym"&gt;&lt;sup&gt;13&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; On voit par là, peut-être, combien pareille maxime n’a de valeur en soi que dans l’esprit d’un homme qui entend par là s’imposer. En réalité, &lt;i&gt;suivant qui la prononce&lt;/i&gt; elle a un sens différent. Qu’on imagine ici que je déclare qu’un auteur parfaitement désintéressé, seul, a une vision objective du &lt;i&gt;dire&lt;/i&gt; … Bref, il y a selon moi (et bien d’autres) de bonnes raisons de penser qu’il convient que le sage qui définit le pouvoir et celui qui l’exerce soient deux personnes distinctes. Et qui ne dépendent pas l’une de l’autre ! « Le sage » serait peut-être même ici le peuple éduqué à bien nommer les choses et les êtres ;&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote14anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote14sym"&gt;&lt;sup&gt;14&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; il se choisirait alors un chef parmi ses rangs, mais un homme qui aurait &lt;i&gt;en plus&lt;/i&gt; d’autres qualités. Lesquelles ? Nous aurons la sagesse de le définir correctement.    &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;En dépit de la sagesse &lt;i&gt;individuelle&lt;/i&gt; de Confucius, le fondement nominaliste du pouvoir qu’il prône ressemble fort à l’obligation moderne faite à chacun de connaître la Loi. Mairet écrit dans ce sens : « L’éducation en effet, qui consiste seulement à faire connaître aux autres les dénominations et à les pratiquer pour soi-même, est le véhicule et l’obéissance au prince. De sorte que ne pas savoir ce qu’il faut faire, c’est déjà se soustraire à son autorité, cette indécision étant l’indice de la méconnaissance [répréhensible ?] des dénominations. » (33) Et bien sûr : « Poser des questions est une conduite inconnue du sage comme du prince, ceux-ci ne connaissent que des réponses ». Voilà qui nous informe, l’eut-on oublié, sur ce qui nous différencie du sage et du prince voulant « faire société » avec nous. A nous, hommes du peuple, il nous &lt;i&gt;faut&lt;/i&gt; poser des questions, c’est-à-dire chercher éducation auprès du prince tant qu’il est temps, sous peine de tomber très vite « sous le coup de la loi ». Qui ne voit aujourd’hui, en dépit d’une légitimité bien différente, combien nos Constitutions actuelles établissent un même ordre du discours et nous prescrivent un même rôle ? « Le langage est &lt;i&gt;essentiel&lt;/i&gt; au pouvoir tant du point de vue du prince que de celui des sujets : tous deux s’y tiennent, l’un pour le créer, l’autre pour le parler » … (34) Le prince seul peut donc dire qu’il &lt;i&gt;sait&lt;/i&gt;. Et nous aussi, mais par un autre côté. Mais c’est peut-être par là que nous sommes alors piégés.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par le vrai ? (Et donc la sacralisation de l’autorité ?)&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Pour &lt;b&gt;Platon&lt;/b&gt;, la vie en commun n’est ni de convention ni d’artifice, écrit Mairet, en sorte que, si c’était le cas, il n’y aurait pas de réponse &lt;i&gt;vraie &lt;/i&gt;au problème politique mais autant de solutions particulières et conjoncturelles qu’il y a d’intérêts privés dans la cité. (37) C’est donc le Vrai qui commande …&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Notons au passage que les hommes sont présentés ici comme différents les uns des autres mais vivant &lt;i&gt;déjà de fait &lt;/i&gt;dans la même cité. A moins qu’ils y aient été&lt;i&gt; &lt;/i&gt;contraints, vivre ensemble semble avoir signifié qu’en dépit de leurs divergences, les hommes (libres) partageaient là un même intérêt. De nos jours, c’est le travail qui pousse les hommes vers les villes ; à l’époque de Platon, l’intérêt des hommes libres à vivre ensemble dans la cité était pour beaucoup, semble-t-il, dans le plaisir de dialoguer, de faire école, de disputer  –  politique.   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Bref, par la question de &lt;i&gt;l’évaluation du meilleur&lt;/i&gt;, « la formulation socratique du problème politique consiste à &lt;i&gt;valoriser&lt;/i&gt; la question du pouvoir, à contrecarrer par le vrai l’accès des sophistes à la politique : chez les sophistes, en effet, la politique est de l’ordre de la stratégie : il s’agit de s’organiser pour prendre le pouvoir et en cela la &lt;i&gt;force &lt;/i&gt;est toujours déjà légitime. » Platon veut problématiser la question politique, c’est-à-dire 1) moraliser la vie politique en établissant 2) la liaison de la question du vrai avec celle de la vertu. (38) Conséquence, poursuit avec lucidité Mairet : La moralisation de la question politique consiste à&lt;i&gt; sacraliser &lt;/i&gt;l’autorité,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;car évaluer le bien c’est le connaître selon la vérité. (39) Par &lt;i&gt;bien&lt;/i&gt;, Platon entend donc le bien « en-soi », et se met aussitôt en quête de le connaître, dut-il priver les hommes de ce qu’eux-mêmes considèrent comme tel. Les valeurs suprêmes sont, à n’en pas douter, « célestes », et contraires aux jugements fondés sur le plaisir terrestre : « … au jugement de la foule, le bien est le plaisir, tandis que pour des gens plus délicats, c’est la pensée. » Ceci dit, entre penser la politique en terme de bien « final » et prescrire les moyens de prendre le pouvoir &lt;i&gt;et de le conserver&lt;/i&gt;, il y a un monde. La fin justifie-t-elle les moyens ? Eternelle question … Dans le Gorgias, Platon en est encore à penser le seul bien politique  (« l’objet de l’art politique est l’âme parce que la fin de cet art est ce qui vaut le mieux »). Il en est conscient, mais ça n’est pas pour le plaisir de spéculer qu’il porte son regard sur l’âme, c’est à dessein car, nous rapporte Mairet, selon lui la pratique est par définition arbitraire et contradictoire, et l’on ne peut fonder sur elle rien de durable.&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote15anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote15sym"&gt;&lt;sup&gt;15&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; On l’aura compris : la référence à l’âme est la référence à ce qui &lt;i&gt;transcende&lt;/i&gt; l’ordre des pratiques conflictuelles pour fonder un ordre politique permanent et durable : le problème politique est donc celui  –  théorique  –  du meilleur régime. (40) « Entre l’âme (principe d’évaluation) et l’histoire (règne de la nécessité et du besoin), Platon choisit l’âme en laquelle il voit la seule et unique source de légitimité. La construction de la &lt;i&gt;République&lt;/i&gt; décrira un Etat conforme à son  –  Idée. (42)  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Platon écrivit des Tragédies (qu’il détruisit par la suite), puis des faux dialogues, et pour finir une vraie théorie. Comment interpréter cette évolution ? Platon était homme destiné par ses origines à occuper de hautes fonctions au sein de l’Etat. La lettre VII nous donne à entendre qu’il s’en écarta. A en croire ce que rapporte Mairet, pour Platon un homme juste est un homme théorique. Mais un homme théorique n’est-il pas plus sûrement, à cette époque  –  un homme qui aura échoué en pratique ?   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Conséquence de l’accès par le vrai ? La vie politique &lt;i&gt;est &lt;/i&gt;la vie philosophique (41), et certaines pratiques de &lt;i&gt;dire-être&lt;/i&gt; (…) qui auront le malheur d’imiter la nature (sinon de la révéler !) seront soupçonnées d’être &lt;i&gt;fausses&lt;/i&gt;, de vouloir tromper les hommes. L’exil des poètes sera donc prononcé. L’art est donc au bien politique pour Platon ce que le petit diable sera au bon dieu des chrétiens : une tentation &lt;i&gt;créatrice&lt;/i&gt; qu’on préfère gentiment écarter de l’âme pieuse. « Un homme ayant le pouvoir […] de se diversifier et d’imiter toutes choses […], nous l’éloignerions en direction d’une autre Cité, après avoir sur son chef répandu du parfum et l’avoir couronné de laine. » (44)  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par le privilège ?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;« … C’est pourquoi ceux qui ont la possibilité de s’épargner les tracas domestiques ont un préposé qui remplit cet office, tandis qu’eux-mêmes s’occupent de politique ou de philosophie », dixit &lt;b&gt;Aristote&lt;/b&gt;. Et Mairet de préciser au sujet de cette citation : « Ce serait manquer l’essentiel que de s’arrêter à l’affirmation d’Aristote qu’il y a des esclaves par nature. […] Il n’empêche que pour Aristote l’esclave est un &lt;i&gt;homme&lt;/i&gt; qui a une fonction précise dans la division du travail  –  précisément : il &lt;i&gt;est &lt;/i&gt;(par nature) celui qui travaille ; la &lt;i&gt;fonction laborieuse &lt;/i&gt;est tenue par les esclaves de même que la fonction sacerdotale est tenue par les prêtres. » (49) Est-ce à dire que l’animal politique est un homme qui ne travaille pas ? Est-ce à dire que le travail rabaisse un homme parce qu’il le prive de s’occuper de politique ? Le travail n’est-il donc une activité dégradante &lt;i&gt;que&lt;/i&gt; politiquement ? On comprend mieux pourquoi un Grec exilé de sa patrie est un homme perdu : parce qu’il ne peut plus faire de politique chez lui et se voit contraint de  –  travailler ? Ainsi, l’inégalité des hommes, fut-elle naturelle, ne serait point une question « morale en soi » mais bien vis-à-vis de la seule vertu (&lt;i&gt;virtu&lt;/i&gt; ?) politique. Que penserait un Grec ancien de notre générale situation actuelle de travailleurs ? Sans doute ceci : « un homme qui travaille est un esclave, il n’est pas &lt;i&gt;libre&lt;/i&gt;. Il n’est pas libre de faire de la politique. » C’est pourquoi est bien politique tout ce qui concerne le gouvernement des hommes&lt;i&gt;  –  libres&lt;/i&gt;. (49) &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote16anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote16sym"&gt;&lt;sup&gt;16&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Ainsi, « le gouvernement des hommes qui ne sont pas libres (esclaves) n’est pas, par définition, du domaine de la politique », ajoute encore Mairet, comme pour nous inviter, à nous tous qui travaillons aujourd’hui, à nous demander quelle autorité &lt;i&gt;exacte &lt;/i&gt;nous gouverne donc … &lt;i&gt;si elle n’est pas politique. &lt;/i&gt;&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote17anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote17sym"&gt;&lt;sup&gt;17&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Comprenant cela, un Grec s’empresserait aujourd’hui de profiter du « système » (ou de s’en écarter et de vivre chichement de quelque rente) pour cesser au plus vite de travailler afin de s’occuper de politique, abandonnant les travailleurs à leur aliénation, leurs occupations, leurs besoins et leurs vices ! Mais aujourd’hui « mal nés » parce que minoritaires éhontés, la plupart de ses semblables n’occuperaient point de poste à l’Assemblée nationale, et n’auraient pas de préposés à leurs services. Ils ne seraient que des « marginaux » dont les propos politiques mêmes se feraient au détour de quelque prétexte d’analyse critique, suscitant ainsi chez ceux qui peuvent l’accueillir le désir de répondre (fut-ce autrement) aux mêmes sources et de partager la même discrète politique.   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par la « nature humaine » ?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Connaître la nature humaine, quand on a des visées politiques, semble toujours revenir à faire savoir aux hommes ce qu’ils ont à faire sur terre et à quelles lois  –  et conséquemment à qui  –  ils doivent obéir. &lt;b&gt;Cicéron&lt;/b&gt; ne déroge pas à cette habitude. Ca n’est pas par nature, peut-on lire, mais par &lt;i&gt;sa&lt;/i&gt; nature que l’homme incline à vivre en société. Il &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; donc un être éminemment moral. (56) « On peut appeler divin le principe qui vit en toi, qui est doué de sentiment, de mémoire, de prévision et qui dirige et gouverne le corps qui lui est soumis, comme le premier des dieux régit et gouverne le monde », écrit Cicéron. Et encore : « Il existe une loi vraie, c’est la droite raison, conforme à la nature, répandue dans tous les êtres, toujours d’accord avec elle-même, non sujette à périr ». Mais attention, un pareil privilège se mérite : « Qui n’obéit pas à cette loi s’ignore lui-même et, parce qu’il aura méconnu la nature humaine, il subira par cela même le plus grand châtiment ». On ne saurait mieux &lt;i&gt;qu’ontologiquement&lt;/i&gt; faire comprendre à l’homme qu’il doit &lt;i&gt;parce qu’il est. &lt;/i&gt;Cette façon de faire est un classique de la domestication. Cicéron me dit en substance : « Tu dois, &lt;i&gt;parce que c’est dans ta nature&lt;/i&gt; ». Et comme si cela ne suffisait pas, la Loi est tout de même assortie d’un châtiment, au cas improbable où, malgré le poids « de ma propre nature », je ne saurais quand même pas ce que je fais ni ce que j’ai à faire. Aristote fondait le droit sur l’observation des fins naturelles, nous rappelle Gérard Mairet, ce qui revenait à distinguer, au plan des sources, le droit de la morale. En subordonnant la nature en général à la nature de l’homme, Cicéron retrouvera l’inspiration morale de Platon. (54) Que nous importe dès lors de savoir qui nous sommes, nous comprenons d’ores et déjà que pareille connaissance viendra simplement enrichir notre &lt;i&gt;vocation ! &lt;/i&gt;Voyons ceci par exemple : Cicéron prétend que l’âme, principe divin, domine en l’homme et est dans son corps en prison … (56) Mais pour bien comprendre notre obligation, il fait encore préciser : « Ce n’est pas toi qui est mortel, mais ton corps ». En clair, si tu veux être en conformité avec &lt;i&gt;ta&lt;/i&gt; nature, le divin qui est en toi, (l’âme que tu as l’honneur d’abriter et qui ordonne, bien qu’elle soit chez toi en prison) ne saurait trouver sur son chemin la moindre résistance… Mais d’où Cicéron tient-il tout cela ? Gérard Mairet nous l’indique : « En outre, la loi n’est ni un décret de l’esprit humain, ni un édit émanent du peuple. En ce sens elle est bien une loi ‘’naturelle’’. » (58)&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote18anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote18sym"&gt;&lt;sup&gt;18&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Et là est le point décisif : cette loi naturelle est originairement un effet de l’esprit divin, lequel ne « saurait être sans la raison ». Esprit divin / raison humaine : on reconnaît là la fameuse « parenté native ». &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote19anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote19sym"&gt;&lt;sup&gt;19&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; (…)&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;En résumé, ma nature d’homme c’est Dieu qui parle à ma raison, infime parcelle de la Raison divine  –   parcelle susceptible cependant de faire plier ma volonté et mon corps sous la bienveillante conduite d’un représentant élu : « En dernière analyse, la loi est donc un &lt;i&gt;énoncé&lt;/i&gt;, un discours, elle est dite par le ‘’sage’’, le philosophe, l’&lt;i&gt;orateur&lt;/i&gt; », écrit Mairet. (58)&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Mais oui, c’est encore et toujours celui qui &lt;i&gt;sait&lt;/i&gt; qui guide ... Et quand ce n’est pas un homme qui nous rappelle à notre « nature humaine », c’est toujours un type d’hommes, comme aujourd’hui : « Le contractualisme moderne, juridique et politique, trouve dans l’idée cicéronienne de nature humaine sa source : le bourgeois échangiste s’efforcera de montrer que la nature humaine, &lt;i&gt;c’est lui.&lt;/i&gt; » (59)&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par le péché !?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Nous voici d’emblée prévenus : Pour &lt;b&gt;Paul&lt;/b&gt;, l’homme ayant été, de sa propre volonté, corrompu par le péché, il ne saurait espérer que le rachat. (61) Je note que la sentence implique donc &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; les hommes à venir, en dépit de leur impossibilité d’avoir voulu. Faut-il croire que ce péché &lt;i&gt;aurait été de toute façon commis par les hommes à venir&lt;/i&gt; ? –  mais alors leur volonté, tout comme celle des premiers hommes, était fatale, n’était donc point volonté libre. Ou bien, quoi qu’il en soit de la volonté humaine, faut-il comprendre que ce péché est &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote20anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote20sym"&gt;&lt;sup&gt;20&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; à ce point puissant qu’il s’est littéralement &lt;i&gt;fixé&lt;/i&gt; dans le corps humain, « infectant » ainsi les gênes des générations futures ? Mais alors, le corps humain serait-il tout entier « péché » ? Qu’en est-il, dans ces conditions, de la réalité politique parmi les hommes ? On la devine déjà. Voici le principe premier : « Il n’est de pouvoir que de Dieu et ceux qui existent sont institués par Dieu. » Le contenu paulinien spécifiquement politique est, en somme, nous dit Mairet, un commentaire de ce principe, et il ajoute : la conception paulinienne de la justice en dépend. Le fondement de la justice est pour Paul 1) dans le refus de la « chair » et 2) dans une certaine appréhension nuancée du rapport de la foi chrétienne à la Loi. (61) Voilà un contraste troublant entre l’autoritarisme de la définition de l’homme (pêcheur-né avant même de naître, et donc a priori &lt;i&gt;à sauver&lt;/i&gt;) et la nuance relative aux rapports avec le pouvoir temporel (ici sous la figure de la Loi) ! Une certaine &lt;i&gt;duplicité&lt;/i&gt; serait-elle à craindre ? &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote21anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote21sym"&gt;&lt;sup&gt;21&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Quoi qu’il en soit, Paul veut, à son tour (…) crucifier la chair avec ses passions et ses convoitises &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote22anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote22sym"&gt;&lt;sup&gt;22&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; : « Si nous vivons par l’esprit, marchons aussi par l’esprit », nous dit-il. Ainsi, la justice paulinienne est tout entière inspirée par l’&lt;i&gt;esprit &lt;/i&gt;: c’est la justice dans le Christ, c’est-à-dire dans la &lt;i&gt;foi &lt;/i&gt;au Christ. (62) Mais bien évidemment, la &lt;i&gt;foi&lt;/i&gt; qu’il nous prescrit ne saurait dispenser Paul d’un &lt;i&gt;savoir&lt;/i&gt;, c’est-à-dire de la &lt;i&gt;vérité. &lt;/i&gt;La justice selon la foi est la justice selon la vérité, indique laconiquement Mairet. Ladite vérité est cependant &lt;i&gt;révélée &lt;/i&gt;! &lt;i&gt; –  &lt;/i&gt;par opposition&lt;i&gt; &lt;/i&gt;à la justice selon la Loi qui fait … ce qu’elle peut. (62) Voilà qui change tout, en effet. Mais qu’on se rassure !, à ce titre, l’une et l’autre ne sont point opposées sous le rapport de l’obéissance et de la soumission qu’elles inspirent (c’est même là une constante de la politique suivant le pouvoir religieux). En définitive, le corps du chrétien obéit à la Loi mais s’efforce autant qu’il le peut de n’être plus qu’esprit  –  mais un esprit qui ferait &lt;i&gt;corps&lt;/i&gt; avec le Christ ! (64) Le corps trouve ainsi rachat de ses péchés dans l’esprit, et compensation pour sa perte  –  dans la métaphore … C’est cette métaphore qui aura inspiré l’idée de « corps politique » à toute la pensée occidentale. Paul aurait-il inventé le concept de &lt;i&gt;communauté &lt;/i&gt;? Mais alors l’accès au politique n’est le péché que &lt;i&gt;pour&lt;/i&gt; autant &lt;i&gt;que&lt;/i&gt; celui-ci permet à Paul d’insuffler l’idée d’appartenance de chacun à la communauté &lt;i&gt;chrétienne&lt;/i&gt; … On n’imagine pas, en effet, un troupeau composé  –  d’hommes libres.   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par la théologie ? &lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;« Ce serait manquer l’essentiel de la pensée politique d’&lt;b&gt;Augustin&lt;/b&gt; que de voir dans la distinction qu’il établit entre le temps et l’éternité une simple distinction théologique ou métaphysique, privée de conséquence politique. En fait c’est par cette distinction fondamentale que, dans la &lt;i&gt;Cité de Dieu&lt;/i&gt;, la théologie se métamorphose en politique et la métaphysique en justification de l’autorité et de la soumission. Plus qu’une théologie politique, c’est une politique &lt;i&gt;du point de vue de Dieu&lt;/i&gt; que développe Augustin. » (70) Encore une fois, notre entendement ne servirait donc, ne DOIT servir qu’à assimiler notre soumission et notre obéissance. Accéder par là à la politique, c’est « politiser une ontologie créationniste » (71), c’est priver les hommes de leur raison d’être &lt;i&gt;selon eux-mêmes&lt;/i&gt; : « Si les hommes obéissent, c’est qu’ils n’ont pas en eux-mêmes le principe de leur existence » (71) Il est effrayant de songer que des hommes aient pu en toute bonne foi (peut-être) instrumentaliser ainsi notre présence sur terre. Entre hommes profanes, s’agissant réellement de politique et de pouvoir, les choses au moins sont plus claires !  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par une téléologie suivant Dieu ? &lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Augustin reprend à Paul l’idée d’une essence &lt;i&gt;pécheresse&lt;/i&gt; de l’homme. D’Augustin à &lt;b&gt;Thomas d’Aquin&lt;/b&gt;, c’est le point de vue de (selon) la fin qui se poursuit. Et comme toujours, la référence à la &lt;i&gt;fin&lt;/i&gt; exprime le recours à une &lt;i&gt;origine&lt;/i&gt; en laquelle repose la légitimité du pouvoir. (73) Le principe du pouvoir est placé &lt;i&gt;ailleurs&lt;/i&gt; qu’en lui-même et ne bénéficie ainsi d’aucune espèce de souveraineté. La norme politique se situe dans une puissance supérieure. C’est là qu’il trouve son origine &lt;i&gt;normative.&lt;/i&gt; (id.) Et Gérard Mairet de nous indiquer ce qui a changé depuis l’antiquité : « La pensée antique se référait à une ‘’nature’’ (&lt;i&gt;phusis&lt;/i&gt;) qu’elle plaçait comme principe organisateur de la Cité (&lt;i&gt;polis&lt;/i&gt;) et de la justice, cette nature était un Cosmos, un ordre toujours déjà-là : &lt;i&gt;in&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;créé&lt;/i&gt;. La pensée thomiste, elle, se réfère toujours à une nature finalisée  –  ‘’ordonnée au bien’’  –  mais elle y introduit la &lt;i&gt;création&lt;/i&gt;, un devenir sacré (l’histoire du salut que Augustin comprenait déjà si bien). Et en effet, entre le salut, la promesse, l’espoir, la foi et la fin, c’est une vieille histoire … Condamnés à imiter Dieu, comme dit Mairet, les hommes doivent se conformer à la nature  –  créée. Or toute multitude dérive, selon Thomas, de l’un, c’est pourquoi il est nécessaire que pour la multitude humaine, le meilleur soit d’être gouverné par un seul. (76) Mais un autre homme, plus loin, en déduira cependant autre chose. Comme c’est dommage ! Remarquons au passage que sans quelque Un à évoquer (sinon convoquer), aucun homme ne pourrait parler à tous ses semblables mais seulement à quelques-uns. Cependant, quand bien même quelque savant et mystérieux savoir-croire (…) aurait rendu par là tous les hommes « homme » (et donc un), ces hommes ne seraient alors conformes qu’à une multiplication arbitraire et artificielle, à l’image d’une hégémonie, d’une victoire sur des adversaires  –  les autres types d’hommes possibles  –  et non pour autant à la nature.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Enfin, mais faut-il s’en étonner : dépendant de Dieu, le prince est pour autant parfaitement indépendant du peuple. Celui-ci ne saurait le déposer, seule l’autorité de l’Eglise le peut, le cas échéant. Comme le dit si bien Mairet : Alors que dans le cosmos grec la fonction sacrée était sujette aux lois de la Cité, dans le &lt;i&gt;mundus&lt;/i&gt; chrétien c’est la cité qui est soumise au sacerdoce. (78) La finalité politique est bien le pouvoir !  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par la partie prépondérante ?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;C’est la position de &lt;b&gt;Marsile de Padoue&lt;/b&gt; dont la pensée, en dépit d’un accès très conjecturel à la politique, trace le contour et les limites d’un espace de pensée sur lequel s’édifieront, le moment venu, les conceptions de la modernité en politique. (80) Contre la théocratie de son époque, Marsile élève le monisme étatique et l’autonomie de la société civile et politique. Contre la puissance du pape, surtout ! dont la « plenitudo potestatis » nous informait de rien moins que ceci : « Le Pape est le seul homme dont les Princes baisent les pieds », « Il lui est permis de déposer les Empereurs », « Sa sentence ne doit être réformée par personne et seul il peut réformer la sentence de tous », « Il ne doit être jugé par personne » … Marsile veut transférer le pouvoir spirituel à la seule légitimité du Concile qu’il définit comme l’ensemble des fidèles, prêtres &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; laïcs. […] Conséquence ultime : le Pape, désormais soumis au Concile, le sera du même coup à l’autorité du prince séculier. C’est-à-dire que le Prince se voit investi par Marsile de la prérogative de nommer les prêtres et d’excommunier les infidèles. (81) Pour étayer ses vues, Marsile élabore la légitimité qui justifiera la subordination du Pape : la société civile ou politique. L’accès de Marsile à la politique se fait donc aussi par là. Tout comme il se fait également par la « société » pensée comme totalité. (82) Dès lors, ce qui intéresse Marsile, c’est de savoir quelle est la puissance qui doit assumer la fonction d’autorité, et quel rapport établir entre la partie dirigeante et la partie sacerdotale. Une redistribution des pouvoirs. Mais quelle est donc la sphère  –  s’il en est une  –  à laquelle échoit la prérogative d’établir une société civile ? demande Mairet. - Aucune, répond Marsile. Il n’est pas de partie qui, en tant que telle, soit à même d’instituer le tout, c’est la totalité qui se pose elle-même par la loi qui en est le principe unificateur. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote23anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote23sym"&gt;&lt;sup&gt;23&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; L’institution est œuvre de la loi et c’est le prince ou « partie gouvernante » qui exécute ses décrets. (85) On voit ici la modernité de Marsile. L’idée de la société civile, en effet, poursuit Mairet, est associée à l’idée de la &lt;i&gt;loi&lt;/i&gt;, et celle-ci à l’idée de la prééminence du tout sur les parties. La loi est le &lt;i&gt;principe&lt;/i&gt; de la vie politique. C’est donc le législateur qui en est la véritable cause. Et qui est le législateur ? C’est le « peuple ou sa partie prépondérante » - ce qui est la même chose. (id.)  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Tout moderne et généreux qu’il fut, Marsile ne pouvait soupçonner que des pouvoirs économiques se mettraient un jour en charge  –  au grand jour, &lt;i&gt;mais dans l’ombre du politique&lt;/i&gt;  –  de &lt;i&gt;modeler&lt;/i&gt; en amont cette « partie prépondérante ». Qu’en est-il alors de ce bel ensemble formé par la totalité et bientôt la souveraineté du « peuple » si la duplicité dénoncée plus bas est inscrite dans la loi même qu’il est censé instaurer ? La totalité fait la loi ? La loi fait bien plutôt l’homme, à mon sens, &lt;i&gt;déjà&lt;/i&gt; dans la mesure où la majorité des lois sont &lt;i&gt;antérieures&lt;/i&gt; aux personnes vivantes qui leur sont soumises, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote24anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote24sym"&gt;&lt;sup&gt;24&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; et &lt;i&gt;ensuite&lt;/i&gt; par le noyautage dont elle est aujourd’hui victime. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote25anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote25sym"&gt;&lt;sup&gt;25&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; En outre, quand Marsile, en parfait démocrate, s’en remet à la majorité des hommes pour corriger aussi les lois, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote26anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote26sym"&gt;&lt;sup&gt;26&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; il ne soupçonne pas combien l’inertie « des masses » laissera du champ aux actions individuelles d’influence, beaucoup plus rapides …    &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Quoi qu’il en soit, Marsile donne la preuve que l’accès à la politique par l’Un peut déboucher sur des considérations diverses. Comme l’écrit Gérard Mairet, « ce thème [de l’Un] est déjà présent chez Thomas d’Aquin, mais il désignait chez lui la préférence à donner au gouvernement d’&lt;i&gt;un seul&lt;/i&gt; sur la multitude (monarchie). Là encore, Marsile de Padoue innove considérablement : l’unité du prince est au service de l’unité … de la société. » (90)&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par la force confiante en elle-même ? &lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Confucius nous revient en mémoire. &lt;b&gt;Machiavel&lt;/b&gt;, lui, est le premier à concevoir la politique comme exercice du pouvoir. (94) Le premier à problématiser l’idée de pouvoir, mais non point à considérer en a parte que la politique en est la conquête et l’exercice ... Ce qui est nouveau avec lui, c’est que la question de la « légitimité » d’un ordre politique quelconque vient &lt;i&gt;après&lt;/i&gt; la prise du pouvoir. Qu’il le &lt;i&gt;dise&lt;/i&gt;. « La politique est la fondation de l’Etat et la conservation de cet Etat nouvellement institué », rapporte simplement Mairet. (Id.) Du coup, la légitimité n’est plus un problème théorique. Le pouvoir est ce qui se conquiert et se conserve. La question morale sort du plan théorique pour entrer dans le plan pratique : la légitimité est dans le &lt;i&gt;fait&lt;/i&gt; de prendre le pouvoir et de le conserver. (id.) Comment est-ce possible ? Eh bien : « Qu’un Prince donc se propose pour son but de vaincre et de maintenir l’Etat : les moyens seront toujours estimés honorables et loués de chacun ». (95) En d’autres termes, le Prince est conçu comme un serviteur de l’Etat, avec ou sans légitimité à la source. De préférence sans. Et le peuple lui-même lui en sera reconnaissant. Mais sera-t-il &lt;i&gt;véritablement&lt;/i&gt; serviteur, ce putchiste ? S’il maintient l’Etat, la preuve en sera faite ! Et s’il en vient à ruser, ce sera seulement pour maintenir l’Etat. (id.) C’est donc la grâce rendue par le peuple au Prince, pour avoir « fait Etat » et l’avoir conservé, que la légitimité lui est acquise (je ne dis pas accordée). La réintroduction de la &lt;i&gt;nécessité &lt;/i&gt;&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;i&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote27anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote27sym"&gt;&lt;sup&gt;27&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; et le déplacement consécutif de la morale, écrit Mairet, rend la définition du domaine politique comme &lt;i&gt;ensemble de pratiques. &lt;/i&gt;(id.) Avec Machiavel, la nouveauté c’est donc &lt;i&gt;le fait du Prince. &lt;/i&gt;Il dit vouloir être utile à ceux qui l’entendront et qu’il trouve plus convenable de suivre la vérité effective de la chose que son imagination. (94) Soit ! c’est dire qu’il conseille volontiers de ne pas s’encombrer de problèmes à seule fin de quérir légitimité par la réforme. Ce serait vain. Parlant, j’imagine, de candidats timorés ou trop scrupuleux sur la manière de prendre le pouvoir, il écrit en effet : « Les difficultés qu’ils ont à vaincre naissent en partie des nouvelles ordonnances et coutumes qu’ils sont contraints d’introduire pour bien fonder leur Etat et y assurer leur pouvoir ; et il faut songer qu’il n’y a chose à traiter plus pénible, à réussir plus douteuse, ni à manier plus dangereuse que de s’aventurer à introduire de nouvelles institutions ; car celui qui les introduit a pour ennemis tous ceux à qui profite l’ordre ancien, et n’a que des défenseurs bien tièdes en ceux qui profiteraient du nouveau ». (96) Comment ne pas voir là cette figure éternelle du Prince prenant le pouvoir d’autorité, convaincu qu’il servira mieux l’Etat que ne le feraient les hommes, trop incapables selon lui de maintenir un Etat sans se disputer, sans le déchirer ? Il les connaîtrait donc mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes. Si on ne peut lui donner nécessairement raison de son acte, peut-on pour autant et à coup sûr récuser sa connaissance des hommes ? Il y a du Confucius en Machiavel par la confiance en lui-même et par sa connaissance lucide des hommes. Surtout par sa volonté de constituer un nouveau point de départ. Comme l’écrit Mairet : « Il y a deux choses en politique : l’Ancien et le Nouveau ». Machiavel assume pleinement la discontinuité. Mais trop de lucidité ne rend-il pas cynique, peut-être ?  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Bref, le Prince bien armé est celui qui réussit. (96) Et ce qui vaut pour n’importe quel homme ambitieux &lt;i&gt;vaut aussi pour lui&lt;/i&gt;. C’est une question de méthode : « Il faut considérer si ceux qui cherchent choses nouvelles peuvent quelque chose d’eux-mêmes ou s’ils dépendent d’autrui ; c’est-à-dire si, pour mener à bien leur entreprise, ils comptent sur les prières ou sur la force. Dans le premier cas ils finissent toujours mal et ne viennent à bout de rien ; mais quand ils ne dépendent que d’eux et peuvent user de la force, alors ce n’est qu’à rares fois qu’ils échouent. De là vient que tous les prophètes bien armés furent vainqueurs et les désarmés déconfits. » (id.) Le mot &lt;i&gt;force&lt;/i&gt; peut faire ici grincer des dents. Mais les mots &lt;i&gt;autonomie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;indépendance&lt;/i&gt;, et celui, implicite, de &lt;i&gt;ténacité&lt;/i&gt; ? Chacun décidera dans quelle mesure ces vertus, s’il y souscrit, peuvent se passer d’exercer une force sur autrui. Quoi qu’il en soit, Machiavel sait encourager les entreprenants qui pourraient décider d’un destin pourtant peu propice : « Ainsi en est-il de la fortune laquelle démontre sa puissance aux endroits où il n’y a point de force dressée pour lui résister, et tourne ses assauts au lieu où elle sait bien qu’il n’y a point remparts ni levées pour lui tenir tête ». Machiavel, un chef militaire en puissance? Il aura découvert le concept de souveraineté, mais ne l’a pas  construit, nous explique Mairet – mais je vois là rien que de très conforme à sa conception du pouvoir. Il replie simplement la souveraineté de l’Etat dans le prince, ajoute-t-il. Mais après lui la question du pouvoir d’Etat sera désormais celle-là même de la souveraineté. (98) Alors gare à la théorie !&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par « l’Utopie » ?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Gérard Mairet semble repérer le fil qui va chaque fois d’un auteur à l’autre parmi ceux qu’il passe en revue. Machiavel fut réaliste ? Eh bien « &lt;i&gt;L’Utopie&lt;/i&gt; [de &lt;b&gt;Thomas More&lt;/b&gt;] est la critique réaliste de l’Etat. » (99) Hélas l’exposé qu’en fait l’auteur ne m’a pas permis de déceler &lt;i&gt;d’où&lt;/i&gt; &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote28anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote28sym"&gt;&lt;sup&gt;28&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; More prend accès au politique. Est-ce dans un miroir tendu au monde présent ? Explore-t-il un monde où la propriété serait abolie, un monde qui&lt;i&gt; pourrait tout à fait être le nôtre &lt;/i&gt;(et donc Utopie déjà &lt;i&gt;en nous&lt;/i&gt;) ? Ou bien son accès au politique se fait-il par la juxtaposition d’un tableau (l’Angleterre de son époque) et d’une narration (le récit de Raphaël, le personnage), dans une sorte de parabole d’un nécessaire mélange de constat (ce qui est) et de dialogue (ce que nous voulons) ? Je ne sais. Il se peut, tout simplement, que More ait voulu faire redescendre les fondements platoniciens sur terre et indiquer que les institutions n’ont pas à être conformes à un Bien céleste, mais seulement à ce qu’on attend d’elles : qu’on puisse juger d’elles par leurs effets sur les hommes ! Thomas More dit-il simplement et délibérément autrement ?&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Je tâcherai d’en savoir plus. Cela m’intrigue, et cela me renvoie déjà quelque peu à mon « utopie » à moi  –  un monde à la carte  –  qui, sous les traits d’une utopie justement, ne laisse de suggérer qu’on peut déjà y mettre un pied aujourd’hui par notre façon de vivre. Une politique « en deux plans » sinon deux étapes, l’un pour &lt;i&gt;soi&lt;/i&gt;, aujourd’hui, l’autre pour demain, pour d’autres, pour tous un jour peut-être.   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par la soumission pure et simple ? &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote29anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote29sym"&gt;&lt;sup&gt;29&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Je me demande dans quelle mesure la soumission en tant que telle peut constituer un accès au politique. Simplement parce qu’on en fait une doctrine ? Alors ce pourrait être le cas de &lt;b&gt;Luther&lt;/b&gt;. Notre soumission en question est envers le pouvoir temporel. Soumission totale et un brin masochiste … Il faut dire que « Si […] l’exercice du pouvoir et le glaive sont au service de Dieu, tout ce dont le pouvoir a besoin pour manier le glaive doit nécessairement être au service de Dieu », alors forcément : « C’est un haut seigneur que notre Dieu ; c’est pourquoi il lui faut de ces bourreaux et de ces valets nobles, riches et de haute naissance, c’est pourquoi Il veut qu’ils aient en abondance richesse et honneur et qu’ils soient forts redoutés de tous. Il plaît à Sa divine volonté que nous appelions gracieux seigneurs ces bourreaux à son service, que nous tombions à genoux et que nous soyons leurs humbles sujets  –  à condition toutefois qu’ils n’étendent pas trop loin leur ouvrage en voulant cesser d’être des bourreaux pour devenir bergers » (107)   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Soumission au prince, donc, mais à condition, est-il dit dans ce passage, qu’il ne veuille point se faire berger. C’est dire combien l’âme du chrétien appartient à un autre monde, ou tout du moins est d’une autre nature. En effet : « L’âme n’est pas soumise au pouvoir de César, il ne peut ni l’instruire, ni la guider, ni la tuer, ni lui donner la vie, ni la lier ni la juger ni la condamner, ni la retenir ni l’abandonner. Toutes choses qui devraient nécessairement être, s’il avait pouvoir pour lui commander et lu imposer des lois. En revanche, il peut le faire pour le corps, les biens et l’honneur ; car cela ressortit  à son pouvoir. »  Il y a là une sorte de jubilation pour le chrétien : celle de posséder une âme sur laquelle aucun prince, aucune influence, aucune violence même n’a de prise. Voilà qui explique peut-être l’orgueilleuse bravade perceptible dans la première citation. En quelque façon, le chrétien semble dire au pouvoir : « Je vous laisse mon corps, martyrisez-le à votre guise, j’ai mieux ! j’ai l’âme, contre elle vous ne pouvez absolument rien. » Et on l’imagine volontiers rajouter, railleur : « Ni &lt;i&gt;pour&lt;/i&gt; elle d’ailleurs, ce qui est pire ! »  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Si donc, par quelque exception Luther prêche la désobéissance, ce ne sera jamais que « par l’âme ». Et dans quel cas, précisément, l’indique-t-il ? – dans le cas où le prince enjoint à ses sujets d’obéir aux directives … du pape. (105) Et si par suite l’on est châtié par le prince même, pour lui avoir désobéi ? Eh bien, il faudra encore supporter sans lever le petit doigt ! (107)&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Mais qu’on n’aille point reconnaître &lt;i&gt;au moins&lt;/i&gt; chez Luther un partisan de la non-violence ! Gérard Mairet s’empresse : « La répression des paysans révoltés en 1525 est menée rondement sur son conseil avisé. » Et il termine son bref exposé par ces mots : « En fait, la politique devient chez lui un état de guerre. En ce sens il n’y a chez Luther aucune révolution en politique, mais la restauration d’une tradition pour laquelle penser la politique c’est théoriser la répression ». (108)&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par un simple constat ?   &lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Un constat politique, par exemple à partir de ce que « sont au fond » les hommes», chacun peut le faire. C’est peut-être même l’accès à la politique le plus couru  –  &lt;i&gt;dans les fors intérieurs&lt;/i&gt;. Mais on aura raison de s’en méfier. Et pas seulement parce qu’il est à la portée de tout le monde et de n’importe qui. En premier lieu, voir où l’auteur d’une proposition politique finit par en venir, &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote30anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote30sym"&gt;&lt;sup&gt;30&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; voilà qui nous éclaire souvent, rétrospectivement, sur la valeur réelle du constat qu’il aura dit avoir « simplement » fait, toujours premier dans l’ordre du discours, mais pas toujours dans celui de sa réelle &lt;i&gt;cogitation&lt;/i&gt;. Ainsi, un accès à la politique proposé aux autres n’est que trop souvent le premier élément d’une préméditation, parfois même inconsciente. Ceci pour le seul contenu. S’agissant d’autre part de notre relation aux autres hommes, les déductions qu’on tire de nos prémisses (le constat « de départ ») trahissent le plus souvent la rhétorique qui anime nos propos, c’est-à-dire la volonté de convaincre l’autre, qui n’est autre qu’une volonté de le dominer. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote31anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote31sym"&gt;&lt;sup&gt;31&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Son &lt;i&gt;savoir&lt;/i&gt; fut-il au bout. Sans doute faut-il regretter que les hommes soient plus attentifs aux contenus des discours qu’à la réalité des gestes relationnels qu’ils sous-tendent. Sans quoi chacun s’apercevrait très vite quand quelqu’un veut sur lui l’ascendant et n’use du problème exposé dans un discours, fut-il grave, que comme d’un moyen de prédilection. De fait, vouloir quelque chose &lt;i&gt;pour&lt;/i&gt; les autres n’est jamais assez distingué d’un vouloir quelque chose &lt;i&gt;d’eux.  &lt;/i&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Difficile dans ces conditions de juger d’un accès, et par conséquent d’une proposition politique, sans parcourir d’un bout à l’autre le programme que celle-ci propose. Du reste, se peut-il, à n’en juger que par ses discours, qu’un homme invente un accès qui soit plus respectueux des autres (que ne l’est le &lt;i&gt;savoir&lt;/i&gt;), qui dise bien espérer pour eux sans les mettre aussitôt en scène ? On peut alors se dire ici : « L’accès en lui-même sera légitime &lt;i&gt;bien avant les fondements purement théoriques&lt;/i&gt;  –  ou ne sera pas. » Il s’agira donc de dire qu’est-ce qui nous « autorise » personnellement à parler de politique aux autres hommes. En regard d’un trop général accès à la politique par la rhétorique « supérieure », la légitimité recherchée de notre &lt;i&gt;intérêt&lt;/i&gt; même pour la politique devrait pouvoir se fonder sur notre honnêteté  –  &lt;i&gt;relationnelle&lt;/i&gt;. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote32anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote32sym"&gt;&lt;sup&gt;32&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Suivant mon raisonnement, il y aurait donc d’ores et déjà trois types généraux d’accès à la politique, définissant par là même trois types de &lt;i&gt;relations&lt;/i&gt; humaines a priori  –  qu’on retrouvera dans les différents discours prononcés par chacun : la théorie (qui justifie l’autorité), la pratique (c’est-à-dire la force qui légitime), et celui que je propose ici, à savoir … n’importe quel accès &lt;i&gt;pourvu&lt;/i&gt; &lt;i&gt;qu’il ne fasse pas l’homme. &lt;/i&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Un accès (ou tenant) à la politique sans aboutissant prémédité, ni même nécessairement prévisible, est évidemment un minimum requis. Je parle bien d’accès, non de programme ! Ainsi, comment ne pas accorder notre confiance à l’accès vu plus haut par la libération personnelle si, &lt;i&gt;aboutissement&lt;/i&gt; déjà lui-même, il nous permet de penser que l’élan qu’elle suscite en nous et qui nous pousse vers les autres est celui de la générosité, un &lt;i&gt;prolongement&lt;/i&gt; et non un postulat de départ ? &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote33anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote33sym"&gt;&lt;sup&gt;33&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Mais dès lors toute personne programmée par ses études et / ou sa vanité à étudier un jour la politique aura peu de chance de découvrir comment réussir le challenge. Une tradition perdure en effet, qu’il serait peut-être temps de remettre en question : la compétence réduite à l’intellect et la rhétorique. L’honnêteté à l’autre en matière de discours politique, si seulement on y songe, n’est pas seulement d’ordre logique et formelle (réalisme des objets, compétence personnelle, cohérence et intelligibilité du propos : avoir raison). Elle ne se résume pas à étudier correctement un problème, avec méthode, le plus objectivement possible, et à délivrer ensuite humblement ses résultats aux autres. C’est là tout ce qui est enseigné dans nos écoles. Elle est une honnêteté &lt;i&gt;relationnelle&lt;/i&gt;. Au-delà de la simple critique souvent adressée à la &lt;i&gt;théorie&lt;/i&gt;, la « pratique » qu’on lui oppose généralement se limite elle aussi le plus souvent à la pratique &lt;i&gt;des autres.&lt;/i&gt; Car puisqu’il s’agit (= la pratique) de les convaincre, c’est qu’on est déjà en guerre, alors même qu’on n’a pas encore mis un pied en politique « proprement dite » !&lt;i&gt; &lt;/i&gt;A moins que par « politique » il faille précisément entendre la conquête du pouvoir sur l’autre, sur la base d’une conviction servant de pré-texte. Rien n’est donc dit, là non plus, sur la relation que l’on établit avec les autres hommes (fut-elle coutumière et « autorisée ») &lt;i&gt;par notre dire.&lt;/i&gt; &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote34anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote34sym"&gt;&lt;sup&gt;34&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Le problème mentionné par ailleurs par Daniel Guérin est au cœur du questionnement présent, à savoir le &lt;i&gt;rapport&lt;/i&gt; entre une minorité consciente (ce peut être le génie d’un seul cerveau) et la masse humaine à laquelle elle s’adresse. La plus belle théorie du monde peut produire sous ce rapport le plus calamiteux des effets. Le seul expédient qu’on ait trouvé jusqu’ici fut toujours « la fin justifie les moyens ». Nous avons tous fini par croire ne pouvoir faire autrement que de défendre les meilleures causes avec des moyens … disons sur lesquels nous ne sommes pas très regardants. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote35anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote35sym"&gt;&lt;sup&gt;35&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Entre les théoriciens et les activistes un consensus semble régner, auquel les lecteurs de théories, semble-t-il, ne prêtent pas assez attention. Le théoricien se dit en gros : « Après tout, ça ne coûte rien d’échafauder une théorie ». &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote36anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote36sym"&gt;&lt;sup&gt;36&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Et en effet il en reste là, cherchant seulement tous les appuis théoriques pouvant convaincre un maximum d’hommes, et &lt;i&gt;pourquoi pas ! &lt;/i&gt;des hommes d’action, des activistes. Quant à ces hommes de main, une fois convertis, ils n’ont en tête que la réalisation du projet auquel ils croient. Ils se disent : « Nous devons réussir coûte que coûte » car ils trouvent face à eux, forcément, résistance à leur &lt;i&gt;idéal&lt;/i&gt;. On sait ce qu’il en coûte de vouloir réussir coûte que coûte ! Ca signifie qu’on est prêt à tout, qu’on est prêt à sacrifier ces millions de personnes  –  qui ne se laisseront pas convaincre. Mais à quoi servent donc les meilleures intentions et inventions politiques si elles conduisent toujours à des bains de sang !? Bien ou mal, la même domination est au bout du chemin …&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par une alternative en matière de &lt;i&gt;dire&lt;/i&gt; ?   &lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;b&gt;La Boétie&lt;/b&gt; fait un constat. Puis véritablement s’interroge, sans préméditation. Et surtout, il ne &lt;i&gt;fait&lt;/i&gt; pas l’homme. Nous aurions là enfin un homme qui accède à la politique &lt;i&gt;par les relations humaines&lt;/i&gt;. Je veux dire : sans entrer lui-même dans un jeu de pouvoir.&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote37anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote37sym"&gt;&lt;sup&gt;37&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Alors avec lui, forcément, le langage ne se donnera donc plus libre cours, la vérité seule n’aura plus nécessairement les coudées franches. Il ne s’agit plus d’échafauder simplement une belle théorie dans laquelle on impliquerait les hommes, les soumettrait à un beau programme. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote38anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote38sym"&gt;&lt;sup&gt;38&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Est-ce à dire qu’alors chacun sera mis devant ses propres choix, ses propres responsabilités ? « Méconnaissance des hommes ! diront certains, les hommes en sont bien incapables, ils réclament tous un roi, ils veulent tous suivre, il leur faut absolument un bien collectif, sans quoi ils se déchirent » etc. Mais si au moins une chance était donnée à quelques-uns ? Peut-être &lt;i&gt;ceux-là &lt;/i&gt;sauraient-ils ensuite inspirer aux autres de les imiter ?   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Une tendance générale de la littérature politique, écrit Mairet, est la croyance en la bonté possible de l’Etat, croyance fermement enracinée au point de faire naître l’idée que la politique en tant que telle est aimable, ou si elle ne l’est pas, qu’elle &lt;i&gt;peut&lt;/i&gt; l’être ou &lt;i&gt;doit&lt;/i&gt; l’être. (109) Puis, pour marquer l’opposition de La Boétie sur ce point, il ajoute : « Seul entre tous, La Boétie déclare que &lt;i&gt;le pouvoir est haïssable&lt;/i&gt;. » Mais il faut encore préciser, il me semble, que ça n’est pas tant ladite croyance au bien politique qui est mise en doute, que la réalité dont elle n’est que la partie « communication », comme on dirait aujourd’hui : la volonté de diriger, de dominer. Quand on n’a pas de velléité de domination des hommes, en effet, fut-ce en les enfermant seulement dans une théorie (« après tout ça n’est qu’une théorie »), on n’établit pas de programme politique. C’est le cas de La Boétie. En tout cas pas de programme proposé sous le principe de l’Un. Peut-être alors sous celui, réhabilité, dédiabolisé, du Multiple ? Sous la forme d’un partage politique et physique du monde suivant la nature et les choix de chacun ? Un monde à la carte ? La Boétie n’y vient pas. Quoi qu’il en soit, la précision donnée vise à marquer sa défiance à l’égard du langage humain. Sinon du langage même, du moins de l’utilisation habituelle qui en est généralement faite &lt;i&gt;en matière de politique&lt;/i&gt;. Fait-il pour autant un procès d’intention des doctrinaires ? Notre époque est très bien placée pour déceler quand la « communication » vise à entraver d’autres langages possibles.   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La Boétie ne songe pas à réhabiliter le multiple, mais tout de même, selon lui, il y aurait &lt;i&gt;deux&lt;/i&gt; natures humaines et non point qu’une. C’est déjà ça. Et donc deux types de discours, peut-être ? Est-ce la raison pour laquelle son discours ne s’adresse pas au prince mais au peuple ? (110) Un discours que le peuple même pourrait faire &lt;i&gt;sien&lt;/i&gt; et opposer ainsi à celui du pouvoir !? Nouveauté en politique, assurément ! « Alors que le peuple  –  même déclaré ‘’souverain’’  –  est tenu par un devoir d’obéissance, pour La Boétie son seul devoir est d’être libre. Il écrit : ‘’Les bêtes, si les hommes ne font trop les sourds, leur crient : vive la liberté ’’. » (id.) L’autre langage est bien un accès, celui de la libération. Mais il faut le trouver.   &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Le constat que fait La Boétie l’étonne lui-même, mais n’est pas d’emblée empreint de moralisme à l’emporte-pièce : c’est l’absence de dénomination de ce qui fait qu’une foule d’hommes obéisse sans dire mot à un seul. &lt;sup&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote39anc" href="http://www.blogger.com/post-create.do#sdfootnote39sym"&gt;&lt;sup&gt;39&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Sans doute le langage qui, par nature, tisse selon lui un lien d’amitié parmi les hommes, est-il débordé ici par la domination, par une &lt;i&gt;communication sans le langage&lt;/i&gt;, autrement dit la &lt;i&gt;servitude&lt;/i&gt;. (id.) Dès lors, le problème politique est celui de savoir comment nommer ce qui, par essence, se dérobe au langage (111), pourquoi la domination est innommable. La réponse ? – mais nos habitudes de langage nous poussent à formuler une apparente contradiction : « servitude &lt;i&gt;volontaire&lt;/i&gt; », « communication &lt;i&gt;hors le langage&lt;/i&gt; ». (112) « Volontaire » !? La tyrannie d’un seul n’explique donc pas tout ... La volonté du peuple à se laisser asservir vient de ce que « la seule liberté les hommes ne la désirent point ; non point pour autre raison (ce me semble) sinon pour ce que s’ils la désiraient, ils l’auraient ; comme s’ils refusaient de faire ce bel acquet seulement parce qu’il est trop aisé. » (id.) Partant, La Boétie se constitue peu à peu une connaissance duelle, sinon relationnelle, des hommes et manifeste à mon sens une intelligence&lt;i&gt; &lt;/i&gt;politique rare. Il y a deux natures, disions-nous : une qui asservit, « seconde nature », et l’autre qui libère, &lt;i&gt;première&lt;/i&gt;. (113) Le problème politique est alors de savoir à laquelle se fier. La Boétie va montrer leur articulation &lt;i&gt;présente&lt;/i&gt;, dans les faits concrets, pourrions-nous dire. Double &lt;i&gt;nature&lt;/i&gt; ? Justement, la tradition politique avant lui comme après lui est toujours la référence à « la » nature. Mais de quelle nature s’agit-il alors ? De celle ou celles, seule(s), dont l’Un tire sa substance ! (114) Voilà pourquoi le &lt;i&gt;Discours sur la servitude volontaire &lt;/i&gt;pourrait aussi bien circuler aujourd’hui encore, comme à l’époque, sous le titre de &lt;i&gt;Contr’Un.&lt;/i&gt; L’Un tyrannique est en effet le pendant de la servitude &lt;i&gt;sans voix&lt;/i&gt;. Et donc La Boétie, ami de Montaigne, pense le pouvoir de l’Un comme la capacité de se jouer de la Nature, de créer en l’homme une « seconde nature », celle du servage : « Il est vrai qu’au commencement on sert contraint et vaincu par la force ; mais ceux qui viennent après, n’ayant jamais vu la liberté et ne sachant ce que c’était, servent sans regret [voire sans conscience de servir, ajouterais-je ici] et font volontiers ce que leurs devanciers avaient fait par contrainte. C’est cela [qui fait] que les hommes naissent sous le joug, et puis nourris et élevés dans le servage, sans regarder plus avant, se contentant de vivre, comme ils sont nés, et ne pensent point avoir d’autre droit ni autre bien que ce qu’ils ont trouvé [qu’on leur aura accordé], ils prennent pour leur nature l’état de leur naissance. » (id.) Du coup, renchérit Mairet, l’impensable  –  la servitude volontaire  –  devient pensable. D’un côté la liberté s’atteste de la mère nature, mais l’accoutumance à bien servir le maître prend chez l’esclave des allures de liberté. (115) La Boétie relève certes la première et la plus grande des « embrouilles », comme il est dit plus bas, faite aux hommes, celle qui consiste à &lt;i&gt;brouiller&lt;/i&gt; leur nature première, de sorte qu’ils « en redemandent » puisqu’ils n’ont pas même de mots pour leur condition présente. Mais il est assez clairvoyant pour marquer la &lt;i&gt;nature&lt;/i&gt; (« seconde ») des victimes aussi : elles tiennent le pli que la nourriture leur donne. (id.) Assez clairvoyant &lt;i&gt;et honnête&lt;/i&gt;, La Boétie, car on comprend aisément quel parti de propagande il aurait pu tirer, comme d’autres le feront après lui sans vergogne, de la seule victimisation des hommes, les « travailleurs » par exemple. Surtout, s’il trouve des circonstances atténuantes (disculpantes, même) à la « volonté » de serfs, il n’attend tout de même pas du grand nombre qu’ils abandonnent cette volonté. D’où l’idée de « quelques-uns »  qui se reconnaissent (qui se reconnaîtront) et chez qui la « liberté naturelle » est encore &lt;i&gt;en mémoire&lt;/i&gt;. (id.) Pour autant, La Boétie ne prend pas prétexte de cette &lt;i&gt;mémoire&lt;/i&gt; encore intacte chez quelques-uns pour condamner derechef une humanité violentée &lt;i&gt;consentante&lt;/i&gt;, car il a bien vu comment le peuple se maintient en servitude : &lt;i&gt;il y est maintenu&lt;/i&gt;. Par qui ? Par les « maquereaux » du Prince. (116) On s’en doutait : le Prince a partout des complices structurés en réseau. Et Mairet d’en rajouter : « Qu’est-ce que l’Etat ? », pour aussitôt traduite : « La question est : qu’est-ce que la domination politique, domination nominale d’un seul ou de plusieurs. Dominer, c’est bâtir (l’Etat) une pyramide de servitudes et de dépendances où chacun se croyant le maître est l’esclave d’un autre. L’assimilation au chef, la transparence au prince sont les moyens grâce auxquels chacun prend sur soi de s’ériger en maître de son voisin. &lt;i&gt;L’illusion de la maîtrise&lt;/i&gt;, telle est la source et le fondement de la « servitude volontaire » pour laquelle sous le tyran ultime, et de proche en proche, l’illusion de commander fait de tous et de chacun des petits chefs serviles à la dévotion du chef suprême, s’&lt;i&gt;identifiant&lt;/i&gt; à lui, ‘’jusqu’à être sous le grand tyran tyranneaux eux-mêmes’’. » Et il cite en suivant La Boétie : « Ainsi le tyran asservit les sujets les uns par le moyen des autres, et est gardé par ceux desquels s’ils valaient rien, il se devrait garder, mais comme on dit, pour fendre le bois il se fait des coins du bois même. Voilà ses archers, voilà ses gardes, voilà ses hallebardiers. »&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;     &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La Boétie n’est pas un homme dédaigneux, il parle au peuple sans mépris aucun. S’il n’est pas un meneur, pas même par quelque théorie, il n’est pas non plus élitiste. S’il ne croit pas en la libération possible de tous, c’est à cause des deux natures en l’homme, bien sûr, mais aussi et surtout en raison des moyens qu’il faudrait employer pour les réveiller. A commencer par user à son tour, &lt;i&gt;comme ses adversaires&lt;/i&gt;, de l’Un. De l’Un qui trompe, toujours la même histoire, donc, le même réseau de domination à mettre en place, etc. Non, il lui suffit de révéler, de nommer, de &lt;i&gt;montrer&lt;/i&gt;. Il ne veut pas démontrer. Il ne veut pas entrer dans le jeu du simple dualisme … La Boétie sait qu’il n’aura d’émules que dispersés ici ou là, sans autre efficacité politique que sur eux-mêmes. Mais c’est déjà mieux que de se résigner, se plier, s’aveugler, espérer, attendre ou se mettre en campagne à seule fin de soumettre les autres ! D’autant que ce lâcher prise à la domination, réussite déjà personnelle, constitue peut-être une condition préalable pratiques d’un Contr’Un réalisable à l’échelle collective. Un monde à la carte  –  une utopie ? On en discute …    &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="LEFT"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;b&gt;Par le droit politique et l’institution ?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Bien après Cicéron, son idée stoïcienne d’« humanité » sera à nouveau mobilisée au service du droit subjectif. Quand « la nature » ou « Dieu » ne feront plus leur effet, quand on invoquera à la place la volonté humaine, quand la politique sera souveraine, alors on nous apprendra que chacun des individus que nous sommes &lt;i&gt;appartient&lt;/i&gt; à l’Etat. (&lt;b&gt;Grotius&lt;/b&gt;, 130) Ce sera tout de même en quelque façon « dans la nature des choses », en l’occurrence cette fois « dans la nature » … du sujet de droit. L’homme est ainsi défini par sa relation d’appartenance à l’Etat en vertu d’un contrat tacite passé avec l
